Le 1er juillet, John Mitchell, ancien ministre de la Justice, démissionne de son poste de responsable du Comité pour la réélection du président (CRP) « pour se consacrer à sa famille ». Le même jour, un mandat de recherche est lancé par le FBI pour retrouver Howard Hunt, ancien fonctionnaire de la Maison-Blanche dont le nom était mentionné dans les agendas de deux des hommes arrêtés le 17 juin. Le 31, le Washington Post révèle que 25 000 dollars destinés au fonds électoral républicain ont été déposés au mois d'avril sur le compte de Bernard Barker, un des cinq cambrioleurs.

Le 15 août, Lawrence O'Brien, président du parti démocrate, affirme que, déjà avant le 17 juin, des micros avaient été posés clandestinement au QG démocrate.

Le 29 août, Nixon déclare : « Je suis en mesure d'affirmer catégoriquement qu'aucun membre du personnel de la Maison-Blanche (...) n'a été impliqué dans ce très curieux incident. »

Le 15 septembre, un grand jury fédéral inculpe les cinq hommes arrêtés le 17 juin, ainsi que Hunt et Gordon Liddy, ancien collaborateur de la Maison-Blanche et ancien membre du FBI.

Le 29 septembre, le Washington Post affirme que Mitchell dispose d'un fonds secret de 350 000 à 700 000 dollars pour financer l'espionnage du parti démocrate et met en cause également Maurice Stans, principal responsable financier du parti républicain. Le 25 octobre, Ronald Ziegler, porte-parole de Nixon, prétend que de tels fonds secrets n'ont jamais existé.

Le 8 janvier 1973 s'ouvre le procès des sept inculpés. Six d'entre eux sont condamnés le 23 mars à diverses peines de prison. Le septième, James McCord, préfère se mettre à table, dans l'espoir de l'impunité. Il affirme que John Dean, conseiller juridique de Nixon, et Jeb Stuart Magruder, directeur adjoint du CRP, étaient au courant de l'opération du Watergate, ainsi que Mitchell et Harry Robbins Haldeman, secrétaire général de la Maison-Blanche.

Entre-temps, le Sénat a décidé de constituer une commission d'enquête et, le 28 février, Patrick Gray, directeur par intérim du FBI, a reconnu que les dossiers réunis par ses enquêteurs avaient été – pratique peu orthodoxe – transmis à la Maison-Blanche.

Le 17 avril, l'affaire finit par éclater pour de bon. Nixon déclare que des éléments nouveaux « d'importance majeure » sont parvenus à sa connaissance. Le 19, Richard Kleindienst, ministre de la Justice, annonce qu'il ne participera plus à l'enquête, car certaines de ses « relations personnelles et professionnelles » risquent d'être impliquées dans le scandale. Le 26, Magruder démissionne de son poste du département du Commerce. Le 27, Gray renonce à ses fonctions (Clarence Kelley sera nommé le 7 juin chef du FBI). La presse venait de révéler qu'il avait détruit des documents compromettants. On apprend par ailleurs qu'à Los Angeles, Liddy et Hunt avaient déjà tenté de voler chez le psychiatre de Daniel Ellsberg le dossier médical du principal accusé du procès des documents secrets du Pentagone. (Ellsberg, poursuivi pour avoir transmis ces documents à divers journaux, en 1971, bénéficiera d'un non-lieu le 11 mai.)

Le 30, John Ehrlichman, conseiller de politique intérieure de Nixon et pilier de la garde prussienne de la Maison-Blanche, Haldeman, Kleindienst et Dean remettent leur démission. Le président nomme Elliot Richardson ministre de la Justice et lui donne tous pouvoirs pour que « la justice soit faite complètement et impartialement ».

Le soir même, Nixon se décide à crever l'abcès. Dans une allocution télévisée, il « accepte » la responsabilité de l'affaire, assure que ses collaborateurs ont péché par excès de zèle et promet de faire toute la lumière.

Le 4 mai, le général Alexander Haig, ancien adjoint de Kissinger, est nommé au poste occupé précédemment par Haldeman. Le 10, James Schlesinger, qui était directeur de la CIA depuis trois mois à peine, devient le nouveau secrétaire à la Défense. (Il sera remplacé à la tête des services de renseignements par William Colby.) John Connally, ex-secrétaire au Trésor, qui vient de rallier les rangs républicains, est nommé conseiller spécial du président.