Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
O

œstral (cycle)

Ensemble des modifications, orchestrées par l’hypophyse, qui touchent l’ovaire, les voies génitales et l’ensemble de la morphologie et du comportement de la femelle des Mammifères, modifications préparant la fécondation et la gestation. La durée du cycle œstral est de quatre à cinq jours chez le Rat et la Souris, de quinze chez le Cobaye, de vingt chez la Vache, de vingt-sept chez le Macaque, de vingt-huit chez la Femme.



Cycle œstral, ovogenèse et cycle ovarien

À la naissance, dans le cas de l’espèce humaine, les ovocytes I, issues des ovogomies, sont, chacun, enfermés dans la série d’enveloppes cellulaires que constitue un follicule. Beaucoup de ces follicules vont dégénérer (atrésie folliculaire), tandis que certains vont croître à partir de la puberté et se transformer en follicules de De Graaf (15 mm chez la Femme). C’est la maturation de ces follicules, la ponte ovocytaire qui suit et la transformation en corps jaune d’une partie des assises folliculaires qui constituent l’essentiel du cycle œstral, dit aussi « cycle ovarien ». Celui-ci débute par la phase folliculaire, qui dure environ quatorze jours chez la Femme. On assiste tout d’abord à la prolifération de la granulosa de chaque follicule ; celle-ci se délamine, et il en résulte une cavité, l’antrum, qui contient la folliculine (œstrogène), hormone probablement sécrétée par la thèque interne du follicule. On peut voir alors l’ovocyte I faire saillie à l’intérieur de l’antrum, entouré de cellules de la granulosa constituant le cumulus oophorus. L’assise la plus interne de ces cellules forme la corona radiata. Le follicule va alors déformer la paroi de l’ovaire, au point d’apparaître nettement à sa surface. Les parois du follicule s’amincissent et se rompent, la base du cumulus oophorus se lyse, la paroi de l’ovaire éclate et l’ovocyte est libéré au niveau du pavillon (partie supérieure de l’oviducte). C’est la deuxième phase du cycle ovarien, ou ovulation. Au moment où elle se produit, l’ovocyte I à 2n chromosomes (diploïde) subit la mitose réductionnelle de la méiose et se transforme en ovocyte II à n chromosomes (haploïde) en expulsant le premier globule polaire. Cet ovocyte II, lui-même, commence à se diviser (mitose équationnelle de la méiose), mais reste bloqué en métaphase, l’émission du deuxième globule polaire et la transformation en ovotide, puis en ovule ne se produisant qu’après la fécondation, si elle a lieu.

L’ovocyte pondu, on va assister, au niveau de l’ovaire, à l’évolution d’une partie du follicule en corps jaune. C’est la troisième phase du cycle ovarien, ou phase lutéinique (lat. luteus, jaune). Ce sont, semble-t-il, essentiellement les cellules de la thèque interne et aussi celles de la granulosa qui prolifèrent et vont donner un massif de cellules contenant le pigment jaune (lutéine) qui donne au corps jaune sa couleur. Les cellules du corps jaune sécrètent une hormone, la progestérone. Le corps jaune persiste, s’il y a eu fécondation, pendant toute la gestation. Dans le cas contraire, il dégénère. Cette dégénérescence se produit au bout de quatorze jours chez la Femme.

On constate alors qu’un ou plusieurs follicules vont de nouveau venir à maturité. On peut ainsi parler de cycle ovarien, les phénomènes se reproduisant cycliquement (tous les vingt-huit jours chez la Femme).


Cycle œstral et jeu hormonal


Cycle sans fécondation

Le cycle ovarien est la conséquence d’un autre cycle, le cycle hypophysaire. Le lobe antérieur de l’hypophyse intervient, par certaines des stimulines qu’il sécrète, sur le comportement ovarien, qu’il contrôle de ce fait.

C’est ainsi que la gonadostimuline A, ou hormone folliculo-stimulante (FSH), permet la maturation du follicule de De Graaf et la sécrétion par l’ovaire d’hormones femelles, dont la folliculine (œstrogène). C’est donc la FSH qui provoque le déclenchement du cycle ovarien et, en grande partie, le déroulement de sa première phase, la phase folliculaire.

Toutefois, pendant cette phase folliculaire, on constate l’augmentation progressive du taux d’une autre hormone antéhypophysaire, la gonadostimuline B ou hormone lutéinisante (LH). La conjonction de FSH et d’un taux convenable de LH provoque la ponte ovulaire, deuxième phase du cycle ovarien. L’influence de LH continue à se manifester, puisque c’est elle qui induit la prolifération du corps jaune. LH est donc inductrice, pour partie, de la phase lutéinique. Elle partage cette fonction avec une troisième hormone antéhypophysaire, l’hormone lutéotrope (LTH). Cette dernière va déclencher la sécrétion, par le corps jaune, de la progestérone.

Si l’hypophyse a une action sur l’ovaire, les hormones ovariennes agissent en retour sur les sécrétions hypophysaires (feed-back). C’est ainsi que la présence dans le sang d’une quantité de plus en plus grande de folliculine freine la sécrétion de folliculo-stimuline. Il s’établit donc, dans la réalité, un équilibre hormonal hypophyso-ovarien. À la fin du cycle ovarien, on assiste à une chute simultanée de la sécrétion de folliculine et de progestérone. Cette chute est à l’origine de la mise en route d’un nouveau cycle hypophysaire chez la Femme, lorsqu’il n’y a pas eu fécondation : la reprise (après le 28e jour) de la sécrétion de FSH provoque à son tour un nouveau cycle ovarien.


Cycle œstral, fécondation et gestation

Le cycle œstral prépare et la fécondation (ponte ovocytaire) et la gestation, en particulier par les transformations subies par la muqueuse utérine. Que devient alors le cycle œstral lorsqu’il y a eu fécondation ? Tout d’abord, on constate que le corps jaune persiste jusqu’à la fin de la grossesse. Pourtant, l’ovaire ne joue pas un rôle essentiel dans le maintien de la gestation. Son ablation, en effet, n’entraîne aucun trouble, ni pour la mère ni pour le fœtus.

Cela tient à ce que le placenta, organe qui unit le jeune à sa mère, est une glande hormonale très importante, qui sécrète œstrogènes et hormones progestatives.