Les fêtes de fin d'année déclenchent de toutes parts des protestations. La critique, qui connaît le talent du responsable, Claude Santelli, lui cherche des excuses, et il en a. Le public, plus intransigeant, ne reconnaît pas les qualités de quelques émissions, rares il est vrai.

Espoirs déçus

Depuis 1964, le Noël de Claude Santelli est toujours cité comme exemple de réussite et de qualité. Renouvelée, l'expérience a déçu. Certes, le temps, les crédits et les talents mis à l'écart ont manqué à Claude Santelli. Mais faut-il voir là toutes les raisons de l'échec ?

Après l'année mouvementée que nous venions de vivre, Santelli voulait amener le public à la réflexion. Le moment des fêtes était-il bien choisi ? Était-il adroit de présenter (en deuxième diffusion) un entretien avec le philosophe Gaston Bachelard le soir de Noël ? Fallait-il montrer, le 1er janvier, une jeune mère mettant au monde son enfant ? Ne fallait-il pas éviter coûte que coûte des bouleversements de programmes de dernière minute qui, a priori, indisposent toujours le spectateur ?

Autant de griefs qui font oublier les morceaux de qualité. Et pourtant, ils existaient. Le Bourgeois gentilhomme*, exemple de réussite de la couleur, et dont la réalisation donnait à la pièce une dimension nouvelle. Remarquable, Michel Serrault n'avait pourtant rien du traditionnel Monsieur Jourdain bouffon. Exceptionnel aussi, le Neveu de Rameau*, de Diderot, magistralement interprété par Pierre Fresnay et Julien Bertheau.

À noter encore : Kean, d'Alexandre Dumas, avec Robert Hirsch ; les Grandes Espérances, de Charles Dickens, adapté par Claude Santelli, avec Charles Vanel ; l'Orgue fantastique, d'après Jules Verne, avec Fernand Ledoux, et un festival Jerry Lewis (certains amateurs dirent que la sélection était peu judicieuse).

Déçu, mécontent, le téléspectateur moyen qui médite quelque peu n'a guère de raison de voir s'apaiser son déplaisir. Dans presque tous les secteurs, on parle de réforme. Parfois, le présent fait regretter un passé qui donnait déjà peu de satisfactions.

Contestée en mai 1968, réorganisée en septembre, l'Actualité télévisée connaît de nouveaux remous en janvier 1969 avec la nomination de Jean-Louis Guillaud à la place d'Edouard Sablier en qualité de sous-directeur. En février, nouvelle présentation, nouveau décor, nouveau générique. Les changements restent formels.

Changements mineurs

Du côté des magazines d'actualités, des changements qui sont mineurs : De nos envoyés spéciaux, qui avait succédé à Cinq Colonnes à la une, disparaît en décembre. Panorama, supprimé un temps, revient. Point-Contrepoint* est confié à des journalistes de la presse écrite (Jean-François Chauvel, René Puissesseau). Un invité — le P. Boulogne, pour le premier numéro — compose le programme de son choix à partir de l'Actualité. L'idée est bonne, à condition d'être scrupuleusement respectée.

Régie 4* est resté fidèle à la formule de Séance tenante*. Caméra 3* : a disparu, Zoom* également. Et ce sont ces deux émissions que le public regrette le plus, sans doute en raison du style des producteurs. La tribune politique Face à... (Face à la presse, Face à l'événement, Face au public) a perdu beaucoup du sel de ses débuts. Seule peut-être l'émission Les femmes aussi a su trouver une formule originale.

En octobre, on remarque beaucoup le triptyque d'Arnaud Desjardins consacré à l'Himalaya, terre de sérénité*.

Les variétés piétinent

Pour les variétés, depuis dix ans la direction annonce régulièrement des réformes. Pierre Croissiaux, qui succède à Roland Dhordain en août, essaie de construire et d'appliquer une politique des programmes de variétés, le genre qui occupe l'écran plus de douze heures par semaine. Il le sait, des chansonnettes mises bout à bout n'ont jamais produit une émission. Son propos est de présenter régulièrement des divertissements de qualité.

Avec les oreilles* de Jacques Courtois, Ce sacré métier de Mick Micheyl, Clin d'œil, série humoristique, font preuve d'une volonté de renouveau. Guy Lux, qui abandonne Si ça vous chante*, anime désormais Chansons et champions, cousin germain du Palmarès, qui met en scène vedettes de la chanson et du sport. Musicolor* propose régulièrement des jeux, des télé-crochets et un spectacle de music-hall pur. Présenté dans le cadre des Actualités télévisées de 13 heures, depuis septembre, Midi-magazine a révélé aux téléspectateurs Jacques Martin, homme à tout faire, amuseur en tous genres.