Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
O

œsophage (suite)

Constitution

La paroi œsophagienne est composée de trois couches tissulaires : la muqueuse, la sous-muqueuse et la musculeuse.

La muqueuse est épaisse, pâle, disposée en plis longitudinaux, s’effaçant à la distension. Elle est revêtue d’un épithélium pavimenteux stratifié.

La sous-muqueuse est un tissu conjonctif lâche contenant des vaisseaux, des filets nerveux, des glandes muqueuses mixtes.

La musculeuse comprend deux couches très épaisses de fibres musculaires : interne à fibres circulaires, externe à fibres longitudinales.


Déglutition

L’œsophage intervient à la troisième phase de la déglutition après la phase volontaire évacuant le bol alimentaire vers le pharynx par suite de la contraction des muscles de la langue, et après la phase involontaire, réflexe, qui transite le bol alimentaire à travers le pharynx par contraction des muscles pharyngés.

La phase œsophagienne comprend :
— des ondes primaires ininterrompues qui, parcourant l’œsophage, sont d’amplitude progressivement décroissante ;
— des contradictions secondaires, à partir du croisement aortique ;
— des contractions tertiaires, irrégulières, basses et brèves qui sont attribuées à l’action du plexus nerveux.


Lésions traumatiques de l’œsophage


Brûlures

Elles sont consécutives à la déglutition accidentelle ou dans un but de suicide d’un liquide caustique (acide, lessive, etc.).

La brûlure peut être étendue à toute la hauteur de l’œsophage. La nécrose de la muqueuse amène son élimination sous forme de lambeaux ou même d’un véritable moule tubulé dont la chute laisse à découvert des ulcérations. Au maximum, toutes les tuniques sont atteintes et une perforation survient.

Dans les cas favorables, une cicatrisation succède au bourgeonnement hémorragique, vers la quatrième semaine.

Une évolution mortelle peut être observée. Elle est due au choc, à la médiastinite ou à l’asphyxie lorsque la brûlure s’étend aux larynx, à la trachée, aux bronches.

Dans les cas moins graves, le sujet a beaucoup de peine à déglutir (l’alimentation est pratiquement impossible pendant trois à quatre semaines), des hémorragies se produisent et l’état général s’altère.

Lorsque la guérison paraît cliniquement obtenue, l’évolution se fait vers un rétrécissement cicatriciel dont les signes n’apparaîtront que plus tard.

• Traitement. Au début, il consiste à neutraliser le produit ingéré. Il faut, s’il s’agit d’une base caustique, ingérer de l’eau vinaigrée ou du jus de citron ; s’il s’agit d’un acide, avaler de l’eau bicarbonatée ou de l’eau de chaux. Le lavage d’estomac n’est indiqué que dans la première demi-heure.

En même temps, il faut combattre le choc et calmer la douleur. L’hospitalisation en milieu chirurgical est impérieuse.

Le rétrécissement cicatriciel peut dans une certaine mesure être prévenu par des dilatations de la lumière œsophagienne à l’aide de bougies molles.


Rétrécissement cicatriciel

C’est l’aboutissement de la brûlure de l’œsophage. Le rétrécissement irrégulier, devenu indilatable, peut être localisé à une de ses portions (le plus souvent croisement aortique et bronchique ou région sus-diaphragmatique), ou bien il peut être étendu à la plus grande partie de l’œsophage. La portion sus-aortique est cependant habituellement respectée et utilisable.

Chez l’enfant, la nutrition et le développement sont empêchés. Les maladies infectieuses, pulmonaires, la tuberculose viennent souvent aggraver l’état général.

Le traitement chirurgical est le seul valable lorsque ont échoué les séances de dilatation. On peut faire soit une dérivation excluant la zone sténosée, soit une plastie de l’œsophage.


Corps étrangers

Ils s’observent surtout chez l’enfant ou le nourrisson : ce sont alors des pièces de monnaie, des boutons, des billes, des épingles dites « de sûreté ». Chez l’adulte, il s’agit de corps alimentaires (os, arête, noyau), de pièce de prothèse dentaire. Chez le malade mental, on observe des corps tels que des clous, des fragments métalliques qui sont avalés dans un but de suicide.

Le siège d’arrêt dépend du volume et de la forme du corps étranger dégluti. Les fragments d’os, les épingles peuvent se fixer en un point quelconque de la paroi de l’œsophage.

En règle générale, tout corps étranger arrêté dans la lumière œsophagienne a tendance à s’y fixer sous l’influence du spasme et de l’œdème de la muqueuse que sa présence détermine.

Des perforations de la plèvre, du poumon, d’un vaisseau peuvent être observées. Des lésions septiques allant de l’abcès de la muqueuse à la médiastinite sont le fait de corps acérés et septiques : os, arête, appareil dentaire.

L’accident aigu de pénétration (vomissements, asphyxie par compression trachéale ou laryngée) ne se voit qu’avec les corps étrangers volumineux haut situés.

• Traitement. La plupart des corps étrangers de l’œsophage peuvent être enlevés sous contrôle d’une œsophagoscopie, mais une grande prudence doit être observée, car les plaies de l’œsophage ne sont pas exceptionnelles.

La chirurgie n’est nécessaire que dans certains cas : les corps étrangers haut situés, enclavés doivent être enlevés par ouverture de l’œsophage cervical. Ceux qui sont bloqués au-dessus du diaphragme ou de l’aorte doivent être extraits par ouverture de l’œsophage thoracique.


Perforations

Ce sont des plaies de dedans en dehors de l’œsophage. Toujours septiques, elles entraînent de la médiastinite. Elles peuvent être consécutives à la déglutition d’un corps étranger, compliquer une brûlure grave par ingestion de caustique, plus rarement un diverticule, exceptionnellement un ulcère. Elles sont parfois dues à l’introduction d’un œsophagoscope, d’un gastroscope ou à une tentative d’ablation de corps étranger.