29 639 postes, rappelle-t-il, devront être répartis entre les trois années de fonctions hospitalières prévues pour chaque étudiant (à partir de la seconde année du second cycle).

Le 30 décembre, O. Guichard fixe lui-même les conditions d'accès en seconde année de médecine, plusieurs universités s'étant refusées à définir les règles de sélection. Cette décision suscite les protestations de plusieurs organisations d'étudiants et d'enseignants. Cependant, à la rentrée de janvier, les cours reprennent normalement dans toutes les universités.

Afin d'assurer un débouché aux étudiants éliminés à l'issue de la première année (le nombre se situerait autour de 60 % en province, entre 50 et 60 % à Paris), le ministre annonce la création, à la rentrée 1972, d'un diplôme universitaire d'études biologiques.

La formation des maîtres

Le projet de réforme de la formation des maîtres de l'enseignement secondaire, rendu public en décembre, répond aux mêmes préoccupations. Adressé, pour consultation, aux présidents, puis aux conseils d'université, le texte, dont l'urgence est justifiée par le trouble qui affecte, de leur propre aveu, les professeurs du second degré, devrait entrer en vigueur à la rentrée 1973.

Il prévoit la création dans les universités de centres de formation professionnelle, ouverts, sur concours, aux étudiants à la fin des deux années du premier cycle de l'enseignement supérieur. Ces centres assureraient pendant trois ans la formation pédagogique des futurs professeurs, tout en leur permettant de poursuivre leurs études supérieures (licence et maitrise).

Plusieurs points soulèvent des polémiques. Les modalités d'entrée et de sortie qui règlent le fonctionnement de ces centres sont contestées. L'entrée est, en effet, fixée à l'issue de la deuxième année d'études supérieures, alors que les Instituts de préparation à l'enseignement secondaire (IPES) recrutaient au terme de la première année ; de plus, les candidats seront choisis sur concours, avant d'avoir pu démontrer leur aptitude à l'enseignement.

À la sortie, les futurs professeurs passeront le certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement secondaire (CAPES) : cependant, le concours de l'agrégation sera maintenu, perpétuant les inégalités entre les différentes catégories d'enseignants.

En outre, le projet a pour effet de renforcer le principe de la sélection, faute d'assurer des débouchés à l'ensemble des étudiants en lettres. Il est donc indispensable que de nouvelles voies soient créées, afin de diversifier l'enseignement supérieur. En ce domaine comme en d'autres, le ministère se voit reprocher de vouloir éliminer de nombreux étudiants sans leur offrir de solutions de rechange. Combattu par la plupart des organisations d'enseignants et d'étudiants, le projet est rejeté par la Conférence des présidents d'universités, qui affirme notamment : « L'introduction d'un prérecrutement est liée à la création de nouvelles filières de formation pour lesquelles les universités n'ont pas encore eu, dans l'ensemble, les délais de préparation et les moyens d'exécution indispensables. »

Des grèves de protestation ont lieu, en février, à Limoges, Nanterre, Toulouse, Reims, Rennes, Bordeaux, Saint-Étienne, Orléans. Plusieurs milliers d'étudiants manifestent le 24 février, à Paris et en province, contre le projet ministériel.

En mars, O. Guichard confie à une commission de 23 membres, désignés, les uns, par la conférence des présidents d'universités, les syndicats d'enseignants et les organisations d'étudiants, les autres, par le ministre, le soin d'amender le projet. En avril, il décide le rétablissement provisoire des IPES qui devaient être supprimés à la rentrée 1972.

Quatorze groupes de travail sont, d'autre part, chargés par le ministre de l'Éducation nationale de réfléchir aux relations entre l'emploi et l'enseignement supérieur, afin de fournir aux universités des informations sur l'évolution du marché du travail et les besoins de formation.

Plusieurs expériences sont tentées à Toulouse, Bordeaux et Orléans.