On pensait, voici deux ans, que les hologrammes ne pouvaient être faits qu'en une seule couleur et sous la forme de photographies inanimées. Depuis quelques mois, les hologrammes en couleurs sont apparus.

On travaille actuellement à résoudre les difficiles problèmes qui s'opposent à l'utilisation des hologrammes par le cinéma ou la télévision. On vient de parvenir, aux États-Unis comme en France, à restituer l'hologramme avec une lumière ordinaire.

Quelles seront les applications des hologrammes ? Il est encore trop tôt pour en décider. Mais l'ampleur des recherches menées dans ce domaine partout dans le monde prouve que ce qui était, voici deux ans, une curiosité de laboratoire sera sans doute bientôt un instrument nouveau, riche de possibilités.

Industrie de pointe dans trois ans

L'industrie américaine des lasers faisait jusqu'en 1965 un chiffre d'affaires relativement modeste : 100 millions de dollars. Les plus récentes études prévoient que ce chiffre sera multiplié par 10 très rapidement, pour atteindre à partir de 1970 un montant comparable à celui des grandes industries de pointe, comme l'électronique, l'atome, l'aviation et l'espace.

Les machines à lire

Les hologrammes aideront peut-être à résoudre, par exemple, le problème de la machine à lire. On a mis au point en 1966, aux États-Unis et en France, des dispositifs qui permettent de reconnaître à coup sûr l'hologramme d'une lettre de l'hologramme d'un signe ou d'un dessin.

Ces dispositifs utilisent la théorie élaborée en 1953 par le professeur André Maréchal, délégué général à la Recherche scientifique, sur le filtrage des séquences spatiales. Ce dispositif fonctionne comme le ferait un illettré cherchant à identifier telle ou telle lettre, dans un texte, en comparant le modèle de la lettre avec celles qu'il voit. L'utilisation des hologrammes et du rayon laser permet d'effectuer cette reconnaissance des formes automatiquement très vite et avec une très grande précision.

Les Américains envisagent l'application de ce principe pour déceler, sur des fragments de cellules vues au microscope, des anomalies sur les chromosomes, révélatrices de maladies ; ou pour repérer ainsi, mieux qu'au radar, les missiles ennemis ; voire pour déceler les formes de vie susceptibles d'exister sur la planète Mars.

Lasers et ordinateurs

Le professeur Loventhal, de l'Institut d'optique de Paris, a mis au point en 1966 une méthode originale qui permet d'éliminer les risques de confusion entre deux signes ayant des points communs, ce qui donne à la méthode une précision encore plus remarquable.

Les spécialistes des ordinateurs électroniques travaillent avec beaucoup d'enthousiasme sur ce problème, dans l'espoir d'aboutir à mettre au point une machine capable de lire un texte imprimé aussi facilement que celles qui existent aujourd'hui lisent les cartes perforées. Ce sera une ère nouvelle pour le calcul et la gestion par ordinateurs grâce aux lasers.

Télévision en couleurs : l'Europe entre le SECAM et le PAL

L'année 1966 a vu se poursuivre la bataille des systèmes de télévision en couleurs.

En avril 1965, le Comité international de la radio et de la télévision, le CCIR, organisme de l'UIT, l'Union internationale des télécommunications, s'était réuni à Vienne pour choisir un système de télévision en couleurs qui serait commun à toute l'Europe. Le procédé américain NSTC avait été pratiquement mis hors de course ; mais le SECAM n'avait pas pour autant triomphé, car un nouveau concurrent s'était affirmé : le système allemand PAL.

Les trois systèmes

Les programmes de télévision en couleurs doivent pouvoir être reçus en noir et blanc par les téléviseurs ordinaires. Inversement, les téléviseurs en couleurs doivent être capables de recevoir les émissions en noir et blanc. Pour obtenir cette double compatibilité, on sépare les signaux d'information correspondant au noir ou blanc, ou signaux de luminance, et les signaux qui définissent la teinte (bleu, vert, rouge), ou signaux de chrominance.

Dans la pratique, deux signaux de chrominance suffisent : on les compose de telle façon que la combinaison de chacun d'eux avec le signal de luminance produise le bleu et le rouge, et qu'en les rapprochant ensemble du signal de luminance on obtienne le vert. Les signaux de chrominance peuvent être transmis sur une bande passante étroite : on a recours à la modulation d'une onde sous-porteuse placée dans le haut du spectre de la luminance.