– L'Assemblée générale de la Mission de France, en présence de 600 prêtres et de 12 évêques, souligne, en octobre, la responsabilité collective des prêtres dans l'évangélisation et affirme que les membres de la Mission ne veulent pas constituer exclusivement un corps sacerdotal.

Innovations liturgiques

L'Assemblée décide l'entrée en vigueur, le 1er janvier 1970, du nouveau rituel de la messe et rend également obligatoire, à partir du 1er janvier, le rituel du mariage et le rituel du baptême des jeunes enfants. Il s'agit, en fait, d'un profond mouvement sociologique, dont il est malaisé de mesurer toutes les conséquences.

Par ailleurs, une note de la Commission épiscopale de liturgie, le 26 mars, autorise les laïcs à donner la communion ; les fidèles peuvent recevoir l'hostie dans la main.

Ces innovations s'accompagnent d'expériences liturgiques ou paraliturgiques de pointe, les plus spectaculaires étant les Gospels nights qui se sont déroulées dans plusieurs églises de Paris : Saint-Sulpice, Saint-Éloi, etc. À Saint-Germain-des-Prés, le vendredi saint, au cours d'une Passion brésilienne, on présenta un Christ torturé au courant électrique. À Parly II, à Noël, une veillée œcuménique s'est inspirée des nécessités et des goûts modernes.

La violente réaction intégriste contre cette liturgie nouvelle prend de plus en plus la forme de commandos de la violence. Ils se manifestent à N.-D.-de-l'Assomption de Passy contre l'abbé Oraison, qui est molesté et blessé ; à la cathédrale du Mans, où est détruite une crèche surréaliste ; à Saint-Jean de Montmartre, interrompant un Gospel night ; à Saint-Éloi, où une veillée de carême présidée par le cardinal Marty dégénère en bataille.

Le nouveau rituel de la messe

Le nouveau rituel de la messe (ordo missae) entre en vigueur le 30 novembre 1969. Son adoption définitive devra intervenir le 30 novembre 1971. C'est la plus importante réforme liturgique décidée et mise en application depuis le XVIe siècle.

Les modifications les plus marquantes concernent quatre moments :
– L'ouverture de la célébration est simplifiée, dépouillée de ses apartés et rendue plus communautaire par un chant d'entrée et par la participation des fidèles au rite pénitentiel ;
– L'offertoire devient le véritable moment de préparation du pain et du vin et non plus un temps d'offrande humaine précédant l'offrande du Christ ;
– La prière eucharistique comprend trois formules et facilite la concélébration ;
– La communion, précédée d'un « baiser de paix » collectif, rappelle aux fidèles le lien étroit entre la charité humaine et l'approche du corps du Christ.

Trois lectures bibliques sont proposées : l'une est tirée de l'Ancien Testament et suivie d'un psaume, l'autre des Épîtres ou des textes du Nouveau Testament, la troisième de l'Évangile. Ce cycle de lectures s'étendra sur trois années.

La langue nationale remplace le latin. Le nouveau rituel prévoit cependant que certaines messes seront célébrées en latin, notamment dans les monastères.

Très controversée par certains prélats et par des groupes de fidèles conservateurs, cette réforme liturgique est défendue par le pape avec vigueur.

Premiers diacres

La crise du clergé français reste aiguë. De 1963 à 1969, 553 prêtres ont demandé une dispense pour se marier ; ils étaient 150 dans la seule année 1969. Le nombre des entrées dans les grands séminaires a diminué de 41 % depuis 1968. Le 25 juin, 44 prêtres annoncent dans une lettre aux évêques leur décision de cesser tout ministère officiel. Les signataires affirment qu'ils « ne peuvent accepter en conscience un grand nombre de structures actuelles de l'Église ». Pour remédier à cette baisse des vocations, l'épiscopat, tout en maintenant la filière traditionnelle des grands séminaires, se montre favorable à la formation hors séminaires, notamment dans le monde ouvrier et dans les milieux universitaires.

L'institution des diacres, considérée comme un palliatif au manque de prêtres, est entrée dans la voie de la réalisation. En mai, les cinq premiers diacres permanents français sont ordonnés l'un d'eux est un religieux non prêtre. La création à l'Institut catholique de Paris d'un enseignement théologique réservé aux laïcs est une nouvelle preuve de la décléricalisation de l'Église.