La cour militaire de justice de Cotonou prononce, le 16 mai, 6 sentences de mort contre les auteurs et instigateurs de la tentative de putsch du 23 février 1972, au cours de laquelle le colonel Paul-Emile de Souza, chef d'état-major de l'armée de terre, a été blessé. Cet acte de fermeté, moins de deux semaines après le début du mandat de Ahomadegbe, donne le ton de ce que devrait être le nouveau style du régime dahoméen. Contrairement à H. Maga, son successeur entend s'affirmer par la sévérité et la rigueur. Son entrée en fonctions se traduit d'abord par une ferme reprise en main d'un pays trop longtemps livré au jeu des factions.

Les mœurs politiques, qui ont conduit au cours des années précédentes le Dahomey au seuil de l'abîme, semblent révolues ou en voie d'abandon. Chacun des membres du triumvirat continue à s'appuyer sur son électorat respectif : Maga sur le nord du pays, Apithy sur la région de Porto-Novo et Ahomadegbe sur ses fiefs de Cotonou et d'Abomey. Mais les trois membres du Conseil présidentiel semblent avoir le souci d'éviter toute politique exclusivement tribale ou régionale. La pérennité du Conseil est à ce prix.

Un régime qui vient de tenir deux années à peu près sans heurt, une passation de pouvoirs qui s'est effectuée normalement, ces faits démontrent que la turbulente république dahoméenne peut réserver de bonnes surprises. Le redressement financier et économique en cours confirme cette impression.

Redressement économique

Les mesures d'austérité adoptées sous le régime précédent — celui de M. Zinsou — font que le budget est équilibré depuis 1970. Il sera équilibré en 1972 et dispose d'un excédent d'un million d'anciens francs pour 1971. Pour un pays qui a éprouvé souvent des difficultés à payer la solde de ses fonctionnaires, c'est pratiquement un miracle.

La production agricole progresse ; les efforts de modernisation de palmeraies donnent leurs premiers résultats. Les exportations des palmistes et d'huile de palme, en constante régression depuis l'indépendance, sont désormais en accroissement. Les cultures de coton, relativement récentes, permettront d'exporter cette année un produit qui bénéficie de cours fermes. D'importantes sommes d'argent seront ainsi distribuées à de petits paysans du Nord, partie jusqu'à présent la plus déshéritée du pays.

Éthiopie

25 050 000. 21. 2,1 %.
Économie. PNB (67) 63. Production : G (67) 122 ; A (*69) 116. Énerg. (*69) : 23. C.E. (67) : 7 %.
Transports. (67) : 82 M pass./km, 216 M t/km. (*69) : 33 000 + 10 800. (*69) : 300 380 000 pass./km.
Information. (69) : 8 quotidiens ; tirage global : 42 000. (69) : *155 000. (69) : *8 000. (69) : 41 106.
Santé. (69) : 345.
Éducation. (67). Prim. : 452 457. Sec. et techn. : 79 534. Sup. (68) : 3 870.
Institutions. Monarchie constitutionnelle. Constitution octroyée en 1955. Souverain : empereur Haïlé Sélassié Ier (2 novembre 1930). Premier ministre : Tsahafi Tiizaz Aklilou Habte-Woud. L'empereur Haïlé Sélassié poursuit une diplomatie très personnelle qui l'entraîne dans de multiples déplacements. Entre la fin de l'été 1971 et le 30 juin 1972, le Roi des rois a visité 7 capitales et rencontré plusieurs dizaines de chefs d'État. Il a été reçu à Pékin, Téhéran, Mogadiscio, Dakar, Conakry, Khartoum et Paris. Au centre de ses entretiens avec G. Pompidou : le statut de Djibouti, mis en cause par l'OUA. Le négus a obtenu l'assurance du maintien de la présence française dans le territoire des Afars et des Issas.

Gabon

500 000. 2. 1 %.
Économie. PNB (67) 565. Énerg. (*69) : 458. C.E. (67) : 45 %.
Transports. (*69) : 5 200 + 4 800. (*69) : 80 717 000 pass./km.
Information. (69) : *50 000. (69) : 5 963.
Santé. (67) : 80.
Éducation. (68). Prim. : 89 187. Sec. et techn. : 7 744. Sup. : 30.
Institutions. État indépendant le 17 août 1960. République (28 novembre 1958). Constitution de 1961, révisée en 1967 ; régime présidentiel. Président de la République et chef du gouvernement : Bernard-Albert Bongo, qui succède, le 1er décembre 1967, à Léon Mba, décédé.

Gambie

370 000. 33. 2,1 %.
Économie. PNB (63) 81. Énerg. (*69) : 45. C.E. (65) : 45 %.
Transports. (*69) : 2 500 + 2 000.
Information. (60) : 1 quotidien ; tirage global : 1 500. (66) : *60 000. (63) : 2 000 fauteuils.
Santé. (66) : 18.
Éducation. (68). Prim. : 16 230. Sec. et techn. : 4 287.
Institutions. État indépendant le 18 février 1965. Constitution républicaine promulguée le 23 avril 1970. Chef de l'État et de l'exécutif : Daouda Jawara, réélu après les élections législatives des 28 et 29 mars 1972.

Ghana

8 860 000. 37. 2,7 %.
Économie. PNB (68) 237. Production (69) : G 111 ; I 142. Énerg. (*69) : 155. C.E. (68) : 15 %.
Transports. (*69) : 474 M pass./km, 302 M t/km. (68) : 29 400 + 17 400.  : 166 000 tjb. (*69) : 134 057 000 pass./km.
Information. (69) : 6 quotidiens ; tirage global : 295 000. (69) : *700 000. (69) : *12 000. (67) : 78 300 fauteuils ; fréquentation : 11,8 M. (69) : 43 863.
Santé. (66) : 597.
Éducation. (67). Prim. : 1 288 383. Sec. et techn. : 196 631. Sup. : 4 768.
Institutions. État indépendant le 6 mars 1957. République. Constitution du 22 août 1969. Chef de l'État et président du gouvernement : colonel Acheampong, auteur du coup d'État du 13 janvier 1972 qui renverse le président Addo et le Premier ministre Kofi Busia.

Coup d'État

La prise du pouvoir par l'armée, le 13 janvier 1972, et l'annonce du décès de l'ancien président Kwame Nkrumah, le 27 avril, constituent les deux principaux événements de l'année.