Le classique récent est inauguré par la poterie IK, dans laquelle on note une standardisation croissante et qui paraît décorée d'une façon de plus en plus conventionnelle.

Vers 650, avec la poterie Imix sont édifiées trois structures inhabituelles chez les Mayas : trois plates-formes avec escaliers latéraux. Elles montrent un procédé de construction seulement connu auparavant chez les civilisations non mayas du Mexique.

Il semble que les bâtisseurs de Tikal aient été influencés, dans ce cas, par la civilisation des Toltèques et de leur grand centre, Tula.

La plupart des grandes constructions actuellement visibles datent de ce classique récent et sont datées de 650 à 900, tel le fameux Temple I, pyramide à neuf terrasses, haute de près de 44 mètres, et édifiée vers 700.

De grands progrès dans la connaissance des procédés de construction ont été réalisés à la suite d'une entreprise exceptionnelle : le démontage d'un temple en très mauvais état. Il est apparu que les constructeurs mayas édifiaient d'abord assez grossièrement un noyau de pyramide d'au moins quatre étages, avec deux escaliers d'accès pour les travailleurs ; chaque étage étant fait de blocs quadrangulaires de remplissage et d'un mur de soutènement.

Au sommet de chacun d'eux, des lignes étaient gravées sur l'enduit du sol pour indiquer le plan de l'étage supérieur et guider les maçons. À la fin, un revêtement de maçonnerie venait recouvrir le tout, et la construction de l'escalier monumental, alors entreprise, permettait celle du temple à deux chambres au sommet.

42 édifices mystérieux

Autres structures étonnantes : les chaussées. Cinq chaussées pavées ont été découvertes, et les sondages permettent d'affirmer qu'il en existait d'autres. Elles étaient souvent bordées de parapets. La plus impressionnante s'étendait sur près de 1 km de long, avec une largeur de 68 m.

Enfin, les recherches ont porté sur les maisons d'habitation des Mayas. Tikal n'était pas seulement un centre cérémoniel ou administratif, mais une véritable cité.

Les maisons à toit de chaume, mais dont certaines avaient des murs de pierre, ne s'alignaient pas le long de rues. Elles se répartissaient comme elles le pouvaient entre les monuments, par groupes de cinq ou six autour d'une cour.

Chacun de ces groupes pouvait servir de résidence è ce que l'on appelle une famille étendue. On s'interroge sur la fonction des 42 édifices répartis autour des cinq cours de l'Acropole centrale, longue plate-forme de plus de 1,5 ha. Ce sont des édifices de pierre de un à trois étages. Ils pourraient avoir servi de résidence à plusieurs familles de l'élite de Tikal.

Une tombe datant d'environ 600, trouvée à 7 m sous la terrasse d'un temple, contenait les restes d'un homme d'assez grande taille.

Parmi les objets, quatre pièces de bois sculpté hautes de 45 cm environ, recouvertes d'un enduit gris-bleu et représentant le dieu maya de la pluie. Les statues étaient perforées à la base, comme si elles devaient être fixées sur un support et promenées dans des processions. Le bois étant complètement décomposé à l'intérieur, il a fallu percer la fine coquille externe avec une seringue hypodermique et injecter du plâtre à l'intérieur.

La dernière stèle gravée porte une date correspondant à l'an 869 de notre ère. C'est vers cette époque que l'on situe ce qui a été appelé « l'effondrement de la civilisation maya classique ». Un temple est resté inachevé. Quelque chose a dû se passer alors qui a bouleversé, anéanti en quelques dizaines d'années au maximum des comportements vieux de plus d'un millénaire. Mais nul ne peut en dire davantage.

Les restes de l'époque suivante, le postclassique, permettent seulement d'enregistrer la rupture. Ils montrent une population réduite, rassemblée dans la partie centrale du site, copiant ou réutilisant des œuvres antérieures. Puis la forêt l'emporte.

Questions sans réponse

Le recensement de 1950 a donné pour la région de Tikal une densité de 0,4 habitant par kilomètre carré. On a pu estimer qu'aux temps classiques des Mayas la densité était d'environ 80 par kilomètre carré. Une telle différence conduit à poser bien des questions sur les moyens de la civilisation maya et sur les causes de sa fin.