Devant un Marché commun déficitaire en céréales fourragères, la France accroît d'année en année sa production d'orge et de maïs. Un quintal d'orge sur quatre de la récolte 1966 a été exporté, et comme l'année précédente la CEE a absorbé 55 % de ces ventes.

En dépit de la fixation à Bruxelles du prix du maïs à un niveau jugé trop faible par les producteurs par rapport à celui des autres céréales, la production de maïs a continué de son côté de progresser en 1966. L'extension de cette culture au nord de la Loire se confirme. Les planteurs de betteraves, encore incertains de la politique sucrière qui serait suivie par la CEE, avaient cependant réduit de près de 30 % leurs semis de betteraves industrielles et recherché des cultures de remplacement. La production de sucre est tombée, dès lors, à 1 278 000 t en 1966 contre 1 700 000 t en 1965.

Le vin

Alors que l'évolution des surfaces emblavées est déterminante dans la production céréalière, l'importance de la vendange ne doit rien à celle du vignoble, dont la superficie se maintient à 1 244 000 ha. L'extension du vignoble ne porte que sur les vignes nobles destinées à la production des vins à appellation d'origine contrôlée (AOC), qui s'accroissent de 11 018 ha de 1965 à 1966. Le nombre de récoltants (1 214 146 est en recul de 23 321 déclarants.

Avec 60 935 milliers d'hectolitres, la vendange 1966 est sensiblement égale à celle de 1964, mais en recul de 8,4 % sur celle de 1965. Le rendement moyen atteint 49 hl à l'hectare. La chute est sensible (20 %) dans les six gros départements producteurs du Midi, qui, de ce fait, avec 28,7 millions d'hectolitres, ne représentent que 47 % de la récolte globale.

Malgré la réduction des importations de vins d'Afrique du Nord à un volume de 9,5 millions d'hectolitres, la campagne 1966-67 se solde par un large excédent des disponibilités sur les besoins. Les premières se montent, en début de campagne, à 109 987 000 hl, compte tenu des stocks et des importations ; les seconds, à 71 625 000 hl, dont 58 700 000 hl pour la consommation.

En dépit de la réglementation des importations de vins d'Afrique du Nord et du déblocage mesuré des vins métropolitains, les cours du vin restent inférieurs au prix indicatif, ce qui provoque le mécontentement des viticulteurs méridionaux et parfois de vifs incidents, comme à Carcassonne le 16 mars.

La récolte des vins d'appellation d'origine contrôlée (AOC) est, en revanche, plus importante que celle de 1965 (9,5 millions d'hectolitres contre 8,4). Elle est aussi de très bonne qualité.

Productions animales

Davantage de viande de bœuf, davantage de lait : 1967 prolonge l'évolution enregistrée l'an passé. En 1966, pour ces deux denrées, la hausse de la production atteint 6,5 %. Plus que la hausse des prix, cette progression est l'un des facteurs importants de l'augmentation des recettes tirées de la vente des produits animaux : hausse de 9 % par rapport à 1965. Celles-ci atteignent 32 594 millions de francs en 1966, soit 63,6 % des recettes agricoles.

La production de bœuf et celle du lait ne suivent pas cependant des évolutions parallèles : la première connaît des hauts et des bas, avec un cycle de sept ans environ, la seconde une expansion continue.

La viande de bœuf

Du record de 1955 (1 020 000 t) à celui de 1962 (1 261 000 t), on se dirige depuis la chute de 1963 vers une reprise de la production de bœuf, marquée en 1965 (1 225 000 t), confirmée en 1966 (1 307 000 t) et en 1967. Le solde positif de nos échanges reste cependant limité (73 000 t en 1966), alors que le déficit du Marché commun pour l'année 1970 est estimé à 700 000 t.

La loi sur l'élevage

Afin de mettre la France en mesure de saisir ce débouché et d'atténuer sur le marché intérieur la hausse des prix de gros qui a accompagné la relative pénurie de viande, le gouvernement a pris des mesures pour encourager l'élevage.

La loi sur l'élevage adoptée par le Parlement en décembre 1966 dote la France d'une organisation officielle de sélection du bétail. Il s'agit de mettre à la disposition des éleveurs des reproducteurs aux qualités éprouvées. Cela devient, en effet, une affaire d'État quand 70 % des vaches sont inséminées artificiellement et lorsqu'un reproducteur d'un centre d'insémination peut avoir plus de 100 000 descendants.