L'ancien Basutoland connaît, à partir de novembre 1969, de graves tensions politiques. Une atmosphère de guerre civile s'instaure dans le pays à l'occasion des élections législatives de janvier 1970, tandis que s'engage une véritable épreuve de force entre Leabua Jonathan, Premier ministre, et le roi Moshoeshoe II.

Homme fort du Lesotho, le Premier ministre refuse d'être un simple maire du palais et entend cantonner le souverain dans un rôle purement décoratif. Ce dernier s'appuie à la fois sur des éléments monarchistes, regroupés au sein du Marematlou Freedom Party, et sur les progressistes du parti du Congrès, qui reprochent à Leabua Jonathan une excessive subordination aux dirigeants de Pretoria. L'accession de l'ancien Basutoland à la souveraineté internationale s'est, en effet, limitée à un transfert de dépendance de Londres à Pretoria. Le Lesotho est trop pauvre et sa position géographique trop défavorable pour que ses dirigeants ne se trouvent pas placés sous une étroite tutelle sud-africaine.

En dépit de l'homogénéité ethnique du pays, presque exclusivement peuplé de Soto, malgré l'ancienneté de la monarchie et le respect dont elle demeure entourée par une importante partie de la population, Moshoeshoe II est progressivement évincé du pouvoir. Après avoir été pendant plusieurs mois l'otage de son Premier ministre, le roi est déposé par Leabua Jonathan en février et doit, en avril, quitter sa capitale. Il obtient l'asile politique aux Pays-Bas.

L'opposition mise hors la loi

Dès janvier, Leabua Jonathan adopte de sévères mesures répressives contre les opposants au régime. Ntsu Mokhele, son principal adversaire, ayant eu l'imprudence d'annoncer prématurément le succès du parti du Congrès aux élections, le Premier ministre décide unilatéralement l'annulation du scrutin. Simultanément, les mouvements d'opposition sont mis hors la loi et une vague d'arrestations s'abat sur le pays.

Leabua Jonathan dissout le parti du Congrès, interdit le parti communiste, fait incarcérer les dirigeants du Marematlou Freedom Party, parmi lesquels plusieurs membres de la famille royale. Un moment désorientés, les adversaires du Premier ministre passent à l'action directe. En février, un premier accrochage a lieu dans les montagnes entourant la capitale ; plusieurs policiers sont tués par des paysans armés. En avril, de nouveaux heurts beaucoup plus violents opposent forces de l'ordre et monarchistes et font plusieurs dizaines de victimes.

Bien que Leabua Jonathan tente un moment de réunir une table ronde à laquelle sont invitées toutes les tendances politiques du pays, tout incite à croire que le Lesotho évolue vers un régime autocratique, paradoxalement moins libéral que celui de la royauté Soto.

Libéria

1 130 000. 10. 1,9 %.
Économie. PNB (66) 210. Production (66) : A 25 % + I 38 % + S 37 %. Énerg. (67) : 331. C.E. (66) : 64 %.
Transports. (67) : 8 300 + 5 100.  : 25 720 000 tjb.
Information. (66) : 3 quotidiens ; tirage global : 8 000. (66) : *175 000. (67) : *4 600. (66) : 7 400 fauteuils ; fréquentation : 0,9 M. (67) : *3 500.
Santé (64). 90.
Éducation (66). Prim. : 110 251. Sec. et techn. : 12 459. Sup. : 797.
Institutions. République présidentielle, indépendante depuis le 26 juillet 1847. Constitution de 1847. Président de la République et chef de l'exécutif : William V.S. Tubman, réélu le 2 mai 1967, pour la sixième fois depuis 1943.

Libye

1 869 000. 1. 1,9 %.
Économie. PNB (67) 883. Production (66) : A 5 % + I 67 % + S 28 %. Énerg. (67) : 390. C.E. (67) : 77 %.
Transports. (*67) : 63 200 + 29 600. (*67) : 167 937 000 pass./km.
Information. (66) : 4 quotidiens ; tirage : 8 000 sur 2 quotidiens. (67) : 75 000. (67) : 24 690.
Santé (66). 530.
Éducation (66). Prim. : 215 841. Sec. et techn. : 32 591. Sup. : 2 215.
Institutions. État indépendant le 24 décembre 1951. République proclamée par le coup d'État militaire du 1er septembre 1969, qui renverse la monarchie constitutionnelle du roi Idriss Ier. Président du Conseil : colonel Moammer El-Kadhafi ; succède, le 16 janvier 1970, à Mahmoud Soliman El-Maghrabi, en fonctions après le coup d'État.

Proclamation de la république

Le 1er septembre 1969, des unités des forces armées, profitant de l'absence du roi Idriss, s'emparent du pouvoir, suspendent la constitution et arrêtent de nombreuses personnalités. Le prince héritier, Hassan Rida, se démet de tous ses pouvoirs et invite la population à appuyer le nouveau régime. Un Conseil de la révolution proclame l'instauration de la République arabe libyenne, qui est aussitôt reconnue par la RAU, le Soudan, l'Irak et la Syrie. Le Conseil de la révolution se proclame décidé à « bâtir une Libye révolutionnaire, une Libye socialiste issue de nos propres réalités et éloignée de toute doctrine, confiante en la réalité de l'évolution historique qui fera de la Libye, pays sous-développé et mal gouverné, un pays progressiste qui luttera contre le colonialisme et le racisme » et déclare qu'il « croit profondément à la liberté de religion et aux valeurs morales contenues dans le Coran et s'engage à œuvrer pour leur défense et leur maintien ».