En cas d'absorption irrégulière, une grossesse peut survenir et être méconnue au début. L'embryon alors est lésé par la reprise du traitement. On peut aboutir à la naissance d'enfants aux organes génitaux mal formés.

Enfin, après un arrêt du traitement contraceptif oral, on enregistre l'effet rebond : les ovaires mis au repos produisent d'un coup plusieurs ovules en même temps, d'où le risque pour la femme de porter des jumeaux...

Pilule et contraception

Ces faits montrent le danger qu'il y a à vouloir identifier pilule et contraception, les inconvénients de l'une pouvant servir à condamner l'autre.

La contraception, en effet, s'appuie sur un ensemble de produits et d'appareils divers dont l'application est fonction de la psychologie et de la conformation des utilisateurs. L'erreur semble avoir été, pendant l'année qui vient de s'écouler, de rechercher une panacée.

Elle n'existe pas plus dans le domaine de la contraception que dans celui de la maladie.

Au milieu de 1966, on a commencé à parler et à prêter beaucoup d'intérêt au stérilet. Le stérilet est une structure hélicoïdale, généralement en matière plastique, qui, introduit dans l'utérus, apporte une perturbation dans le comportement physiologique de la muqueuse utérine, qui devient ainsi impropre à assurer la nidation de l'ovule fécondé.

Cet appareil est donc, en réalité, un abortif. Les experts de l'Organisation mondiale de la santé le considèrent comme efficace à 98 % et dépourvu de risques.

Des infections, cependant, ont été signalées. Une grossesse accidentelle, avec stérilet, ne va pas sans danger pour l'embryon qui se développe au contact d'un corps étranger.

Des recherches nouvelles

Les incertitudes qui demeurent dans le domaine de la contraception expliquent que les chercheurs continuent à expérimenter de nouveaux produits.

Actuellement, des travaux portent sur la pilule-retard, qui serait active durant une semaine, voire un mois ; sur la pilule prise après les rapports et qui en annulerait les conséquences ; sur l'injection antifécondante. Le professeur Behramn, de Michigan, a même mis au point un vaccin capable d'immuniser totalement la femme contre l'attaque du spermatozoïde, réplique au vaccin créé pour l'homme qui, d'ailleurs, demeure généralement hostile à tous systèmes visant à le stériliser, même provisoirement.

Aux États-Unis, cependant, on s'oriente donc vers une stérilisation mécanique déterminée par l'injection d'un gel de silicone dans le canal spermatique. Le gel se solidifiant forme un bouchon qu'il suffit d'expulser pour rétablir le cours normal de la semence.

Le rapport du Haut Comité

Dans les années à venir, l'ingéniosité des biologistes, des chimistes et des médecins mettra, sans doute, à la disposition des hommes et des femmes une gamme étendue de contraceptifs d'une innocuité probablement absolue. C'est dans cette perspective que la commission parlementaire, en se prononçant en faveur du projet de loi Neuwirth, a envisagé le remboursement des contraceptifs par la Sécurité sociale, la discrimination de leur emploi étant pratiquement impossible à établir.

Le projet de loi Neuwirth ne sera cependant pas voté tel qu'il a été conçu. Très vraisemblablement, il sera refondu avec le projet du Haut Comité consultatif de la population et de la famille, qui a été chargé par le gouvernement de faire connaître son avis sur le problème.

Le rapport de cet organisme a été publié sous le titre : La Régulation des naissances (La Documentation française). En fait, cette expression « régulation des naissances » est due à Pie XII, qui lui a donné un sens particulier restrictif et confessionnel. Elle ne saurait couvrir une application rationnelle de toutes les techniques contraceptives mécaniques, orales ou chirurgicales. Ce rapport contient les propositions suivantes abrogation de la législation actuelle en matière de contraception, son remplacement par un régime juridique nouveau orienté vers la promotion d'une réelle liberté des couples ; développement d'une attitude consciente et responsable de tous devant la natalité ; répression de l'avortement et intensification de l'effort consenti par la société en faveur de la famille et de l'enfance.