Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
N

Norvège (suite)

La chasse baleinière est en déclin. Depuis le Moyen Âge, les Norvégiens l’ont pratiquée sur leurs côtes, puis dans les mers boréales. En 1961, les prises norvégiennes totalisaient 35 p. 100 des captures dans l’Antarctique et plaçaient la Norvège au premier rang dans le monde. La situation a brutalement changé par suite de la raréfaction des animaux, et, depuis 1971, la Norvège ne participe plus que d’une façon très réduite à la chasse.

La chasse des petits cétacés dans les eaux des mers du Nord se maintient avec 3 500 animaux capturés en moyenne par an. Le principal port d’armement est Tromsø. La chasse du phoque est pratiquée par une quarantaine de bateaux montés par un peu moins de 1 000 personnes, tuant 150 000 phoques annuellement sur les côtes ouest et est de Terre-Neuve, dans l’est du Groenland et au Svalbard. Les ports d’armement sont situés dans l’archipel du Møre og Romsdal et dans le Troms.


La marine marchande

La Norvège disposait au 1er juillet 1975 de la quatrième flotte marchande du monde. Transporteurs maritimes à vocation universelle, les armateurs norvégiens mettent plus de 90 p. 100 de leur tonnage au service de l’étranger et procurent ainsi au pays de substantielles rentrées de devises. Par l’importance de ses services, la marine norvégienne est la principale activité économique du pays. Plus des deux tiers du déficit de la balance commerciale sont comblés en moyenne par les revenus de la marine diminués des importations nettes des navires.

Assurant les relations maritimes avec l’extérieur, la marine assume aussi dans l’économie régionale du pays un indispensable rôle de liaison. La voie maritime côtière est souvent la plus courte, la moins onéreuse, dans des eaux toujours libres de glace, avantage très appréciable en hiver ; malgré les tempêtes, 40 p. 100 des marchandises transportées à travers le pays le sont par bateaux. Avec environ 35 000 salariés, la marine marchande apparaît ainsi sur le marché du travail comme une des premières entreprises du pays. La majeure partie des navires ne touchent que rarement les ports d’armement nationaux, qui sont par ordre d’importance : Oslo avec 40 p. 100 environ du tonnage total, Bergen avec 15 p. 100 ; Tønsberg, Stavanger, Sandefjord et Kristiansand avec 5 p. 100 chacun.

Au 1er juillet 1975, avec 25,6 Mtpl, la flotte pétrolière était la quatrième du monde. Les pétroliers représentent plus de la moitié du tonnage des navires norvégiens (9 p. 100 du tonnage mondial). Les transporteurs de vrac de plus de 10 000 t représentent un quart du tonnage de la marine (second rang mondial). De 1960 à 1970, le tonnage de la marine marchande a doublé. Environ 90 p. 100 des navires ont moins de 10 ans d’âge, et 40 p. 100 moins de 5 ans. Chaque année, c’est l’équivalent de 10 p. 100 du tonnage en activité qui est commandé, pour la plus grande part sur des chantiers étrangers, car les chantiers nationaux, pourtant bien équipés, ne peuvent satisfaire aux besoins énormes de la marine.


Les sources d’énergie et l’industrie

La Norvège possède des hydrocarbures (mer du Nord), du charbon (Svalbard) et surtout des réserves hydrauliques importantes, qui jusqu’à présent ont constitué l’essentiel de ses ressources énergétiques. Produite en abondance et à très bon marché, l’énergie électrique a permis le développement d’une puissante électrométallurgie et électrochimie utilisant des matières premières nationales (fer, titane, molybdène) ou étrangère (bauxite) et tournées vers le marché international. Les industries travaillant pour l’exportation consomment 55 p. 100 de la production électrique du pays. Les seules industries électrométallurgiques et électrochimiques utilisent près de la moitié du courant électrique.

Seulement de 30 à 35 p. 100 du potentiel d’énergie hydraulique sont équipés (avec des taux supérieurs dans le Sud). Après la mise en service de l’usine de Tokke au Telemark, la plus puissante de Norvège (900 MW), les efforts se sont portés sur les installations de Sira-Kvina, dans le Vest-Agder et le Rogaland, qui sont parmi les plus puissantes d’Europe.

La mine de charbon du Svalbard est la seule activité économique appréciable de l’archipel et anime Longyearbyen (1 500 hab.).

Depuis 1969, la Norvège a entrepris avec l’aide de compagnies internationales la prospection pétrolière du plateau continental de la mer du Nord dans une zone qui lui est réservée jusqu’à 150 milles marins (277 km) de ses côtes. La production de pétrole a approché 10 Mt en 1975 et permet déjà des exportations qui vont croître rapidement. Les réserves pourvues d’hydrocarbures de la Norvège sont importantes eu égard aux besoins du pays : environ 450 Mt de pétrole et 650 Gm3 de gaz naturel.

L’industrie, peu concentrée techniquement et financièrement, ne compte que quelques grandes entreprises ; celles qui emploient au moins 200 personnes ne représentent environ que 1 p. 100 du total, mais utilisent le tiers des ouvriers et assurent 40 p. 100 de la production industrielle. Les trois quarts des entreprises occupent moins de 10 salariés et n’assurent que 10 p. 100 de la valeur de la production industrielle. Seulement 68 entreprises emploient 500 personnes ou plus, dont 14 pour la construction navale, 11 dans la métallurgie, 7 dans l’industrie chimique, 6 dans l’électrotechnique et 6 dans les industries de transformation du bois. Le nombre des emplois industriels est d’environ 370 000 (30 p. 100 du total des actifs). La contribution de l’industrie au produit national brut se situe aussi aux alentours de 30 p. 100. Les industries de transformation du bois sont presque toutes localisées dans l’Østlandet, la plupart aux débouchés sur le fjord d’Oslo des grands fleuves et émissaires de lacs que sont le Glåma, le Drammen et le Skienfjord. De fortes concentrations d’usines avec leurs stocks de bois flottés animent Hønefoss et les ports de Drammen, Larvik, Moss, Halden, Fredrikstad et surtout Sarpsborg, où la société Borregaard emploie 3 800 personnes dans une immense usine. Les industries de transformation du bois emploient 6,5 p. 100 de la main-d’œuvre industrielle et viennent au cinquième rang pour l’emploi.