Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
O

Ohio (suite)

Au sixième rang pour la population, l’Ohio occupe les toutes premières places dans le domaine industriel : la première pour l’extraction du calcaire destiné à l’agriculture et à la sidérurgie (4 Mt), la deuxième pour la construction mécanique (3,6 milliards de dollars de valeur ajoutée ; 200 000 emplois), la métallurgie primaire (2 milliards et 100 000 emplois pour le seul acier) et la métallurgie différenciée (2,5 milliards, 165 000 emplois), la troisième pour le matériel de transport (3 milliards de dollars et 190 000 emplois, dont 2,3 milliards et 133 000 emplois pour la construction automobile) et la production du coke métallurgique (9 Mt), la quatrième pour la construction électrique (2,5 milliards de dollars, 140 000 emplois) et la production d’électricité (98 TWh, plus de la moitié de la production française), la cinquième pour l’industrie chimique (1,3 milliard de dollars, 50 000 emplois) et l’extraction du charbon (50 Mt). Au total, une valeur de 27 milliards de dollars ajoutée par l’industrie et une production minérale de 724 millions de dollars placent l’Ohio au troisième rang, après le New York et la Californie.

Les gisements de houille sont situés sur le plateau appalachien et prolongent ceux des États charbonniers voisins. Le calcaire est extrait sous les dépôts glaciaires, et le sel près du lac Érié. L’Ohio produit aussi un peu de pétrole et de gaz. La sidérurgie primaire est localisée, d’une part, à l’est, près du bassin houiller, à Youngstown-Warren (dix-sept hauts fourneaux), à Canton et Massillon, à Steubenville et plus à l’ouest à Portsmouth, d’autre part au sud-ouest, près de Cincinnati, à Middletown et New Miami, enfin sur les rives du lac Érié, à Toledo, Lorain (cinq) et Cleveland (onze).

La majeure partie des industries de transformation sont rassemblées dans les grands foyers urbains (le taux d’urbanisation s’élève à 75 p. 100 de la population). Cleveland* (2 064 000 hab.) forme avec Akron la conurbation du Greater Cleveland (3 070 025 hab.). On y rencontre tous les types d’industries ; outre la sidérurgie de base (40 000 emplois), la métallurgie différenciée (tréfilerie, tuyaux, poutrelles ; 70 000 emplois), la construction mécanique (des machines de bureau aux machines-outils ; 70 000 emplois), celle du matériel de transport (moteurs et parties d’avion, coques d’autos ; 65 000 emplois), le caoutchouc (50 000 emplois, notamment dans les quatre usines de pneus d’Akron), la construction électrique (33 000 emplois), l’édition, les industries chimiques et alimentaires, la confection. Avec 5,5 milliards de valeur ajoutée, le Grand Cleveland est le sixième centre industriel des États-Unis.

L’aire métropolitaine de Cincinnati, débordant sur le Kentucky et l’Indiana, rassemble 1 385 000 habitants. La gamme de ses productions industrielles est très étendue : construction mécanique, matériel de transport, chimie, produits alimentaires (au total, 2,7 milliards de dollars de valeur ajoutée). Cincinnati est aussi une place de commerce importante (siège de Kroger, le cinquième grand de la vente par correspondance, avec 650 millions de dollars de chiffre d’affaires). Toutefois, après avoir été au milieu du xixe s. la plus grande ville et le principal nœud commercial à l’ouest des Appalaches, elle a vu son rôle contesté par le réseau des « villes centrales » (Indianapolis, Columbus, Dayton, Louisville), dont la croissance est plus rapide.

À Columbus (916 000 hab.), fonction administrative et industries s’équilibrent, tandis que Youngstown-Warren (536 000 hab.) et Canton (372 000 hab.) sont des villes quasi mono-industrielles (sidérurgie primaire ; 47,2 p. 100 et 48,1 p. 100 de leur population active respective sont employés dans l’industrie).

Dayton (850 000 hab.) fabrique surtout de l’équipement aéronautique, des machines-outils, de l’électroménager, des calculatrices enregistreuses. La principale industrie de Toledo (693 000 hab.) est aussi la construction mécanique.

Six des onze premiers ports américains des Grands Lacs jalonnent la façade de l’Ohio sur le lac Érié : Toledo (troisième ; 40 à 45 Mt) et Sandusky expédient le charbon et le coke du bassin appalachien ; Cleveland (cinquième rang ; 20 à 25 Mt), Lorain et Ashtabula reçoivent le minerai de fer destiné à la sidérurgie de l’Ohio et des États voisins ; Conneaut sert d’annexé au port souvent encombré de Cleveland.

P. B.

➙ Cleveland.

ohm

Unité de résistance électrique (symb. : Ω).


L’ohm est la résistance électrique qui existe entre deux points d’un fil conducteur lorsqu’une différence de potentiel de 1 volt, appliquée entre ces deux points, produit dans ce conducteur un courant de 1 ampère, ledit conducteur n’étant le siège d’aucune force électromotrice.

Compte tenu de la définition du volt, pour contrôler qu’un étalon de résistance a bien une valeur de 1 ohm, il faudrait mesurer la puissance dissipée, sous forme de chaleur, lorsqu’un courant électrique traverse cet étalon avec une intensité de 1 ampère contrôlée à la balance de courant et vérifier qu’elle est bien de 1 watt. Mais les lois de l’électromagnétisme permettent de concevoir deux autres procédés équivalents qui sont préférés par les grands laboratoires de métrologie, et qui consistent à réaliser soit un étalon d’inductance, soit un étalon de capacité électrique, dont la valeur est déterminée par la mesure de leurs dimensions ; on sait ensuite les comparer à un étalon de résistance au moyen d’un pont d’impédance alimenté par un courant alternatif de fréquence connue. L’étalon de résistance peut être conservé et servir de point de départ à un grand nombre de mesures électriques.

La mesure d’une capacité électrique par les dimensions et la position relative des électrodes est une mesure absolue, c’est-à-dire qu’elle ne s’appuie pas sur une autre capacité électrique préalablement connue. Le théorème d’électrostatique, découvert par les Australiens Arthur M. Thompson (né en 1917) et Douglas G. Lampard (né en 1927), publié en 1956, a ouvert la voie à une méthode expérimentale qui ne nécessite que la mesure de la longueur du déplacement rectiligne par translation d’une électrode, mesure à laquelle on peut conférer une haute exactitude, de l’ordre de 10–8, par l’utilisation des interférences d’un faisceau de lumière monochromatique se réfléchissant sur un miroir qui se déplace avec cette électrode mobile. Par exemple, un déplacement de 0,1 m fait défiler 2 × 165 076,373 franges de la radiation de définition du mètre se propageant dans le vide, et fait varier la capacité électrique de 0,175 576 23 unités électrostatiques C. G. S. Pour être convertie en farads, cette quantité doit être multipliée par 109 et divisée par le carré de la valeur numérique de la vitesse de la lumière c dans le vide exprimée en centimètres par seconde ; cette vitesse a pour valeur c = 2,997 924 58 × 1010 d’après les meilleures déterminations de c, dont l’inexactitude est estimée à environ 4 × 10–9 ; la variation de capacité est donc 0,195 354 904 pF par 0,1 m de déplacement. Cette méthode fut d’abord mise en œuvre en Australie, avec un condensateur formé de quatre barres métalliques cylindriques parallèles dont les axes, sur une section droite, sont disposés aux angles d’un carré. L’électrode mobile est constituée par une cinquième barre cylindrique dont l’axe est au centre du carré, qui peut être déplacée le long de son axe, et qui joue le rôle d’écran. La capacité à mesurer est le coefficient d’influence entre deux des premières barres diagonalement opposées. Le diamètre des barres et leur écartement sont indifférents, seule importe la perfection de la forme cylindrique et de leur disposition relative.

On passe de cette capacité mesurée à la capacité de condensateurs fixes de plus forte valeur, puis à l’impédance d’étalons de résistance de 10 000 ohms, enfin à la résistance d’étalons de 1 ohm.