Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
O

Omeyyades (suite)

Les transformations effectuées par les ‘Abbāssides* et par leurs successeurs (y compris les croisés) rendent malaisée la reconstitution du plan d’origine de la mosquée d’al-Aqṣā de Jérusalem, fondation archaïque, mais véritablement architecturée au début du viiie s. par la mise en place de colonnes de marbre formant des nefs disposées perpendiculairement au mur du fond. Il en va de même à Ḥarrān (auj. en Turquie), où la mosquée a été commencée avant 750.


Les châteaux omeyyades

Découverts les uns après les autres et loin d’être entièrement étudiés, les châteaux arabes, plus ou moins ruinés (et relevant souvent de la fouille), confirment ce que les textes apprennent : le goût effréné des princes pour les plaisirs de toutes sortes et jusqu’aux plus sensuels. Par la richesse de leur décor, ils prouvent que la représentation des êtres humains n’était alors limitée en aucune façon : certains ont pu dire qu’ils y tenaient une place excessive. De conceptions très diverses, ces châteaux sont parfois de petits pavillons de chasse auxquels s’adjoint un bain, des villas groupées à l’intérieur d’une enceinte, des châteaux de plaisance avec ḥammām, mosquée et caravansérail ou encore de vastes résidences conçues pour recevoir toute la Cour. Extérieurement, ils ressemblent assez au castrum romain avec leur enceinte carrée fortifiée de murailles et de tours semi-rondes. Intérieurement, ils s’en éloignent beaucoup. La cour est souvent la partie centrale, autour de laquelle, avec ou sans symétrie et sur deux étages, s’organisent les bâtiments.

Les plus anciens châteaux semblent dater de 705, et les plus récents de 744. Ils s’éparpillent à travers la Jordanie (Mchattā, Qaṣr al-Ṭūba, Quṣayr ‘Amra, etc.), le Liban (‘Andjar, situé au centre d’une ville récemment découverte et qui semble bien omeyyade), la Syrie (Qaṣr al-Ḥayr al-Rharbī, Qaṣr al-Ḥayr al-Charqī, Djabal Sais, Ruṣāfa, etc.) et la Palestine (Khirbat al-Mafdjar Khirbat al-Minyā).


Peintures, sculptures, mosaïques

Plusieurs châteaux ont une valeur particulière par leur décor : Quṣayr ‘Amra, Mchattā, Khirbat al-Mafdjar, Ruṣāfa, les deux Qaṣr al-Ḥayr. Nul doute que d’autres livreront encore d’importants témoignages. Les œuvres y sont audacieuses, variées, d’une grande richesse. Tous les procédés alors connus s’y rencontrent, isolés ou concurremment : le travail de la pierre ou du stuc — en méplat, en relief, en ronde bosse —, la peinture, la mosaïque. Le non-figuratif n’y est pas négligeable, mais le cède en intérêt aux représentations des êtres animés.

Le prince occupe une place prépondérante : à Quṣayr ‘Amra, sa plus belle représentation est celle où il est peint entouré de prétoriens, assis sur un trône au bord de la mer avec des oiseaux en vol autour de lui. D’autres peintures montrent les rois vaincus et vassalisés, des scènes de chasse, des séances de musique, de danse et de gymnastique, des beigneurs, les signes du zodiaque et les constellations. Le nu n’y est pas ignoré. Le bestiaire est très varié et plein de verve. À Qaṣr al-Ḥayr al-Rharbī, deux grandes compositions à même le sol (qui atteignent 10,87 m et 12 m pour une largeur de plus de 4 m) décrivent la déesse syrienne Gaia, le buste découvert, entourée d’hippocampes et de figures animales — selon une inspiration très gréco-romaine —, ou encore un cavalier chassant, peint sous deux musiciens, qui dévoile une influence sassanide manifeste.

Les thèmes du prince debout et couronné, des bustes et des corps de femmes, des personnages assis ou couchés, des cavaliers monumentaux, des frises de figures masculines et féminines sont traités en stuc. Les corps des danseuses nues sont lourds, mais les visages sont expressifs. Khirbat al-Mafdjar offre toute une série de personnages dissimulés dans les vignes : vendangeurs, ours, chasseurs.

Les mosaïques ornent de dessins géométriques abondants les sols de la grande salle du bain et du dīwān de Khirbat al-Mafdjar. Une seule a un décor figuré, et c’est un chef-d’œuvre : elle représente des animaux de part et d’autre de l’arbre de vie.

Si le travail de la pierre est un peu moins fréquent, il offre ici (Mafdjar) une série de fragments de têtes au type oriental accusé, là (Mchattā) une des plus belles compositions, où se mêlent la faune et la flore : oiseaux, fauves affrontés autour d’un calice, etc. (musée de Berlin-Est).

Si, d’une manière générale, tous les éléments que nous rencontrons dans l’art omeyyade sont déjà connus, la façon dont ils sont utilisés est entièrement nouvelle. Ainsi, par le choix et par la juxtaposition d’éléments se constitue le premier art musulman.

Après la révolution ‘abbāsside, les Omeyyades se réfugièrent en Espagne*, où ils transportèrent toutes leurs traditions artistiques (Grande Mosquée de Cordoue*).

J.-P. R.

➙ Islām.

 A. Musil, Kuseir‘Amra (Vienne, 1907). / A.-J. Janssen et P. Savignac, Mission archéologique en Arabie, t. III : les Châteaux arabes de Qeseir‘Amra, Harâneh et Tûba (Geuthner, 1922). / K. A. C. Creswell, Early Muslim Architecture, t. I : Umayyads ad 622-750 (Oxford, 1932). / J. Sauvaget, la Mosquée omeyyade de Médine (Van Oest, 1948). / R. W. Hamilton, Khirbat al Mafjar (Oxford, 1959).

onde

Résultat physique de vibrations ou d’ébranlements périodiques locaux d’un milieu solide, liquide ou gazeux.



Généralités

Les paramètres d’une onde sinusoïdale pure sont :
— son amplitude A ;
— son amplitude crête à crête Acc ;
— sa période T ;
— sa longueur d’onde λ ;
— sa fréquence f, déterminée par le temps t séparant deux crêtes successives. On a et la vitesse v de propagation a pour valeur

L’unité de fréquence est le hertz (Hz). (On ne doit plus utiliser le cycle par seconde [c/s].)

On distingue les ondes matérielles ou acoustiques, qui comprennent les sons audibles (de 16 Hz à 16 kHz) et les bandes adjacentes, infrasons (< 16 Hz) et ultrasons (> 16 kHz), et les ondes électromagnétiques, qui couvrent un spectre très étalé.

Dans les télécommunications radioélectriques de tous types, les fréquences s’étagent entre 10 kHz et 30 GHz. Dans ce dernier domaine, qui constitue les hyperfréquences, on parle parfois d’ondes décamétriques, métriques, décimétriques..., submillimétriques, mais ces dénominations sont absolument incorrectes et ne doivent pas être utilisées.