Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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Ontario (suite)

La région Niagara-Hamilton-Guelph-Kitchener est à peine moins importante (25 p. 100 de la production de la province contre 30 p. 100 à la région de Toronto) ; l’industrie y emploie 100 000 personnes. Les rives du Niagara et du canal Welland sont bordées d’usines ; citons le raffinage du nickel (Port Colborne), la papeterie (Thorold), la fabrication de l’acier (Welland), des pièces d’autos et de machines agricoles (Saint Catharines), l’industrie chimique (Niagara Falls). Hamilton est le siège principal de la sidérurgie primaire au Canada ; les usines de deux sociétés employant plus de 20 000 personnes y produisent fonte, acier et alliages avec le charbon des Appalaches et le minerai ou les concentrés du lac Supérieur et de Marmora ; 8 Mt passent par le port de Hamilton et 4 Mt par les ports du canal Welland (non compris le transit par la Voie maritime du Saint-Laurent). L’expansion industrielle entre Hamilton et le Niagara réduit sans cesse la superficie que cette région, au climat privilégié, consacre aux vergers et aux vignobles. Dans le district de Galt, de Guelph, de Kitchener et de Waterloo, les industries sont très diversifiées : industries dérivées de l’agriculture (production de viande, de beurre et de fromage ; travail du cuir) ; industries du bois (ameublement), fixées là lors du défrichement de la région ; textile et confection ; de plus en plus industries légères à haute technicité (électronique) ; enfin construction automobile (pièces).

En dehors de ces régions, on rencontre des centres ou des nébuleuses plus ou moins isolés. London et ses environs (20 000 emplois) ont des usines de construction automobile (Ford), de métallurgie différenciée, de produits alimentaires ainsi que des imprimeries et des maisons d’édition. La construction automobile, ancien monopole de Windsor, a essaimé dans toute la province ; aussi, ce district est-il en difficulté malgré de nouvelles industries, alimentaires surtout (environ 20 000 emplois). Au contraire, celui de Sarnia (10 000 emplois) est en plein essor : situé près de gisements de pétrole (épuisés aujourd’hui) et en un des points de passage des oléoducs et des gazoducs, il se consacre à la pétrochimie (éthylène, styrène, caoutchouc, engrais) ; c’est la « Vallée chimique » entre les lacs Huron et Saint-Clair.

Les centres industriels sont moins importants et plus espacés à l’est de Toronto. À part Ottawa-Hull (20 000 emplois), il s’agit de Cornwall (5 000 emplois ; pâte à papier et papier, textiles chimiques, travail de l’aluminium) et de Peterborough (7 000 emplois ; industries alimentaires, matériel électrique). Oshawa appartient déjà au grand Toronto.

Peu industrialisé, l’immense Nord compte uniquement des usines de concentration des minerais de nickel et de première fusion du cuivre dans le district de Sudbury, des usines de construction d’équipements de mines à Sudbury et à North Bay, et des fabriques de pâte à papier et de papier au nord et à l’ouest du lac Supérieur ainsi qu’à la tête des tributaires de la baie James. Deux centres industriels ont quelque importance : Sault-Sainte-Marie (fonte et acier ; pâte à papier et papier) et Thunder Bay, conurbation de Fort William et de Port Arthur (minoterie, raffinage du pétrole, construction automobile [autobus], fabrication de la pâte à papier et du papier).

L’Ontario se place au premier rang pour la production minière. Cette situation est due non seulement aux conditions de minéralisation propres au Bouclier, mais aussi aux efforts de la province dans le domaine de la prospection et des investissements. La production des métaux et des minéraux industriels s’élève à 1 622 millions de dollars (plus 9,5 pour le gaz et le pétrole). Le nickel (612 millions de dollars) et le cuivre (339) représentent près de 60 p. 100 de ce montant.

Il y a une liaison étroite entre l’expansion minière et le développement du réseau ferré : tantôt la construction d’une ligne a permis une découverte minière, tantôt l’exploitation d’une mine a justifié la pose d’une branch line. On découvre du cuivre à Sudbury en 1883, sur le tracé du Canadien Pacifique, et du nickel peu après. Près de la ligne de l’Ontario Northland, alors en construction, on découvre du cobalt, puis de l’argent à Cobalt (1903) ; la mise en exploitation de mines d’or à Larder Lake vers 1910 et à Porcupine en 1912 entraîne la construction de lignes qui permettent de prospecter de nouveaux gisements. À partir de points desservis par le rail, l’avion permet de prospecter, puis d’exploiter des régions jusqu’alors presque inaccessibles, comme le nord-ouest de la province.

Les principales régions minières actuelles sont celles de Sudbury (cuivre, nickel et platine, exploités par l’INCO [International Nickel Company of Canada] et la Falconbridge Nickel Mines Limited, sociétés d’importance mondiale), du Témiscamingue ontarien (argent, cobalt, cuivre, fer), de Kirkland Lake (or), de Porcupine (or, plus cuivre et zinc à Timmins ; amiante à Matheson), de Little Longlac et de Red Lake (or), de Manitouwadge (zinc, cuivre, argent, plomb) et de la côte du lac Supérieur (cuivre, zinc, fer). L’extraction de l’uranium à Elliot Lake fit de cette ville une boom town de 25 000 âmes en 1959 et une ville modèle à tous égards ; la suppression des achats américains aurait fait tomber la ville au rang de ghost town (ville fantôme) si trois mines n’y survivaient péniblement. La production de l’or est aussi en baisse : de nombreuses mines ferment par suite de la diminution de la teneur des minerais et du maintien jusqu’à une date récente du prix de l’or à 35 dollars l’once. La région sédimentaire du sud ne produit guère que du gypse et du sel (sel Windsor, extrait près de la ville du même nom).


L’agriculture

Quoique n’employant que 7 p. 100 de sa population active dans l’agriculture, l’Ontario arrive encore en tête, et de loin, pour la production agricole ; les ventes des denrées végétales et animales s’élèvent à 1 400 millions de dollars.