La situation intérieure a connu de profonds changements après la défaite de juin 1967. La position du Raïs, un moment compromise, parait s'être paradoxalement renforcée, quand il a décidé de rester au pouvoir à la demande du peuple égyptien. L'Assemblée lui vote les pleins pouvoirs le 10 juin ; le 19, Nasser écarte le Premier ministre Sidki Soliman et décide d'exercer lui-même le pouvoir exécutif. En outre, il se sépare de son vieux compagnon, le maréchal Amer, vice-président du conseil, et, par ailleurs, prend la tête du parti.

La défaite militaire avait encore aggravé la tension politique des mois précédents.

Les procès intentés aux Frères musulmans se succèdent. Les membres de cette organisation interdite, dont le but est l'avènement d'un Islam rénové, représentent une opposition à la tendance de plus en plus socialiste que prend l'Égypte. Sept Frères musulmans sont condamnés à la peine capitale le 22 août 1966, convaincus d'avoir comploté l'assassinat du Raïs et le renversement du régime. Trois sont exécutés ; le chef suprême de la confrérie est condamné à trois ans de prison. D'autres procès se déroulent en août et en septembre.

Difficultés économiques

Pour tenter de pallier les difficultés économiques, un nouveau cabinet est formé (septembre 1966). À sa tête, Sidki Soliman, qui aura pour tâche de réviser la planification, de réorganiser le secteur public, d'épurer l'Administration. Des mesures draconiennes sont décidées pour restaurer la balance des paiements extérieurs, gravement détériorée par suite du refus des États-Unis, au printemps 1966, de renouveler l'accord semestriel de livraison de surplus agricoles. La RAU doit désormais acheter aux prix mondiaux et en devises fortes le blé indispensable à une population dont l'accroissement reste le problème fondamental des dirigeants du Caire.

Ceux-ci se tournent vers Moscou. À l'issue de la visite au Caire d'Andrei Gromyko, ministre soviétique des Affaires étrangères, l'URSS accepte de fournir des céréales à la RAU et lui accorde un crédit important pour l'achèvement de l'aciérie d'Hélouan. Le président Nasser entreprend des négociations avec le Fonds monétaire international, après avoir proclamé que l'Égypte ne remboursera pas les prêts accordés par les pays occidentaux qui refuseraient l'octroi de nouveaux crédits. Cette singulière manière de procéder aboutit néanmoins ; en avril 1967, le FMI annonce qu'il aidera au rétablissement de la balance égyptienne des paiements et qu'il envisage d'accorder à la RAU un nouvel accord stand by.

Découverte de pétrole

Au moment où les difficultés économiques et financières menacent de compromettre son développement, le gaz naturel et surtout le pétrole jaillissent du sous-sol. Les recherches entreprises ou poursuivies dans le golfe de Suez et le désert occidental permettent d'escompter pour 1970 une production de pétrole de 30 millions de tonnes par an, ce qui ouvrira à la RAU le club des pays exportateurs de pétrole et lui procurera les devises indispensables a son économie.

Dix ans après la nationalisation du canal de Suez, les difficultés économiques restent le lot de l'Égypte, qui semble abandonner sa politique d'équilibre entre les États-Unis et l'Union soviétique pour incliner nettement vers cette dernière.

République centrafricaine

(60) : 1 202 910. 2. 2,2 %. Consomm. énergie : 20 kg e. c.
Transports. Parc autos (61) : 3 700 + 1 900.
Information. Journaux (62) : 1 quotidien ; tirage global : 400. Récepteurs radio : 25 000. Cinéma (61) : 4 salles, fréquentation (61) : 400 000. Postes téléphone : 2 144.
Santé (61). 37 médecins.
Éducation (63). Prim. : 106 354. Sec. et techn. : 4 310.
Institutions. État indépendant le 13 août 1960. République (1er décembre 1958). Président de la République et chef du gouvernement : colonel Jean-Bedel Bokassa, auteur du coup d'État du 1er janvier 1966 qui renverse le président David Dacko. Constitution de 1959 abrogée. Assemblée dissoute. Le gouvernement exerce l'ensemble des pouvoirs. Parti unique : Mouvement d'évolution sociale d'Afrique noire (MESAN).

République sud-africaine

(60) : 16 002 797. 14. 2,4 %. Consomm. énergie : 2 576 kg e. c.
Transports. Rail : 39 941 M t/km. Parc autos : 1 015 000 + 261 000. Mar. march. (*65) : 302 000 tjb. Aviat. civ. : 1 055 197 000 pass./km.
Information. Journaux (61) : 2 quotidiens ; tirage global : 912 000. Récepteurs radio (63) : 1 500 000. Postes téléphone : 1 133 331.
Santé (63). 4 968 médecins.
Éducation (60). Prim. : 2 632 442. Sec. et techn. : 112 731. Sup. : 51 948.
Institutions. État indépendant le 31 mai 1910. République proclamée le 31 mai 1961. Constitution de 1961. Président de la République Théophilius Ebenhaezer Dönges, élu le 28 février 1967. Premier ministre : Balthazar Johannes Vorster, succède le 13 septembre 1966 à Hendrick Verwoerd, assassiné (6 septembre).

Après l'assassinat de Verwoerd l'apartheid reste le fondement politique

L'assassinat, le 6 septembre 1966, du Dr Hendrik Frensch Verwoerd au Parlement du Cap par un Blanc, né au Mozambique d'un père grec et d'une métisse de Beira, pose un délicat problème de succession. Huit jours plus tard, le choix du parti nationaliste, unanime, se portait sur Balthazar John Vorster, ministre de la Justice depuis 1961. Ce choix apparaît comme le signe d'un durcissement de la politique sud-africaine, dont la pierre angulaire demeure l'apartheid (développement séparé de la race blanche et de la race noire).