Écologistes et forestiers s'inquiètent aussi de l'enrésinement abusif, c'est-à-dire du reboisement avec des conifères au détriment des feuillus. Si les conifères ont leur charme et leur utilité en certains endroits, leur extension exagérée présente des risques :
– raréfaction de l'humus et, par suite, accélération de l'érosion ;
– végétation herbacée étouffée et progression rapide des insectes ravageurs ;
– vulnérabilité aux incendies.

Conscient de ces dangers, l'Office national des forêts semble s'orienter vers un reboisement mixte, associant conifères et feuillus.

Les dangers de l'atome pacifique

« L'évolution de l'opinion fait que ceux qui contrôlent ne doivent plus se contrôler eux-mêmes. » Tels sont les termes, pour le moins inhabituels, employés par le gouvernement français lors de la récente création d'un Conseil supérieur de la sûreté des installations nucléaires et d'un Bureau de sûreté nucléaire. Ces organismes dicteront leurs normes de sécurité non seulement à l'EDF, pour ses centrales nucléaires, mais aussi au Commissariat à l'énergie atomique, pour ses installations scientifiques et industrielles.

L'homme de la rue reste traumatisé par le tragique aspect sous lequel lui a été révélée l'énergie atomique, et derrière chaque centrale nucléaire il voit se dresser les ombres d'Hiroshima et de Nagasaki. Mais, comme le demandent le Dr G. Mandel et Colette Guenedey dans leur livre L'angoisse atomique et les centrales nucléaires, paru en février 1973 : « N'existerait-il pas de bonnes raisons de crainte ? »

Longtemps, l'énergie atomique est restée la chasse gardée de ceux qui concevaient et faisaient fonctionner les installations sans se soucier des populations concernées, ce qui ne pouvait qu'ajouter au caractère mystérieux, secret et inquiétant de leurs laboratoires et centrales. Les efforts puérils et tardifs faits pour corriger cette discrétion ont été réduits à néant par l'effet inquiétant des quelques accidents signalés çà et là.

Sournois

Bien qu'aucun de ces accidents n'ait entraîné de conséquences sérieuses, ils impressionnent les esprits en raison du caractère sournois de la pollution atomique. Ici, pas de marée noire pour trahir le pétrole, point de mousse abondante indiquant la présence de détergents, ni d'épaisses fumées témoignant d'une pollution de l'atmosphère. Dès lors, comment se trouver à proximité d'une centrale ou d'un laboratoire atomique sans penser à une possible irradiation ?

Autre particularité de ces polluants : l'homme ne connaît aucun moyen d'annuler ou d'atténuer leur radioactivité. Or, une centrale ou un laboratoire atomique ne peuvent pas ne pas produire des déchets dont certains sont destinés à rayonner pendant des millénaires. On estime à 110 000 m3 le volume de ceux dont auront à se débarrasser les pays du Marché commun d'ici la fin du siècle. Comment ?

Les déchets solides et, plus rarement, liquides et gazeux, sont noyés dans du béton à l'intérieur de conteneurs métalliques. Chaque jour, quelque part, de la mort potentielle est ainsi mise en conserve dans des blocs qu'on laisse tomber au fond des mers ou que l'on enfouit dans des mines désaffectées ou dans d'autres cavités du sol. Chaque jour nous hypothéquons peut-être la santé des générations à venir, pour lesquelles nous sommes en train de fabriquer et de stocker de la radioactivité artificielle.

Plus immédiat est le danger que représentent, en effet, les substances radioactives entraînées par les fumées et les eaux usées des centrales et d'autres installations atomiques. En fait, sauf accident, cette pollution est négligeable et les physiciens et ingénieurs ont beau jeu de nous rappeler quelques vérités souvent ignorées : nous vivons dans un milieu naturellement radio-actif puisque l'atmosphère, les roches et notre propre corps rayonnent. Les doses annuelles qui nous sont infligées par la radio-activité naturelle sont de l'ordre de 50 millirems par les rayons cosmiques, 50 par les roches radio-actives, 25 par le corps humain.