Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
N

Nyerere (Julius) (suite)

Neutraliste, il fait appel aux troupes britanniques contre les mutineries de Dar es-Salaam, consécutives aux troubles de Zanzibar en 1964, puis négocie avec le chef de la République populaire proclamée à Zanzibar en janvier 1964, Abeid Amani Karume, la formation de l’État fédéral de Tanzanie*, qui survit à l’assassinat de Karume en 1972. Très écouté à l’Organisation de l’unité africaine (O. U. A.), il y plaide pour une action contre la Rhodésie, après sa déclaration unilatérale d’indépendance (1964), et accepte des crédits chinois pour le Tanzam, voie ferrée qui unira la Tanzanie à la Zambie, libérant celle-ci de sa dépendance des chemins de fer rhodésiens. La déclaration d’Arusha proclame en 1967 un socialisme africain, l’Ujamaa, fondé sur les traditions communautaires des collectivités villageoises. Cela conduit à la nationalisation des terres et des grandes entreprises étrangères (banques, assurances, plantations) et au développement de coopératives rurales. Panafricaniste, neutraliste et socialiste, Nyerere est l’un des chefs les plus influents de l’Afrique noire décolonisée.

H. B.

➙ Tanganyika.

 R. Segal, African Profiles (Harmondsworth, 1962). / J. Listowel, The Making of Tanganyika (Londres, 1965).