L'important travail du Conseil pour la réforme de la liturgie, présidé par le cardinal Lercaro, s'est augmenté d'une instruction sur la musique dans la liturgie, Musicam sacram, promulguée le 5 mars 1967. Ce document dépasse, d'ailleurs, son objet propre, en ce qu'il permet une meilleure compréhension de la réforme en cours.

Quatre points présentent un relief particulier. Toute messe, d'abord, doit être solennisée, et sa célébration ne peut atteindre à la plénitude que par le chant et par la participation de toute la communauté à ce chant. Grand-messes et messes basses doivent céder le pas à la messe où l'on chante ensemble.

Les évêques sont juges de l'usage de la langue nationale, mais il est recommandé, dans les grandes villes où les fidèles étrangers sont nombreux, d'assurer des services en latin. Dans les actions liturgiques en latin, le chant grégorien doit occuper une place prééminente.

« Le génie et les coutumes de chaque peuple » sont pris en considération pour le choix des instruments. L'orgue demeure cependant privilégié. L'instruction Musicam sacram fait, enfin, appel aux compositeurs pour qu'ils participent activement au renouvellement du fonds musical. La définition de la musique sacrée, qui reste imprécise, laisse aux évêques une certaine liberté d'appréciation. La musique moderne est donc encouragée, sous réserve qu'elle « s'accorde avec l'esprit de l'action liturgique ».

La liturgie de la messe

Le canon de la messe peut désormais être récité dans les langues nationales : en vigueur aux États-Unis et aux Pays-Bas, cette réforme est laissée à l'appréciation des Conférences épiscopales. Le décret général du Conseil pour la réforme liturgique de mai vient compléter les dispositions antérieures tendant à faire participer étroitement les fidèles aux cérémonies de la liturgie. On note, en outre, la suppression d'un certain nombre de signes anachroniques et superflus » de la messe, des simplifications dans les ornements et une plus grande souplesse dans le choix des textes de l'Épître et de l'Évangile.

Un troisième volet de la réforme liturgique concerne le culte du mystère eucharistique. Son étude, demandée par Paul VI, aboutit à une instruction signée du cardinal Lercaro et du cardinal Larraona, préfet de la Congrégation des rites, le 25 mai 1967.

Cette instruction insiste sur l'importance de la messe comme centre de toute la vie de l'Église et sur le caractère communautaire de sa célébration.

Le célibat ecclésiastique ne peut être mis en question malgré les nombreuses défections de prêtres. Le pape a tranché dans le sens de la rigueur, et l'encyclique Sacerdotalis Celibatus du 24 juin a provoqué des réactions parfois violentes, aux Pays-Bas notamment. Le pape réaffirme la valeur du célibat ecclésiastique, mais réclame plus de sévérité dans le choix des candidats au sacerdoce et une révision profonde de la formation sacerdotale.

La contraception

Le problème de la régulation des naissances est, quant à lui, au point mort. Paul VI a révélé, dans un discours adressé à des gynécologues italiens, le 29 octobre 1966, qu'il ne se prononcerait pas avant assez longtemps sur ce problème, « l'Église, a dit le pape, est dans un moment d'étude et de réflexion ».

Le rapport des 40 experts commis par Paul VI pour étudier, sous les différents aspects des disciplines concernées, les problèmes de la famille et de la natalité, est maintenant connu.

Médecins, psychiatres, théologiens, démographes, économistes, auxquels furent adjoints sept cardinaux et neuf évêques, présentèrent un rapport de leurs travaux et un schéma qui fut adopté par la commission des théologiens par 14 voix contre 4. C'est ce schéma qu'a révélé une revue catholique américaine.

Le schéma, remis au pape le 26 juin 1966, condamne l'avortement et la stérilisation définitive, mais recommande la reconnaissance par l'Église de la paternité responsable. La difficulté essentielle, sur les plans théologique et moral, ne réside pas dans l'emploi de procédés contraceptifs. « Il est naturel que l'homme utilise la science pour qu'elle lui soumette les dons de la nature. »