Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

Araucariales

Petit ordre de plantes Gymnospermes.


L’ordre des Araucariales comprend une seule famille, celle des Araucarioïdées (2 genres, 36 espèces), vivant à l’état sauvage uniquement dans l’hémisphère Sud ; c’est un des sept ordres qui composent le phylum des Conifères. Les plantes de cette famille sont immédiatement reconnaissables grâce à la parfaite symétrie radiale des ramifications, les grosses branches étant verticillées sur le tronc. Ces arbres peuvent atteindre d’assez grandes dimensions : les Araucarias et les Agathis atteignent ainsi parfois plus de 50 m de haut, et, pour ce dernier genre, le tronc a alors plus de 2 m de diamètre. Les feuilles, persistantes, sont de différents types suivant les espèces : en aiguille, en alêne, ou presque triangulaires chez les Araucarias, ou elliptiques aplaties, comme pour les feuilles de dicotylédones, dans le genre Agathis.

La structure du bois rapproche ces plantes des Bennettitales, Gymnospermes fossiles, bien plus que des autres Conifères. Les organes mâles sont des chatons qui peuvent dépasser une vingtaine de centimètres et avoir plus de 1 000 étamines ; le cône femelle, court et très large, a de 20 à 30 cm de diamètre.

Ces arbres, qui sont connus au Trias dans toutes les régions du monde, sont maintenant cantonnés en Amérique du Sud, dans les îles du Pacifique et en Asie du Sud-Est. Ils forment des forêts claires très caractéristiques dans les Andes du Pérou et au Brésil.

Au sud de Valdivia (40° de latitude sud) dans les Andes du Chili méridional, au-dessus de 1 000 m d’altitude, se trouvent des formations végétales assez semblables à certains groupements forestiers européens d’altitude, mais ici les arbres qui forment la base de ces forêts sont des Araucarias (A. imbricata) et des Hêtres typiques d’Amérique du Sud, les Nothofagus. On trouve aussi des forêts d’A. brasiliensis sur les parties les plus élevées du plateau brésilien, vers le 24e degré de latitude sud. Cette formation remplace la forêt tropicale, localisée sur les versants, là où le climat présente moins d’écarts thermiques et où les froids de l’hiver se font le moins sentir.

Araucaria imbricata est l’espèce la plus cultivée en France en pleine terre ; elle prospère dans la région méditerranéenne et dans les régions de l’Ouest. A. excelsa est assez fréquent en France, mais c’est une espèce qui ne vit en pleine terre que sur la côte méditerranéenne ; elle est en outre très courante en serre froide et orne souvent les appartements.

Il faut faire une mention spéciale pour A. Cookii, strictement littoral, originaire de Nouvelle-Calédonie et des îles avoisinantes. Adulte, il a un port columnaire très particulier, mais ce port ne s’acquiert que progressivement ; la silhouette des individus jeunes est conique, puis il y a chute des longues branches, remplacées par des rameaux courts, tous de même longueur et ramifiés à leur extrémité.

Les Agathis sont aussi quelquefois cultivés en France, surtout dans la région méditerranéenne ; leur résine (copal) peut servir dans la fabrication des vernis, des laques.

Dans leur pays d’origine, les Araucarioïdées fournissent un bois apprécié.

J.-M. T. et F. T.

arbitrage

Règlement d’un conflit par un simple particulier choisi par les parties du fait de la confiance spéciale qu’il leur inspire, soit en raison de ses connaissances techniques, soit en raison de son expérience, de son autorité, de sa réputation quant à son savoir juridique, son intégrité, son impartialité et son honorabilité.


L’arbitrage constitue généralement une procédure* plus rapide et moins onéreuse que le recours aux tribunaux, et il permet de soumettre le litige à des personnes ayant, en certaines matières, une meilleure connaissance technique que les juges professionnels.

Au regard de ces avantages, il présente des dangers, lorsque les parties s’adressent à la légère à des arbitres dont les connaissances juridiques et la moralité sont insuffisantes. Le législateur a donc réglementé l’arbitrage.

Les Constituants cherchèrent à développer, en 1790, cette institution peu pratiquée dans l’ancien droit français, mais conforme à l’idéologie de la Révolution. Leurs espérances furent vite déçues. Cependant, le Code de procédure civile de 1806 a maintenu l’arbitrage en lui laissant seulement un emploi limité. Mais la loi du 31 décembre 1925, en autorisant la clause compromissoire en matière commerciale, lui a valu un renouveau considérable.


Le compromis et la clause compromissoire

Le compromis est le contrat par lequel les parties règlent les conditions de l’arbitrage d’un litige né. Toujours écrit, il indique, à peine de nullité, l’objet du litige et le ou les noms des arbitres. Pour compromettre, il faut avoir la capacité de disposer du droit en litige et d’ester en justice. On ne peut compromettre dans les questions relatives à l’État, à la capacité des personnes, au divorce ou à la séparation de corps ni dans toutes matières intéressant l’ordre public.

Lorsque les parties conviennent à l’avance, dans un contrat quelconque passé entre elles, que les contestations qui pourront dans l’avenir s’élever à propos de ce contrat seront soumises à l’arbitrage, il y a clause compromissoire. En 1843, la Cour de cassation a déclaré nulle la clause compromissoire. Aux termes de l’article 2061 du Code civil, la clause compromissoire est nulle s’il n’est disposé autrement par la loi. Elle est possible en matière commerciale.


Les arbitres

Les parties peuvent désigner la personne de leur choix et fixer en toute liberté le nombre des arbitres. L’arbitre n’est pas contraint d’accepter la mission dont on veut l’investir. S’il accepte, ses pouvoirs sont temporaires, la durée de l’arbitrage étant fixée par les parties et, à défaut, par la loi (trois mois à dater du compromis).

En ce qui concerne leurs pouvoirs, les arbitres doivent, en principe, se conformer au droit quant au fond et quant à la forme, mais la plupart des textes législatifs relatifs à l’arbitrage ayant une valeur simplement dispositive, puisqu’ils sont établis en faveur des particuliers, ceux-ci peuvent convenir dans le compromis de régler différemment l’arbitrage.

Lorsque, cas le plus fréquent, les arbitres n’ont à tenir compte ni de règles de fond ni de règles de forme, c’est-à-dire lorsqu’ils statuent en équité et sans observer la procédure ordinaire, ils portent le nom d’amiables compositeurs.

Les arbitres peuvent demander des honoraires. Ils peuvent être révoqués par les parties si elles sont d’accord ou récusés par l’une d’elles pour une raison postérieure au compromis.