L'âge du premier rapport a sensiblement baissé pour les femmes depuis quarante ans : 59 % des femmes âgées de 20 à 29 ans en 1970 n'étaient plus vierges à leur majorité, contre 36 % seulement dans la génération de leurs mères. Les jeunes, plus souvent que par le passé, s'initient entre eux : 41 % des hommes de 20 à 29 ans, 23 % des femmes de cet âge ont connu leur première expérience avec un partenaire également vierge. Un tiers seulement des personnes interrogées disent « avoir fait quelque chose pour éviter d'avoir un enfant » lors de leur premier rapport (il s'agit le plus souvent du coitus interruptus, rarement de méthodes contraceptives modernes).

Cette énorme enquête ne fait aucune révélation révolutionnaire, mais donne une évolution chiffrée. Le fait le plus significatif est qu'on ait pu appliquer les méthodes de sondage à l'étude de la sexualité. Seules la modification et la libération des attitudes du public à l'égard du problème sexuel ont permis une telle recherche.

Un drame du couple : la stérilité

Ressentie très souvent comme une fatalité ou une punition inexplicable, la stérilité a fait l'objet de plusieurs réunions de gynécologues en 1972 et 1973.

Depuis quelques années, des traitements variés permettent dans nombre de cas de lever les obstacles qui s'opposent à la conception chez un couple où l'homme et la femme sont physiologiquement indemnes de toute atteinte : il est bon que ce bilan satisfaisant soit dressé au préalable.

Responsabilités

Quelques chiffres, avancés par le professeur Varangot à l'Académie de médecine en 1971, aident à cerner les limites du problème : « Sur 380 000 couples qui se sont unis en 1969, 13 à 14 % n'auront aucun enfant... Mais 10 % auraient volontiers assumé la responsabilité de la création d'une famille. » En d'autres termes, il paraît admis que 7 à 10 % des couples mariés sont stériles pour différentes raisons.

Mais à qui la faute ? Le partage des responsabilités est égal : cinq fois sur dix c'est la femme qui est en cause, cinq fois sur dix c'est l'homme. Ajoutons, avec le docteur H. Rozenbaum, que si « dans la stérilité masculine, on ne peut espérer que 10 % de résultats thérapeutiques heureux, on peut chez la femme envisager des succès du traitement dans une fourchette de 30 à 60 % des cas, selon l'affection en cause ». Cette précision permet d'évaluer ce qu'on peut espérer des toutes nouvelles techniques. Quelques exemples peuvent être cités, sans prétendre tout dire de ce problème immense dont la solution requiert, pour chaque couple, une série d'examens très difficiles qui ne peuvent être correctement appréciés que par des spécialistes hautement qualifiés.

Femmes

Les causes de la stérilité féminine peuvent être hormonales, infectieuses ou ovariennes.

Ainsi, 25 à 30 % des femmes stériles ont une glaire anormale, infectée ou pauvre, qui n'est pas favorable à la pénétration des spermatozoïdes ou ne l'est que pendant une période très limitée. Dans ces cas, un traitement œstrogénique simple favorise considérablement une grossesse.

Dans la stérilité d'origine tubaire (malformation des trompes), une intervention chirurgicale est toujours nécessaire : elle aboutit à une grossesse dans 25 % des cas environ.

Dans l'infertilité par l'absence d'ovulation, un traitement hormonal (le clomifène est généralement employé) induit l'ovulation dans des proportions intéressantes : sur une série de 4 000 femmes ainsi traitées, 70 % ont ovulé et 31 % ont mené une grossesse à terme.

Inconvénient du traitement : le nombre des grossesses multiples (jumeaux, triplés et quadruplés) est dix fois plus élevé chez les femmes ainsi traitées que chez les femmes normales.

Hommes

Une solution chirurgicale s'impose dans deux cas : l'existence d'un varicocèle, une anomalie de la voie excrétrice. Le varicocèle représente 30 % des causes de stérilité masculine ; une ligature haute de la veine spermatique entraîne, dans 20 à 40 % des cas, une grossesse dans l'année qui suit l'intervention ou un peu plus tard. Quant à la chirurgie de la voie excrétrice, elle permet 15 % de grossesses.