Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
N

Nuremberg (suite)

En plaine, la ville est traversée de part en part par la Pegnitz, parsemée de petites îles, qui la coupe en deux parties, le côté de Sankt Lorenz et le côté de Sankt Sebaldus, du nom des deux églises principales, devenues évangéliques lors de la Réforme et qui ont reçu les œuvres d’art essentielles créées par les grands sculpteurs actifs à Nuremberg au xve et au xvie s. : Adam Krafft, le tailleur de pierre (v. 1460 - v. 1508-09), Veit Stoss (Wit Stwosz*), le sculpteur sur bois, et Peter Vischer*, le fondeur.

Du côté de Sankt Sebaldus, cette église même, de la seconde moitié du xiiie s. (chœur du xve), contient la célèbre châsse de bronze de son saint patron, ouvrage de Peter Vischer et de ses fils, ceux-ci ayant apporté d’Italie un souffle nouveau qui se manifeste dans les bas-reliefs et surtout dans les nombreuses statuettes du tombeau. L’église est riche aussi en armoiries funéraires (Totenschilde) des grandes familles nurembergeoises. Sur la place du Marché voisine (Hauptmarkt), où se tient le célèbre Marché de Noël (Christkindlesmarkt), se dresse la « Belle Fontaine », entièrement refaite. En allant vers le Burg, on rencontre, restaurée, la maison en colombage d’Albrecht Dürer*. Bien que Nuremberg ne conserve de sa main aucune œuvre capitale, ce dernier n’en demeure pas moins le génie tutélaire de sa ville natale. Non loin de Sankt Sebaldus a subsisté l’auberge folklorique de la Bratwurstglöcklein (« clochette de la saucisse frite »). Puis c’est l’église d’un gothique fleuri de Notre-Dame (Liebfrauenkirche), commencée en 1361 et qui abrite le triptyque Tucher, un des meilleurs retables peints nurembergeois (xve s.). Tout près, l’hôtel de ville n’a conservé de sa construction primitive que sa grande salle, qui abrita longtemps les célèbres Apôtres de Dürer ; il porte le caractère de ses rénovations successives, celle du xviie s. surtout, sans parler des restaurations consécutives à l’incendie de 1945. Ce quartier nord possède aussi l’église Saint-Gilles (Egidienkirche), une des plus anciennes, mais totalement rénovée au xviie s. Sur le cours même de la Pegnitz, l’hôpital du Saint-Esprit (Heilig-Geist-Spital) a pour annexe l’église du même nom, où se fit jusqu’au milieu du xvie s. l’ostension des insignes de l’Empire.

Quant au quartier situé au sud de la Pegnitz, il s’ordonne autour de l’église Sankt Lorenz, commencée peu après Sankt Sebaldus, mais agrandie à deux reprises. Elle a reçu au xve s. un chœur polygonal garni de vitraux, qui abrite le grand tabernacle pyramidal d’Adam Krafft, dentelle de pierre supportée par des figures à genoux qui seraient celles du maître et de deux aides ; suspendue aux voûtes, la Salutation angélique de Veit Stoss, dont les draperies semblent emportées par une sorte de tempête.

Très tôt, dès le xve s., Nuremberg avait bénéficié d’un urbanisme fort avancé pour l’époque, et ses rues sont loin d’être tortueuses. Son architecture profane, d’abord à colombage, devient une architecture de pierre que distinguent des façades nues sur lesquelles font saillie des bretèches (Chörlein) finement décorées, des cours à balustrades pittoresques ; ce type d’édifice subsistera en plein xviie s., par exemple à la maison Fembo.

Toute la civilisation, toute la culture de Nuremberg et de l’Allemagne se trouvent résumées dans le vaste Musée national germanique (Germanisches National-Museum), fondé en 1852 dans une ancienne chartreuse au sud de la ville. Après les effroyables destructions de la Seconde Guerre mondiale, qui semblaient irrémédiables, l’un des premiers soucis des restaurateurs fut de rouvrir le Musée germanique. « Nuremberg, lit-on dans l’ouvrage édité à cette occasion, a été élevé par le romantisme au rang de la plus allemande des villes allemandes. »

La ville ancienne n’était sortie de sa ceinture de remparts que pour créer un accès à ses deux cimetières, notamment au Sankt-Johannis-Friedhof, où se trouvent les tombeaux de bronze d’Albrecht Dürer et de son ami, l’humaniste Willibald Pirkheimer, qui fut un des introducteurs de la Réforme à Nuremberg. Par la suite, le développement de l’agglomération a occasionné l’aménagement de promenades et la construction d’un immense stade qui servit de cadre aux célébrations du IIIe Reich.

P. D. C.

nutrition

Ensemble des phénomènes et des moyens biologiques assurant l’existence et les activités fonctionnelles des êtres vivants par l’utilisation des ressources de leur environnement.



Introduction

Alors que chez l’unicellulaire l’échange est direct avec l’environnement, chez le pluricellulaire, aux organes différenciés, la nutrition comporte le transfert intérieur des nutriments au service de chaque cellule de l’organisme : la phase « alimentation » se poursuit par les phases fonctionnelles, digestion, absorption et circulation, permettant l’utilisation et l’assimilation cellulaires des nutriments. La respiration est la fonction nutritionnelle à fin énergétique, singulièrement importante, consacrée à l’utilisation de l’élément oxygène par la cellule. Quant à l’excrétion, elle assure l’élimination des nutriments non assimilés et celle des produits du catabolisme, non réutilisables, éventuellement toxiques.

Schématiquement, l’utilisation cellulaire des nutriments comporte deux fonctions, structurale et énergétique, assumées par le métabolisme. En fait, cette distinction commode est seulement conceptuelle, car un nutriment donné relève généralement de ces deux utilisations. La diversité des aptitudes de chaque espèce à synthétiser et à utiliser certains composés indispensables à son fonctionnement et l’évolution des besoins selon la phase du développement de l’organisme rendent le champ de la nutrition extrêmement étendu et complexe dans le détail.

Pour simplifier, on distinguera cependant la nutrition minérale et la nutrition organique (C, H, N, O). Les animaux, ainsi que les végétaux parasites et saprophytes, exigent des aliments organiques préformés et sont hétérotrophes. Au contraire, les végétaux capables d’utiliser l’énergie solaire ou l’énergie chimique de certains composés minéraux synthétisent leurs constituants organiques à partir des éléments minéraux et sont autotrophes. Pour leur nutrition organique, les animaux dépendent donc strictement des végétaux.