Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

architecture (suite)

Maisons

Chez les Étrusques, à côté de la cabane circulaire ou oblongue, on trouve une maison dont le plan est un quadrilatère ordonné autour d’une pièce carrée où quatre poutres se croisent à angle droit, permettant de ménager une ouverture dans le toit (« compluvium ») au-dessus d’un bassin (« impluvium ») ; au fond s’ouvre une pièce que l’on pense de réception (ce sera plus tard le « tablinum ») ; l’entrée lui fait face de l’autre côté de l’atrium, sur lequel donnent des chambres.

La « domus » romaine dérive de la maison étrusque, mais avec un accroissement des dimensions du plan et du nombre des pièces. L’atrium, rectangulaire, dessert toutes les pièces ; à l’une de ses extrémités, le « vestibulum » fait suite à l’entrée et préserve l’intimité de la demeure ; à l’opposé se trouve le tablinum, pièce carrée fermée seulement par un rideau : c’est là que se tient le maître de la maison ; la galerie devant le tablinum se prolonge des deux côtés par les « alae », où l’on garde les portraits des ancêtres. Le « triclinium » (salle à manger) n’a pas de localisation précise. Enfin, autour de l’atrium se trouvent les « cubiculae » (chambres). Une élévation d’un étage, qui peut être loué, est fréquente.

La réception de l’influence hellénistique conduit parfois à une forme bipartite, par juxtaposition. Par exemple, à la maison de Pansa à Pompéi (ier s. av. J.-C.) [v. Campanie romaine], derrière une maison de type ancien, se trouvent une cour à péristyle et bassin, puis un jardin pourvu de portiques ; sur la cour donnent des « œci », des « exedrae », comme en Grèce, des chambres, des cuisines et parfois des bibliothèques et des galeries d’objets d’art. La recherche du confort se manifeste par les circulations d’eaux vives et usées, par l’existence de bains et d’un chauffage si le climat l’exige (en Gaule ou en Grande-Bretagne). Il y a donc à la fois une recherche d’ouverture de la maison traditionnelle sur l’extérieur et un goût du luxe, qui tendra à amplifier le programme.

Mais la décadence du type à atrium à partir du ier s. n’a pas abouti seulement au type hellénistique. Déjà à la fin de la République, il existait des maisons à plusieurs étages et à boutiques formant des îlots. Ces « insulae » furent nombreuses ; Rome, Pompéi, Paestum, Ostie en ont possédé, et on propose d’en voir à Vaison-la Romaine, etc. Leur caractère original était de grouper sous un seul toit, dans le plan vertical, des logements destinés à la location, assez souvent de qualité médiocre.

Les « villae », c’est-à-dire l’association d’une maison de maître et d’une exploitation agricole, vont de la « villa rustique » à la « villa urbaine ». L’implantation du logis sur une vaste cour où donnent aussi des bâtiments d’exploitation définit assez bien l’ensemble. La « villa des Mystères », à Pompéi, montre un logis entre cour et jardin, plan dont la descendance sera importante.


Édifices publics

Ils sont plus nombreux et diversifiés que chez les Grecs.

À la période impériale, des théâtres en pierre (succédant à des constructions en bois) sont édifiés dans tout l’Empire. Les modifications les plus importantes par rapport au théâtre grec sont l’élévation du mur de scène (36 m à Orange), muni d’un abat-son, le raccordement de ce mur à l’hémicycle (comportant une galerie supérieure à portique) et la construction en terrain plat, qui permet de multiplier les accès, mais oblige à contre-buter les masses. L’amphithéâtre n’est pas antérieur à 80 av. J.-C. et peut se définir comme deux théâtres accolés par leur diamètre. On en trouve partout en Italie, en Afrique et en Gaule. Le plus connu est le Colisée de Rome (ovale de 188 m sur 156 ; façade à quatre étages, haute de plus de 50 m). Les cirques remontent à une tradition ancienne ; immenses (Circus Maximus à Rome : 670 m sur 215 avec une arène de 590 m sur 60), ils servaient aux courses de chars, qui tournaient autour de la « spina » de l’arène ; les constructions en pierre étaient accrues d’échafaudages en bois.

La basilique* est un édifice civil, à la fois bourse de commerce, tribunal et promenoir. L’importance de ces édifices est double : d’abord intrinsèquement, en tant que vaste entreprise de l’architecture romaine, ensuite parce que ces basiliques furent facilement adaptées à un usage religieux à l’époque chrétienne. Très longtemps, les basiliques conservèrent les formes rectilinéaires de l’architecture grecque, avec des plates-bandes, puis des arcs surmontèrent les colonnes ; toutefois, la basilique de Constantin, à Rome, utilisera une construction en concrétion avec des contre-butements analogues à ceux des thermes.

Ceux-ci montrent à la fois le goût du luxe appliqué à un édifice public et la sûreté des techniques constructives romaines. On en connaît de nombreux exemples. À Rome, les thermes de Caracalla (206-217 apr. J.-C.) représentent un groupement complexe de bâtiments à l’intérieur d’une enceinte carrée de 330 m de côté. Un stade, des portiques, des bibliothèques accompagnaient le bâtiment principal, où se trouvaient les installations balnéaires, chauffées par hypocauste.

L’architecture hors de l’Occident

Les indications sommaires ci-dessous n’ont pour but que de permettre des rapprochements avec l’architecture occidentale. Pour plus de détails, on se référera aux articles Inde, Chine, Japon, Amérique précolombienne, islām, etc.

La civilisation, en Inde comme en Chine, remonte à des dates très anciennes (3000-2500 av. J.-C.), mais l’architecture ne nous est connue que par des exemples beaucoup plus récents.

En Inde, le « stupa », levée de terre hémisphérique entourée de clôtures, est un reliquaire (à partir du iiie s. av. J.-C.). Les temples furent d’abord en bois, puis creusés dans le roc, enfin réservés dans une excavation (Kārli, iie s. ; Kailāsa à Ellorā*, viie-viiie s.). La grande époque des temples construits s’étend du ve au xvie s. ; l’édifice tend à reproduire l’univers céleste d’après la conception de l’univers terrestre (tour-montagne sacrée, espace carré-terre, enceintes-montagnes, nappe d’eau-océan), tel le temple de Śiva à Mahābalipuram* (viie et viiie s., pyramide à gradins).