Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
O

Ombellales (suite)

La tribu des Apioïdées renferme la majorité des genres de cette famille. C’est dans ce groupe que se placent les Ombellifères utiles, parmi lesquelles il faut citer la Carotte (Daucus, 100 espèces surtout méditerranéennes, 7 espèces spontanées en France) ; une espèce, Daucus carota, possède un très grand nombre de cultivars. Ce ne fut qu’à partir du xiiie s. qu’elle fut vraiment employée comme plante potagère ; les diverses variétés sont groupées suivant la longueur de leur racine tubérisée (courtes, demi-longues et longues) ; la culture la plus importante est celle des demi-longues, qui se fait surtout dans les régions de la Loire-Atlantique et du département de la Manche. L’Angélique (50 espèces), originaire de l’hémisphère Nord, mais répandue également en Nouvelle-Zélande (3 espèces en France), sert (tiges et pétioles) en confiserie principalement ; les racines sont également consommées crues ou cuites dans certains pays ; les fruits entrent dans la fabrication d’une liqueur stimulante (ratafia d’Angélique) ; ces plantes contiennent de nombreux tanins, essences et coumarines.

Le Fenouil (3 espèces dans la région méditerranéenne) est très cultivé en Italie ; c’est avec les Médicis qu’il fit son entrée en France comme légume (bases des pétioles charnus prenant un aspect globuleux, les « pommes »). Les extrémités des feuilles servent parfois de condiment. Dans les Apium (Céleri, 1 espèce en France), on distingue les variétés dites « à côtes » et les « céleris-raves », dont la sélection a porté sur la grosseur des racines ; ils sont cultivés depuis le xvie s. Cette plante, spontanée dans la région méditerranéenne, servait dans l’Antiquité comme plante funéraire chez les Grecs et les Romains. Une espèce du genre Pimpinella (200 espèces cosmopolites) vivant en Orient fournit l’anis vert qui sert dans la confection d’infusions, de liqueurs et de condiments. Le Persil, le Cerfeuil, le Cumin, le Coriandre sont des plantes de la région méditerranéenne qui sont très employées comme condiments, soit pour les feuilles (Persil, Cerfeuil, connus depuis la plus haute antiquité), soit pour les graines (Cumin, Coriandre).

Parmi les Ombellifères, certaines sécrètent des substances très toxiques, en particulier les Ciguës. La petite Ciguë, qui vit spontanément dans les jardins, peut être confondue avec le Persil ; aussi est-il recommandé de ne cueillir que les feuilles « frisées », qui correspondent à une variété de Persil ; ces deux espèces se distinguent aussi à cause de l’odeur désagréable des feuilles de petite Ciguë quand elles sont froissées, par ses fleurs blanches (vertes chez les Persils) et par ses taches brunâtres à la base des tiges. La grande Ciguë, plante de près de deux mètres de haut, contient des alcaloïdes très toxiques, et l’histoire rapporte que c’était le suc de cette plante qui servait à la peine capitale à Athènes dans l’Antiquité, probablement d’ailleurs mélangé à de l’opium (mort de Socrate). Beaucoup d’autres plantes seraient à citer, telles que les Chœrophyllum, les Scandix, ces derniers remarquables par la longueur du fruit de certaines espèces, les Buplèvres, dont quelques espèces sont à feuilles entières, l’une d’elles étant arbustive, les Œnanthes, plantes très souvent des marécages et vénéneuses, les Peucedanum, dont les restes fossiles sont connus depuis le Pliocène ; les Crithmum, plantes du bord de la mer, vivant principalement dans les fissures des rochers (Perce-Pierre) et dont la dissémination des graines peut se faire par l’eau de mer, les Heracleum (Berce), les Laserpitium, Thapsia, etc.

J.-M. T. et F. T.

Ombrie

En ital. Umbria, région d’Italie ; 8 456 km2 ; 773 000 hab.


L’Ombrie est formée des deux provinces de Pérouse et de Terni. C’est la seule région de l’Italie péninsulaire à ne pas avoir de façade maritime. Ensemble continental à 50 km de la mer Tyrrhénienne comme de la mer Adriatique, domaine de hautes terres et de bassins cloisonnés, elle n’a pas connu l’intensité des échanges caractérisant Gênes, Pise ou Venise. Par contre, elle a subi l’influence de Florence et surtout de Rome. Terre aux paysages harmonieux, rappelant saint François d’Assise et Raphaël, elle n’a pas une économie très florissante.

Le cadre physique est varié, mais ce n’est pas le climat qui introduit la variété. Celui-ci est assez doux, de type méditerranéen, avec des nuances dépendant de la hauteur des reliefs, qui sont de trois types. À l’est, sur 10 p. 100 de la superficie, s’étend l’Apennin, culminant ici au mont Vettore (2 478 m), essentiellement formé de blocs calcaires limités par des failles. En avant de ces reliefs, il y a un vaste ensemble de collines, au modelé souvent confus, même si quelques directions nord-sud, parallèles à l’Apennin, se discernent ; il occupe 70 p. 100 de la superficie. Au cœur de ces mêmes reliefs s’ouvrent de profondes dépressions, souvent sous forme de conques. Ces plaines intérieures, ainsi que les collines qui les frangent, sont les lieux de concentration des activités, malgré leur faible extension (20 p. 100 de la superficie). S’opposant aux collines de flysch, dont les pentes sont lacérées par l’érosion et dont les sols sont fragiles, elles offrent des terres fertiles et variées dérivant de formations lacustres plio-quaternaires. On trouve à l’est les conques de Gubbio, de Norcia, de Cascia et de Terni, à l’ouest celles du lac Trasimène (dont la superficie lacustre est de 128 km2) et du Val de Chiana. Mais c’est au centre que s’étendent les deux principaux bassins : le Val du Tibre (Valle del Tevere, étroit de Sansepolcro [Toscane] à Pérouse, s’élargissant ensuite) et la Valle Umbra, dessinant un demi-cercle de plaines, d’Assise à Spolète.

La population rassemblée dans la région n’est pas très dense (91 hab. au km2) et a tendance à diminuer. De 1961 à 1971, en dépit d’un accroissement naturel de 36 000 personnes, l’Ombrie a perdu plus de 22 000 habitants par suite de forts mouvements migratoires vers Rome, la Toscane et les centres industriels de l’Italie du Nord. Seules les villes voient augmenter leur population ; ailleurs, en particulier dans la montagne et les hautes collines, l’exode rural est continu. Cela est le reflet du faible dynamisme économique. En Ombrie, le revenu moyen par habitant est inférieur à la moyenne nationale. Les causes de cette situation sont diverses. Le maintien d’une agriculture peu productive, l’absence de capitaux locaux sont des faits importants, mais sans doute moins que la disposition du réseau de communications. En effet, l’Ombrie est bien traversée par la grande ligne ferroviaire qui va de Rome à la plaine du Pô, mais elle est en dehors des grandes liaisons routières nord-sud. L’agriculture régresse rapidement ; elle n’occupe plus que 20 p. 100 de la population active. La mise en valeur agricole se fait dans le cadre de petites exploitations très morcelées. La culture du blé, celle de la vigne et celle des oliviers sont les plus répandues. Les cultures maraîchères, les cultures industrielles (tabac, betterave à sucre) se sont développées, mais moins que dans d’autres régions. L’élevage ovin recule au profit de l’élevage bovin. L’industrie n’est pas à même de combler le retard ombrien. La région dispose de peu de richesses naturelles, à l’exception de gisements de lignite et de quelques sites hydrauliques. Parmi les industries manufacturières, le secteur métallurgie-mécanique arrive en tête grâce au centre de Terni, où sont produits des aciers spéciaux ainsi que des armes. Terni est également un foyer d’industries chimiques (Papigno). Les industries alimentaires et textiles sont davantage regroupées à Pérouse, où il existe une grosse entreprise de confiserie industrielle (la Perugina). La céramique est une activité ancienne, avec de forts développements à Gubbio et à Deruta. L’industrie du papier et celle de l’imprimerie sont présentes à Terni, à Spolète, à Foligno, à Città di Castello. Les activités tertiaires sont notables avec la fonction commerciale des villes desservant les zones rurales et surtout la fonction touristique. Sans avoir l’intensité de fréquentation de la Toscane, l’Ombrie voit son rôle touristique grandir (Pérouse, Orvieto et Assise).