Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
N

numismatique (suite)

De Louis XIII à nos jours

C’est seulement à partir de la dernière partie du règne de Louis XIII, vers 1640, que se développe, sous l’influence de Jean Varin (1604-1672) et avec l’appui de Richelieu, la technique de la frappe au balancier, dite « frappe au moulin », invention des orfèvres de Nuremberg dont l’application avait toujours été rejetée par les monétaires français. Se substituant à la frappe au marteau, cette technique permet d’émettre des monnaies beaucoup plus lourdes. Ce sont pour l’or les louis, doubles et quadruples, puis les écus d’argent, tout un nouveau système monétaire qui durera jusqu’à la Révolution.

La Convention nationale définit une nouvelle unité monétaire, le franc* (nom d’une monnaie d’or du xive s.), qui, avec ses divisions, se substitue à l’ancienne hiérarchie livre-sou-denier (la livre n’ayant jamais été qu’une unité de compte, non une monnaie). Les premières pièces frappées sont celles de 5 F en argent, qui ont pour type Hercule entre la Liberté et l’Égalité. La loi du 17 germinal an XI (7 avr. 1803) ordonne la fabrication des monnaies d’or de 20 F au titre de 9/10 et à la « taille » de 155 pièces au kilogramme d’or fin.

Ce système sera en usage tout au long du xixe s. Le rapport de l’or à l’argent est d’environ 1 à 15,5 ; circulent des pièces de 40 et 20 F en or, de 5, 2, 1, 0,5 F en argent, puis sont frappées des monnaies de bronze de 10, 5, 2 et 1 centime.

Les dernières monnaies d’or françaises, ordonnées par la loi du 25 juin 1928, sont des pièces de 100 F ; frappées en 1935 et 1936, elles ne furent jamais mises en circulation. L’utilisation de la monnaie de papier et des autres moyens de paiement diminue progressivement l’usage de la pièce métallique, réservée de plus en plus aux coupures mineures.

E. B.

➙ Franc / Médaille / Monnaie / Sigillographie.

 E. Babelon, Traité des monnaies grecques et romaines (Leroux, 1901-1933 ; 10 vol.). / A. Blanchet et A. Dieudonné, Manuel de numismatique française (Picard, 1912-1936 ; 4 vol.). / J. Babelon, le Portrait de l’Antiquité d’après les monnaies (Payot, 1950) ; les Monnaies racontent l’histoire (Fayard, 1963). / P. Grierson, Coins and Medals ; a Select Bibliography (Londres, 1954). / J. Mazard, Histoire monétaire et numismatique contemporaine, t. I : 1790-1848 (F. Bourgey, 1965). / J. F. Cartier et G. Schön, Encyclopédie des monnaies du xxe s. (Office du livre, Fribourg, 1972).

Nummulites

Foraminifères marins benthiques à test calcaire finement perforé, de taille grande ou très grande. La forme est lenticulaire, plus ou moins épaisse.


Les Nummulites caractérisent presque exclusivement le Tertiaire inférieur.


Structure de la coquille

La coquille des Nummulites résulte de l’enroulement spiral, autour d’un axe et dans un plan constant, d’une lame pliée en forme d’ogive. Cette lame forme la paroi de la coquille et délimite entre ses tours successifs un espace vide, le canal spiral. La paroi de la coquille, encore appelée muraille, comprend une couche externe et une couche interne. L’externe est calcaire, poreuse et épaisse, parcourue de fins canaux qui s’anastomosent de façon très irrégulière. La couche interne, calcaire également, est non perforée. La couche externe est la lame spirale, la couche interne l’endosquelette. Au sommet de l’ogive, c’est-à-dire sur le bord de la lentille à laquelle ressemble la coquille de Nummulite, la lame spirale s’épaissit fortement pour donner le cordon dorsal ou corde marginale.

À intervalles réguliers, mais variables suivant les espèces, l’endosquelette se replie à partir du plafond du canal spiral et vient se souder au plancher de ce même canal en donnant une cloison. Le canal spiral est donc divisé en loges successives. L’inclinaison des cloisons et leur nombre varient suivant les espèces.

À la base de chaque cloison, dans le plan de symétrie de la coquille, se trouve une petite ouverture ronde qui permet la communication entre les différentes loges. De part et d’autre du plan de symétrie, la cloison perd sa forme régulière et prend un trajet sinueux, extrêmement variable suivant les espèces. La trace de ce trajet des cloisons sur la lame spirale forme les filets cloisonnaires. Ceux-ci correspondent en somme à la trace de la soudure et de l’enracinement des cloisons dans la lame spirale. Ces filets peuvent être droits, radiés, ondulés, méandriformes ou même réticulés, correspondant alors à des anastomoses entre les cloisons successives sur les flancs de la coquille.

Enfin, on observe chez certaines Nummulites des formations calcaires, massives, non perforées, dirigées normalement à la surface externe de la coquille, les piliers. Ces piliers sont plus ou moins longs, plus ou moins épais, ils traversent un nombre variable de tours de la coquille et enfin leur répartition dans la coquille varie suivant les espèces. Les piliers se marquent, à la surface de la coquille, par des granulations de la lame spirale.


Classification

Les Nummulites appartiennent à une importante famille de Foraminifères à laquelle elles ont donné leur nom, les Nummulitidés. Les Nummulitidés, connus du Sénonien à l’époque actuelle, se divisent en trois sous-familles : Nummulitinés, Sidérolitinés, Hétérostégininés. Seule la première sous-famille, les Nummulitinés, sera étudiée ici.

Les Nummulitinés comprennent cinq genres, dont trois seulement sont importants : Nummulites s. str., Operculina et Assilina. Le genre Nummulites s. str. est involute avec des tours nombreux (de 30 à 40), une taille extrêmement variable, pouvant aller de 1 mm à 12 cm. Le genre est connu du début de l’Éocène à l’Oligocène. Chez le genre Operculina, involute puis évolute, les tours sont peu nombreux (de 3 à 5) et les loges sont moins nombreuses par tour que chez Nummulites. Les Operculines existent depuis le Crétacé supérieur et sont connues actuellement en mer Rouge, dans l’océan Indien et dans le Pacifique. Enfin le genre Assilina, involute, à tours et loges nombreux, de taille assez variable (de 5 à 50 mm), est d’âge éocène.