Cependant les astrophysiciens s'acharnent à déceler l'existence d'une classe d'astres encore plus étonnants, puisqu'ils sont par définition impossibles à détecter, sinon par des procédés indirects : ce sont les trous noirs.

L'étude patiente de certaines anomalies dans le rayonnement ou dans le mouvement d'étoiles et de galaxies observables est peut-être en train d'apporter la preuve que ces objets existent, et même qu'ils forment une grande partie de la masse de l'Univers.

Superdensités

Dans une étoile ordinaire, la force de gravitation qui attire la matière vers le centre de l'astre est équilibrée par la pression du gaz chaud des parties centrales. Quand l'étoile a consumé tout son hydrogène, cette pression disparaît et l'astre se condense pour devenir ce que l'on nomme une naine blanche.

La seule pression centrale qui subsiste provient des électrons qui résistent à un trop grand rapprochement, conformément à la théorie quantique. Mais si la masse de l'étoile est supérieure à une certaine limite, cette résistance est vaincue, les électrons sont absorbés par les protons, et il ne reste plus que des neutrons.

L'existence des étoiles à neutrons était donc prévue : elle a été confirmée par la découverte des pulsars, que l'on pense être de telles étoiles.

La théorie indique encore qu'au-delà d'une autre limite – qui pourrait être de l'ordre de 2 ou 3 masses solaires – l'étoile à neutrons continue à se contracter. Concevoir dans quel état physique se trouve alors la matière de l'astre est impossible. Mais la relativité générale peut décrire les effets de cette extraordinaire concentration gravitationnelle.

Irréversibilité

L'un de ces effets pourrait être la différence observée entre la masse totale des amas de galaxies, selon qu'on l'évalue d'après les mouvements des galaxies ou d'après leur luminosité. La seconde évaluation se révèle très inférieure à la première. Certains donc pensent que la masse manquante serait celle des trous noirs. Selon Cameron, ils représentent 80 % de la masse de l'Univers.

D'autres effets pourraient être observés dans des étoiles doubles dont l'un des compagnons serait un trou noir. Deux objets se prêtent particulièrement à cette hypothèse. L'un d'eux est la mystérieuse source de rayons X et radio de Cygne X-1. Elle se composerait d'une supergéante chaude et d'un trou noir très proche, dont on démontre qu'en attirant de la matière gazeuse prise à son compagnon lumineux il pourrait la faire rayonner dans le spectre X, avant qu'elle tombe dans le trou gravitationnel. Un autre candidat est la supergéante chaude Epsilon du Cocher, qui subit tous les vingt-sept ans une baisse de moitié de son intensité lumineuse, d'une durée de deux ans. L'astrophysicien américain Robert E. Wilson a montré que cette éclipse peut être attribuée à un anneau de poussière en rotation autour d'un trou noir formant couple avec l'étoile visible. La prochaine éclipse d'Epsilon du Cocher aura lieu en 1983. Elle mobilisera plusieurs équipes d'astronomes et de physiciens : l'existence des trous noirs, si elle était confirmée, constituerait le premier lien expérimental solide entre la relativité et les quanta.

Un cataclysme L'explosion de Cygne-3

La radiosource Cygne-3, située dans la Galaxie, avait été identifiée par le satellite Uhuru (Journal de l'année 1971-72) comme émetteur de rayons X. En septembre 1972, nouvelle surprise : des observateurs canadiens découvrent que le rayonnement radio de Cygne-3 a soudainement augmenté jusqu'à en faire une des plus puissantes radiosources. C'est l'équivalent dans le domaine hertzien de ce qu'est dans le spectre optique l'explosion d'une supernova.

Pour tenter de comprendre ce cataclysme, il importait de connaître la distance exacte de Cygne-3, difficile à évaluer car elle ne correspond à aucun objet optique observable. On l'estimait à environ 5 000 années de lumière. À l'observatoire de Nançay, des radio-astronomes français (Rieu, Lauqué, Lequeux) ont réussi à mesurer cette distance sur la base de l'absorption du rayonnement hertzien par les nuages d'hydrogène interposés. Elle est de 25 000 années de lumière, ce qui conduit à majorer considérablement les évaluations quant à l'énergie rayonnée.

La météorologie internationale a cent ans

La météorologie internationale a fêté son centenaire ; des cérémonies ont été célébrées à Vienne (où se tint en septembre 1873 le premier congrès météorologique international) et à Genève, siège actuel de l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

Aristote

Mais si la première réalisation en vue d'une étude structurée des phénomènes atmosphériques date d'un siècle, l'origine de la pensée scientifique dans ce domaine remonte à la Grèce antique. Vers 350 av  J.-C., Aristote écrit son traité, La météorologie, qui pendant longtemps sert de base à tous les ouvrages rédigés sur le sujet.