Les actions de l'ELN se calment bientôt ; le 10 novembre, c'est la fin de la guérilla du Teoponte. Les derniers survivants se réfugient au Chili. Chato Peredo est arrêté. L'armée de libération nationale fait à nouveau parler d'elle quelques mois plus tard ; le 10 juin, le major Plaza, ancien homme fort du régime Barrientos, est découvert assassiné ; sur son cadavre, le sigle ELN.

Le gouvernement Torrès demeure fragile. Les organisations ouvrières et étudiantes se sont considérablement éloignées du gouvernement. Une Assemblée populaire est constituée en février, regroupant des délégués de tous les secteurs ouvriers et des membres de tous les partis de gauche. Elle se propose de « contrôler » le gouvernement, de « développer le pouvoir ouvrier » et de servir « d'organe consultatif » ; elle commence ses travaux le 22 juin à La Paz. Quelques jours plus tôt, les syndicats dénoncent un complot militaire ; ils accusent les éléments de droite (restés majoritaires dans l'armée) de préparer un coup d'État. Les élections générales annoncées aboutiront-elles au socialisme évoqué par le président Torrès ?

Brésil

95 305 000. 11. 3 %.
Économie. PNB (67) 329. Production (65) : A 30 % + I 27 % + S 43 %. Énerg. (*68) : 450. C.E. (67) : 6 %.
Transports. (*68) : 13 803 M pass./km, 21 974 M t/km. (*68) : 1 537 000 + 953 900.  : 1 381 000 tjb. (*68) : 3 692 733 000 pass./km.
Information. (67) : 241 quotidiens ; tirage global : 3 110 000. (66) : *2 500 000. (67) : 1 911 000 fauteuils ; fréquentation : 234 M. (68) : 1 560 701.
Santé (66). 39 732.
Éducation (66). Prim. : 10 695 391. Sec. et techn. : 2 483 212. Sup. : 180 109.
Institutions. État fédéral. République présidentielle. Constitution du 30 octobre 1969. Président et chef de l'exécutif : Garrastazu Medici, élu par le Congres fédéral le 27 octobre 1969. Succède au président Costa e Silva.

Social

Un certain espoir naît en juillet 1970 quand le président Garrastazu Medici annonce la rentrée en fonctions des assemblées législatives proscrites après la proclamation de l'acte institutionnel n° 5, le 13 décembre 1968.

Cet optimisme se voit renforcé un peu plus tard quand le président Garrastazu Medici reçoit 1 200 leaders syndicalistes. « L'exigence d'une distribution plus équitable de la richesse nationale » le conduit à annoncer un programme d'intégration sociale. Un fonds de participation sera constitué par des prélèvements sur le chiffre d'affaires des sociétés ou sur leurs impôts. Les travailleurs en bénéficieront par l'intermédiaire d'une caisse fédérale d'épargne. De plus, une nouvelle loi réformera complètement le système d'assistance médicale, éducative et culturelle pour les travailleurs. Cette assistance sera confiée aux organisations syndicales.

Difficultés

On compte encore quelque 12 000 prisonniers politiques. Parmi eux, des prêtres, accusés d'être marxistes ou terroristes pour avoir aidé des gens en détresse. Les dominicains répondent qu'ils ont agi « au nom des droits de l'homme méprisés dans le régime dictatorial du Brésil actuel et au nom de la démocratie ». Certains d'entre eux comparaissent devant un tribunal pour répondre de collusion avec le leader terroriste Carlos Marighela.

La hiérarchie catholique est obligée de prendre parti devant cette véritable déclaration de guerre dont l'Église est l'objet. L'Osservatore romano dénonce les incarcérations et les tortures, reflètent l'inquiétude de Paul VI. Accusé d'appartenir à l'appareil de propagande du communisme international, Dom Helder Camara, archevêque du Pernambouc, parvient à rompre le silence qui lui est imposé par le canal de la conférence de l'épiscopat brésilien.

Les témoignages sur les sévices incitent la Commission internationale des juristes (CIJ) à saisir d'une demande d'enquête la Commission des droits de l'homme de l'Organisation des États américains (OEA). Elle se heurte à une fin de non-recevoir de la part des autorités brésiliennes, qui démentent l'existence de prisonniers politiques.

C'est à la violence également, sans autre forme de procès, qu'a recours l'escadron de la mort. Estimant que la justice officielle est corrompue et trop lente, l'escadron de la mort se substitue à elle. On parle d'environ un millier de victimes depuis 1968.