Il s'agissait d'essayer de mesurer les échanges d'énergie entre l'océan et l'atmosphère dans une région privilégiée pour cette étude : l'océan Atlantique tropical. Bomex représente une dépense de 123,75 millions de francs, supportée en majeure partie par les États-Unis ; l'Essa (Environmental science services administration) était le maître d'œuvre. L'effort scientifique fut fourni par des ministères ou des agences gouvernementales américaines, des laboratoires universitaires ou industriels des États-Unis, du Canada et aussi de la Barbade.

Bomex n'est qu'une partie d'un programme plus vaste, le GARP (Global atmosphere research program), mis au point par l'OMM (Organisation météorologique mondiale) et l'ICSU (Conseil international des Unions scientifiques). La compréhension des échanges d'énergie entre l'océan et l'atmosphère est, en effet, la clé de la prévision météorologique à long terme, qui reste, pour le moment, hors des possibilités humaines.

Du paquebot à la crevette

Le département des travaux, recherches et exploitations océaniques de la Compagnie générale transatlantique, le DTREO, s'essaie à développer et a acclimater, en France, l'aquiculture, cette activité mi-océanique et mi-agricole prospère au Japon. Pour ses expériences la Compagnie transatlantique bénéficie de l'aide financière (1,5 million de francs) du CNEXO (Centre national pour l'exploitation des océans).

Un récif artificiel

Au large de Palavas-les-Flots, le DTREO a créé un récif artificiel essentiellement composé de vieilles voitures. Ce récif attire certainement la vie marine, mais il est encore trop tôt pour affirmer qu'il augmente le rythme de reproduction des animaux marins. Il a toutefois un avantage certain : il gêne les opérations de chalutage qui provoquent des dégâts irréparables dans la faune et la flore benthiques (qui vivent sur le fond ou dans sa proximité très immédiate). En Bretagne, le DTREO tente l'engraissement des jeunes anguilles.

Mais l'essentiel de ses expériences concerne les crevettes. On a essayé d'élever des crevettes japonaises (Pennaeus japonicus) en Méditerranée et des crevettes françaises (Leander serratus) dans la presqu'île de Quiberon. Pour les espèces japonaises, le DTREO s'est assuré le concours de spécialistes japonais (qui ont mis plusieurs années à maîtriser les techniques de reproduction des crevettes en captivité). Pour les spécimens français, tout était à créer. Les premières phases de ces expériences sont très prometteuses. Il faut évidemment attendre avant de pouvoir émettre un avis définitif sur la réussite de ces essais.

Les petits sous-marins de recherche

L'Institut français du pétrole (IFP) et le Centre national pour l'exploitation des océans (CNEXO) ont présenté, au début de novembre 1969, leur futur sous-marin expérimental, l'Argyronète.

Un engin mixte

Ce submersible, long de 27,80 m et pesant 250 t, sera mixte, à la fois sec et humide. Il comprendra deux compartiments, que l'on peut isoler ou relier l'un à l'autre grâce à un sas étanche. Le compartiment avant, le plus grand, sera maintenu constamment à la pression atmosphérique. Le plus petit pourra être mis en communication avec la mer lorsque le sous-marin sera en plongée. Des plongeurs utiliseront ce compartiment comme tourelle de plongée et comme caisson de décompression ; maintenus en pression, ils seront transportés sur un prochain lieu de travail, d'où ils seront ramenés au port de base tout en commençant leur décompression. Ce système combine les avantages de la maison sous la mer, où les plongeurs sont maintenus en pression tout le temps (ils n'ont ainsi à subir qu'une seule décompression finale), et ceux du sous-marin autonome. L'Argyronète pourra parcourir 720 km, à la vitesse de 11 km à l'heure, et rester en plongée durant trois jours. Le temps de plongée sera porté à huit jours avec une source d'énergie auxiliaire.

Le sous-marin sera capable de plonger à 600 m de profondeur. Les limites de plongée humaine utile se situent actuellement aux alentours de 250 m. L'Argyronète devrait être utilisé pour des expériences de plongée profonde à saturation. Et aussi pour des travaux sur le plateau continental, notamment sur des installations pétrolières.