Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
N

normalisation (suite)

Normalisation étrangère

Un très grand nombre de pays possèdent également leurs propres organismes de normalisation et éditent des normes nationales : la British Standards Institution (normes BS) au Royaume-Uni, le Deutscher Normenausschuss (normes DIN) en Allemagne, l’American National Standards Institute (normes ANSI) aux États-Unis, etc. Comme la France, beaucoup de ceux-ci ont une marque nationale de conformité aux normes.


Normalisation internationale


L’Organisation internationale de normalisation (ISO)

Les travaux de normalisation internationale sont menés par l’Organisation internationale de normalisation, conventionnellement appelée ISO (International Organization for Standardization), fondée en 1947 et dont le siège est à Genève. Cet organisme a remplacé la Fédération internationale des associations nationales de normalisation ISA (International Federation of the National Standardizing Association), groupant 22 comités nationaux, qui avait été créée en 1926. Son objet est de « favoriser le développement de la normalisation dans le monde, en vue de faciliter, entre les nations, les échanges de marchandises et les prestations de services, et de réaliser une entente mutuelle dans les domaines intellectuel, scientifique, technique et économique ».

Groupant des comités membres qui sont les organismes nationaux de normalisation, admis à raison d’un seul par pays (pour la France, l’AFNOR), l’ISO a constitué plus de 150 comités techniques (technical committees) propres chacun à une branche particulière de la technique ou de l’industrie, chaque comité se divisant en sous-comités techniques, eux-mêmes subdivisés, selon les besoins, en groupes de travail n’ayant souvent qu’une tâche limitée. Les travaux de l’ISO sont effectués par correspondance et au moyen de réunions de ses comités, sous-comités et groupes de travail, qui utilisent en principe les langues officielles de l’ISO, lesquelles sont l’anglais, le français et le russe. Ces travaux ont notamment pour but l’établissement de documents de normalisation internationale. Très longtemps appelés Recommandations internationales ISO, ces documents sont maintenant, dans la plupart des cas, des normes internationales ISO. Ce changement traduit une tendance nouvelle à effectuer les travaux de normalisation d’abord sur le plan international, puis d’établir les normes nationales sur la base des normes internationales.

Dans le domaine de l’électrotechnique, les travaux de normalisation sont effectués par la Commission électrotechnique internationale (C. E. I.), qui siège également à Genève et agit en étroite liaison avec l’ISO.


Activités de normalisation européenne

Dans le cadre européen, les travaux de normalisation sont menés par le Comité européen de normalisation (C. E. N.), qui comprend les représentants des organismes nationaux de normalisation de 15 nations : pays de la Commission des communautés européennes (C. C. E.), de l’Association européenne de libre-échange (A. E. L. E.), Espagne et Finlande. Ce comité, dont le secrétariat central est à Paris, établit des normes européennes communes à ces pays, ainsi que des rapports d’unification faisant le point du degré d’harmonisation réalisé par les normes nationales. Il a créé un système de certification de conformité aux normes européennes et fondé une association, le C. E. N. C. E. R., responsable de la mise en œuvre.

Pour l’électrotechnique, il est fait appel à un organisme particulier : le C. E. N. E. L. E. C., dont les statuts sont voisins de ceux du C. E. N.

Dans le domaine de la sidérurgie, les activités de normalisation exercées par l’ex-C. E. C. A. (Communauté européenne du charbon et de l’acier) aboutissent à la publication d’Euronormes.

La normalisation est donc un facteur très important du développement des sociétés humaines et de leur coopération, principalement dans les domaines scientifique, technique et industriel. Les pays les plus avancés dans ces domaines sont d’ailleurs ceux qui possèdent le plus grand nombre de normes nationales. D’autre part, la normalisation suscite une collaboration féconde, aussi bien sur le plan national que sur le plan international, entre toutes les forces de l’économie : fabricants, usagers, hommes de laboratoire et administrations. Elle trouve, en outre, de ce fait, des domaines d’application extrêmement étendus dans les pays en voie de développement. Nul pays, aujourd’hui, ne peut se dispenser d’activités nationales de normalisation, mais ces activités doivent être attentivement rattachées aux travaux internationaux.

E. C.

Normands

« Hommes du nord », ainsi qu’ils ont été baptisés par leurs frères continentaux établis à l’ouest et au sud de l’Elbe, les Normands (Nordmanni, Nortmanni) sont en réalité des Germains originaires de Scandinavie, où, après les Grandes Invasions, ils ont vécu repliés du vie au viiie s., époque à laquelle une nouvelle pulsation migratoire les pousse à la conquête de l’Europe.


Le terme de Normands est d’emploi strictement continental ; il n’est pas utilisé par les Anglo-Saxons, qui se servent du mot Danois. Pour les clercs occidentaux, les Normands ne sont pas seulement les Norvégiens, mais tous les envahisseurs païens et barbares qui débarquent sur leurs côtes au viiie et au ixe s., qu’ils soient Suédois, Norvégiens ou Danois, encore que les Suédois aient orienté leur expansion principale vers Kiev et Byzance, alors que les Norvégiens sont partis à la conquête des îles de l’Atlantique (Irlande) et de l’Écosse, laissant aux Danois le soin d’organiser majoritairement, mais non exclusivement, vers le continent et vers l’Angleterre les expéditions vikings dont le caractère est fondamentalement cosmopolite.

Le problème des sources

Les sources écrites

• Sources non scandinaves. Premières exploitées parce que immédiatement accessibles, par ailleurs chronologiquement assez précises mais ne donnant des événements qu’une vue assez partielle et trop locale, les plus riches d’entre elles émanent malheureusement des partenaires (ou des adversaires) politiques ou économiques des Normands :
— textes occidentaux, qui nous éclairent sur leurs relations politiques (chronique anglo-saxonne) ou économiques (Histoire universelle d’Orose) avec les Anglo-Saxons ;
— textes celtiques, qui insistent sur les aspects militaires de la pénétration scandinave en Irlande (Annales de l’Ulster, Chronicon Scotorum) ;
— textes latins, dont les auteurs ecclésiastiques analysent la signification politique des invasions normandes (Annales Bertiniani, rédigées par Prudence de Troyes), précisent les origines du duché de Normandie (De moribus et actis primorum Normanniae ducum, œuvre de Dudon de Saint-Quentin) ou décrivent la religion, la société et les activités commerciales des peuples scandinaves au contact desquels leur mission évangélique les a placés (Vita Anskarii, de l’archevêque de Brême, Rimbert, Gesta Hammaburgensis Ecclesiae pontificum, rédigé vers 1075 par le clerc Adam de Brême) ;
— textes orientaux, enfin, aussi nombreux, mais souvent plus précis, qu’ils soient byzantins (De administrando imperio, du xe s., œuvre de Constantin VII Porphyrogénète), russes (Chroniques des temps passés, dites « de Nestor », élaborées au début du xiie s. à partir du contenu des annales de Kiev) ou arabes, tels les récits des voyageurs musulmans des ixe et xe s. : ibn Khurdādhbih ou Aḥmad ibn Faḍlān.