Dans le premier cas, une rechute est à craindre ; on compte un cas de récidive sur cinq entrées dans certains services hospitaliers parisiens. Mais la seconde erreur est encore plus lourde de conséquences. Elle suscite immanquablement et à brève échéance un phénomène de résistance — définitif — chez les bacilles dont le malade est porteur. Dans toute colonie microbienne virulente (qui comprend des milliards d'individus en voie de multiplication), il existe toujours quelques mutants indifférents à un antibiotique donné, quel qu'il soit. Si bien que les BK sensibles au remède se trouvent éliminés, tandis que les autres prolifèrent en lieu et place des premiers. On ne peut donc logiquement venir à bout d'une infection tuberculeuse qu'en soumettant les germes responsables à un feu croisé d'au moins deux (et parfois trois) antibiotiques efficaces (d'où la nécessité de pratiquer un antibiogramme pour connaître la résistance naturelle ou acquise des microbes du malade).

Dans ces associations, un antibiotique joue le rôle de chef de file, c'est-à-dire qu'il inactive l'immense majorité des bacilles ; les autres sont pris en charge par un ou deux antibiotiques moins puissants. Le phénomène de résistance apparaît d'autant plus vite que le médicament est plus actif.

C'est ainsi que, selon les milieux, on ne guérit que 60 à 80 % des malades, les autres allant de guérison apparente en rechute.

Il est des cas dramatiques. Faute d'avoir respecté les codifications du traitement, certains patients ont rendu leurs bacilles résistants à tous les antibiotiques dont on dispose contre la tuberculose. D'autres, contaminés par les premiers, recueillent des germes réfractaires d'emblée à l'action de tout antibiotique.

Un fléau : la bronchite chronique

La banale bronchite chronique est en passe de devenir un fléau. On dénombre actuellement, en France, plus de 700 000 cas et l'on considère que cette maladie est responsable de plus de 10 % des décès.

Le 16e Congrès national de la tuberculose et des maladies respiratoires, réuni à Bordeaux du 2 au 4 avril 1970, a consacré la dernière journée de ses débats à cette affection moderne.

Selon l'avis des spécialistes, on peut considérer que la bronchite chronique est favorisée par la pollution atmosphérique, le tabac et d'une façon générale par la détérioration de l'environnement.

Pour le professeur Laval : « La situation actuelle de la bronchite chronique rappelle beaucoup celle de la tuberculose il y a cinquante ans. C'est une maladie qui risque rapidement de devenir un fléau si l'on est incapable de coordonner les efforts de lutte ». La thèse du professeur Laval a été illustrée par de nombreuses communications de médecins de toutes les régions de France. Cette bronchite chronique n'épargne donc pratiquement ni les campagnes, ni les villes, ni le littoral.

L'Association nationale de lutte contre la bronchite chronique, créée en 1969, marque une première étape vers un dépistage systématique jugé indispensable par tous les spécialistes.

Nouveaux antibiotiques

Au cours des premiers mois de l'année 1969, deux antibiotiques nouveaux — dont l'un au moins est particulièrement actif —, ont été commercialisés : la Rifampicine et l'Ethambutol.

Leur emploi conjugué devrait permettre de réduire considérablement la durée des cures sanatoriales. Mais ces remèdes perdront eux aussi rapidement leur valeur thérapeutique s'ils se trouvent galvaudés. C'est pourquoi, au Congrès qui a réuni les phtisiologues, à Bordeaux les 2, 3 et 4 avril 1970, il fut longuement discuté des conditions d'infrastructure d'un traitement ambulatoire grâce auquel les tuberculeux achevant leur cure à domicile seraient très étroitement surveillés.

Le péril vénérien

Les dermato-vénéréologues ont remarqué que la syphilis évolue par poussées : 1914, 1925-1930, 1938, 1945 furent des périodes de recrudescence. Depuis 1950-1960, cette maladie, qu'on appelait autrefois la grande simulatrice en raison de l'aspect très polymorphe de sa symptomatologie, avait paru disparaître. Le tréponème n'était pas assez actif pour causer des lésions cutanées typiques (surtout au stade secondaire).