Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
O

œstral (cycle) (suite)

Il est à noter que le cerveau, en particulier dans la région du rhinencéphale, ou cerveau primitif, est un grand régulateur des émotions. De surcroît, les régions génitales ont leurs représentation cérébrale au niveau de la zone pariétale ascendante du cerveau. Ainsi, tous les messages sensitifs sexuels gagnent cette zone, où ils peuvent devenir conscients. On comprend dès lors que chez la Femme le comportement sexuel instinctif soit très atténué par l’éducation. On comprend aussi que le cycle œstral puisse subir des modifications sensibles à partir d’afférences sensitives ou du moins que, s’il n’échappe jamais lui-même au jeu hormonal, la ponte ovocytaire, elle, puisse dépendre largement de l’influence des messages génitaux.


Cycle œstral et rythmes biologiques

On peut se poser la question de savoir à quoi correspond la durée du cycle œstral chez la Femme. Ce qui est certain, en tout cas, c’est qu’on a là un exemple d’horloge biologique. Son fonctionnement, nous l’avons vu, est hormonal. Il n’existe pratiquement pas de période de repos entre deux cycles. Le premier jour des règles correspond à la fois au premier jour du nouveau cycle et au dernier jour du cycle précédent. Il n’en va pas de même chez tous les Mammifères. On note parfois un arrêt à la fin du cycle, qui ne reprend alors qu’après quelques jours, parfois cinq à six mois (Chienne ou Brebis), voire une année (Chauve-Souris).

Le rythme biologique propre à l’animal (durée du cycle œstral) est lui-même soumis à une périodicité d’ordre extérieur à l’être vivant, à l’influence en particulier de la durée du jour par rapport à celle de la nuit. Chez le Furet, bien qu’il s’agisse d’un animal hibernant, un éclairage artificiel durant les mois de novembre et de décembre suffit pour provoquer les diverses manifestations d’une activité sexuelle. Privé d’hypophyse, ce même animal ne réagit pas à l’éclairage. Cette action montre bien les conséquences d’une excitation externe — ici visuelle — sur l’hypophyse. Car, en définitive, ce sont les sécrétions hypophysaires qui sont seules directement influencées par le milieu extérieur au point de cesser ou de reprendre en fonction des conditions de ce dernier.


Cycle œstral et contraception chez la Femme


Méthodes fondées sur la modification de la physiologie de la Femme durant le cycle

Il s’agit là de la méthode dite « des températures ». Comme nous l’avons vu, cette période cruciale qu’est l’ovulation est suivie d’une brusque augmentation de la température, traduisant une variation du métabolisme. Toutefois, cette variation est faible (quelques dixièmes de degré) et parfois difficilement détectable. L’ovulation est aussi parfois précédée de phénomènes congestifs des seins et des organes génitaux. Certaines Femmes vivent alors une petite crise de quelques heures à un ou deux jours, qui n’est pas sans rappeler la menstruation, d’autant qu’elle peut s’accompagner d’une faible hémorragie (quelques gouttes de sang). Sauf la température, ces symptômes, qui indiqueraient avec précision la date de l’ovulation, ne sont pas discernés dans neuf cas sur dix.


Méthode tenant compte du cycle ovarien (méthode Ogino)

Cette méthode, plus ou moins statistique, consiste à prévoir la date de l’ovulation sur l’étude des douze cycles précédents. C’est, bien sûr, vouloir ramener l’ovulation à un simple phénomène hormonal, hors de tout contexte.


La contraception chimique

On sait depuis longtemps que l’administration par voie orale de progestérone ou d’œstrogène (dont, notamment, la folliculine) empêche, chez la Femme, l’ovulation. En effet, la présence de ces substances dans l’organisme bloque la sécrétion des stimulines hypophysaires (folliculo-stimuline et hormone lutéinisante) suivant un processus que nous avons expliqué ci-dessus. Mais cette administration était fort mal supportée par les Femmes. Jusqu’au jour où le biologiste américain Gregory Goodwin Pincus (1955) établit que l’association à la progestérone de faibles doses de folliculine suffisait à supprimer les malaises. La « pilule » était née. Constituée donc de progestatifs et d’œstrogènes de synthèse, sa composition varie suivant les laboratoires. Elle doit être prise tous les soirs du 5e au 22e jour du cycle. L’interruption, durant une semaine, de l’administration permet le déroulement des règles (privation hormonale), donc le début d’un nouveau cycle.

Toutes les autres méthodes contraceptives consistent soit à empêcher la rencontre des gamètes, soit à gêner la nidation de l’œuf.


L’âge et le cycle ovarien

Le premier cycle œstral débute avec la puberté chez l’animal comme chez la Femme, qui deviennent alors sexuellement adultes. Il débute avec l’apparition de caractères sexuels secondaires, l’un et les autres étant sous la dépendance du jeu hormonal hypophyso-ovarien. On ignore sous quelle influence se produit la sécrétion qui déclenche la puberté. Chez la jeune fille, pendant quelque temps, on voit fréquemment se dérouler des cycles sans corps jaune et sans ovulation, le follicule dégénérant avant d’éclater. Néanmoins, les règles se produisent.

Le fonctionnement ovarien cesse aux environs de quarante-cinq à cinquante-cinq ans. C’est la ménopause*. On serait tenté d’attribuer cet arrêt à une baisse de la sécrétion des stimulines hypophysaires. Il n’en est rien. En effet, après que le cycle ovarien a cessé, on constate même un accroissement du taux des gonadostimulines dans le sang, ce qui s’explique par l’arrêt des sécrétions ovariennes (plus de feed-back). Ainsi, il semble plus plausible de penser que l’ovaire, à un moment donné, cesse d’être sensible aux hormones hypophysaires. Pourtant, si l’on greffe un ovaire de vieille Chienne sur une jeune Chienne, on constate qu’ovulation et fécondation peuvent avoir lieu.

Quoi qu’il en soit, l’arrêt du fonctionnement ovarien n’est jamais brutal ; il apparaît d’abord plus souvent des cycles sans ovulation et néanmoins avec règles, ce qui explique que l’infécondité puisse précéder la ménopause.

L’arrêt des sécrétions ovariennes n’a, en général, que peu de conséquences sur les autres caractères sexuels secondaires de la Femme. Le plus grand danger (virilisation) semble venir des glandes surrénales, qui sécrètent toujours, à faible dose, des hormones androgènes.

J. Ph.

➙ Contraception / Femelle / Gamète / Hormone / Hypophyse / Ménopause / Menstruation / Reproduction / Sexe / Sexualisation.