Les principales requêtes du synode en cette matière portent sur : une codification largement renouvelée et largement pénétrée par l'esprit du concile ; la décentralisation du droit par une « loi fondamentale » valable pour l'Église universelle, n'excluant pas un pluralisme de codes reflétant l'universalité de l'Église ; la nécessité d'associer à la réforme du droit canonique des prêtres, des religieux et aussi des laïcs experts en sciences sacrées et profanes.

La crise de la foi

La crise de la foi dans le monde contemporain, les pères du synode sont suffisamment lucides pour la regarder en face. Le 4 octobre, le débat doctrinal du synode s'ouvre sur le rapport (positio) du cardinal Browne, qui présente le sujet sous deux aspects : le contenu intellectuel de la foi et sa traduction dans la vie d'un monde envahi par l'athéisme.

Cette positio, si elle était votée intégralement, servirait de base à un véritable syllabus négatif, tout en condamnations. Aussi les pères l'écartent-ils, suivant en cela leurs chefs de file, les cardinaux Suenens, Veuillot, Alfrink, qui préfèrent à la « problématique de l'erreur » la « promotion de la Vérité ».

Le refus de condamner

Pour la majorité des pères, le danger est moins dans les témérités doctrinales (ils demandent, d'ailleurs, que l'on distingue les erreurs véritables des tâtonnements des chercheurs) que dans l'indifférence grandissante de leurs contemporains à l'égard de la doctrine chrétienne. Les représentants des continents non européens font remarquer, par ailleurs, que l'athéisme ne présente pas nécessairement chez eux le visage qu'il a en Occident.

Alors, pour y voir plus clair, sur proposition du cardinal Ricketts, les pères élisent une Commission spéciale de huit membres, chargée d'élaborer un document de synthèse. Le cardinal Seper, archevêque de Zagreb, est élu président de cette Commission, qui est complétée par quatre membres désignés par le pape.

Son rapport, remis dix jours plus tard, formule plusieurs vœux et notamment celui de la constitution d'une Commission internationale de théologiens, choisis avec le concours des Conférences épiscopales. Cette commission se réunirait périodiquement pour aider le Saint-Siège dans l'étude des questions les plus importantes concernant la foi.

La réforme des séminaires, rendue indispensable par la rapide mutation des mentalités, pose des problèmes plus matériels que théologiques. Les débats du synode sur cette question, commencés le 11 octobre, sont facilités par le rapport lumineux et novateur du cardinal Garrone, pro-préfet de la Congrégation de l'enseignement.

Après des interventions qui, une fois encore, soulignent la diversité géographique des problèmes ecclésiologiques, l'assemblée vote, à une large majorité, plusieurs motions se rapportant à : la nécessité d'une loi-cadre pour les séminaires ; la constitution, au sein de chaque conférence épiscopale, d'une Commission technique vouée aux problèmes de la formation sacerdotale ; la préparation spéciale à donner aux éducateurs du clergé ; la collaboration des religieux et même des laïcs à cette préparation.

La tradition l'emporte

Autant le rapport du cardinal Garrone sur les séminaires est ouvert, autant celui du cardinal Marella sur les mariages mixtes est conservateur.

La déception des chrétiens non catholiques et des pères qui — comme le cardinal Meouchi ou Mgr Edelley, conseiller patriarcal de Maximos IV — veulent rompre avec des « préoccupations médiévales » tient au fait que la législation traditionnelle est, en substance, maintenue par les pères du synode.

À la question capitale : « Faut-il supprimer l'empêchement canonique (c'est-à-dire la demande obligatoire de dispense) pour épouser un non-catholique ou non-baptisé ? », les réponses sont : 128 non, 28 oui, et 29 juxta modum (oui, mais...).

Cependant, la majorité des délégués se prononce en faveur d'un pouvoir de dispense qui soit reconnu aux évêques eux-mêmes et non plus à Rome seulement. Les pères demandent, en outre, que les « cautions », notamment l'engagement demandé aux époux d'élever leurs enfants dans la religion catholique, revêtent une forme plus souple.

La messe normative

À la position en retrait provoquée par les débats sur les mariages mixtes, succède une attitude plus ouverte lorsque, le 21 octobre, est abordé le problème de la réforme liturgique. Le principe de la réforme liturgique est déjà entré dans la conscience des évêques. Cette ouverture tient également au caractère exhaustif et souple du rapport présenté par le cardinal Lercaro, président du Conseil pour la réforme liturgique. Ce rapport entraîne, dès l'abord, l'adhésion de la majorité des pères.