Aux États-Unis, la toute-puissante Commission de l'énergie atomique (USAEC) a été condamnée en termes particulièrement sévères par la cour d'appel fédérale, pour n'avoir pas respecté les procédures imposées par le NEPA ou National Environmental Policy Act de décembre 1969, en accordant le permis de construire à deux réacteurs de 900 MWé (mégawatts électriques) dans le Maryland.

Ce jugement a été le point de départ d'une série de nouveaux procès contre l'industrie nucléaire en général. L'USAEC a dû s'incliner devant la puissance conjuguée de l'opinion publique et des tribunaux, et réexaminer tous les permis de construction en cours, pour peser les avantages des nouvelles centrales en regard des dommages et des dégâts causés à l'environnement, y compris les rejets radio-actifs.

La contestation a dépassé le domaine des centrales et gagné petit à petit toutes les étapes de l'industrie nucléaire, entre autres la construction d'une usine de retraitement à Barnwell (Caroline du Sud), qui pourrait se trouver retardée de plusieurs années. Alors que, dans un réacteur, la radio-activité est, en principe, confinée pour la plus grande part aux assemblages contenus dans des boîtes étanches, le retraitement du combustible en vue de récupérer l'uranium 235 non consommé et le plutonium formé des solutions chimiques radio-actives pose de façon aiguë le problème des déchets. Ces résidus radio-actifs, qui occupent des volumes de plusieurs centaines ou plusieurs milliers de mètres cubes selon les cas, sont pour la plupart inutilisables, et devront être stockés avec des précautions rigoureuses pendant des centaines, voire des milliers d'années.

L'opinion publique s'en inquiète d'autant plus qu'aucune solution ne peut être considérée pour l'instant comme totalement efficace faute de tests réalisés à une échelle suffisante. Aux États-Unis, sous la pression de la population locale, l'État du Kansas a dû s'opposer aux projets de l'USAEC de stockage dans une mine de sel désaffectée. Les rejets dans les océans — déjà pratiqués à titre expérimental en 1967 dans l'Atlantique — rencontrent une opposition croissante.

L'industrie nucléaire s'interroge donc de plus en plus sur ce qu'elle va faire de ses déchets. Le problème n'est pas nouveau ; mais, comme l'a bien montré la dernière Conférence de Genève, le récent développement de l'industrie nucléaire le pose avec une ampleur jamais connue. Des installations totalisant plus de 150 000 MWé sont d'ores et déjà en construction un peu partout dans le monde, et ce chiffre devrait au moins être multiplié par cinq au cours des prochaines décennies.

Nuisances spatiales

Le 21 avril 1964, un satellite militaire américain brûle dans l'atmosphère, au-dessus de Madagascar. Son générateur d'électricité, du type radio-isotopique, est finement désintégré et sa charge de plutonium donne des retombées radio-actives assez denses sur une douzaine de pays. C'est seulement huit ans plus tard, en mars 1972, que les services de presse de l'US Navy révèlent les détails de cette affaire vieille de 8 ans. La radio-activité du plutonium est l'une des plus redoutables pour l'organisme.

Le 29 mars 1972 est entrée en vigueur la convention des Nations unies sur la responsabilité internationale en matière de dommages provoqués par des engins spatiaux. Désormais, toute victime (dans sa personne ou dans ses biens) d'un engin ou débris d'engin spatial pourra obtenir des dommages et intérêts du gouvernement responsable du lancement. À condition, il va de soi, que ce pays ait signé la convention, ce qu'ont refusé de faire à ce jour la Chine, le Japon et la France.

À l'exemple des grandes cités américaines, les villes françaises baignent de plus en plus dans les gaz d'échappement. Les villes sont-elles faites pour les voitures ou pour les hommes ? C'est une réponse à cette question qu'ont voulu apporter les milliers de cyclistes qui ont manifesté à Paris le 22 avril et à Marseille le 27 mai 1972. Ils ont démontré qu'ils ne voulaient pas que leur ville soit condamnée à la puanteur.

Zoologie

Les animaux condamnés par la « civilisation »

Deux compagnies d'aviation ont décidé de ne plus faciliter les safaris menaçant des espèces animales en forte décroissance. La Pan American World Airlines ne veut plus être complice des massacres d'alligators ou de kangourous, et la compagnie espagnole Iberia ne s'associera plus à la destruction des jaguars d'Amérique du Sud.