Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
N

Ney (Michel) (suite)

Pendant la retraite de Russie, Ney s’élève au-dessus de sa réputation. Il commande l’arrière-garde de la Grande Armée. Son opiniâtreté, son courage, son sens tactique lui permettent de sauver des milliers d’hommes. À son retour, il est créé prince de la Moskova. Il combat ensuite en Allemagne, puis en France, mais, à l’heure des défaites, il juge l’abdication de Napoléon nécessaire : il le lui dit, non sans rudesse. Rallié à Louis XVIII, qui le comble d’honneurs et le nomme pair de France, il est chargé, lors du retour de l’île d’Elbe, de mettre à exécution les plans de résistance. Il jure au roi de « ramener Bonaparte prisonnier dans une cage de fer ». Mais, gagné par l’enthousiasme de ses troupes, il tombe à Auxerre dans les bras de la « bête fauve ». Napoléon, qui a besoin de lui, lui donne un commandement. Mais Ney ne peut enlever les positions anglaises aux Quatre-Bras et, à Waterloo, ses charges de cavalerie, sans doute prématurées, sont des actes de désespoir inutiles.

Se sachant perdu, il cherche en vain la mort. Les royalistes accusent aussitôt de trahison le « héros sans cervelle ». Arrêté près d’Aurillac et conduit à Paris, il est d’abord traduit devant un conseil de guerre qui se déclare incompétent, puis est jugé par la Chambre des pairs, qui le condamne à la peine capitale par 139 voix sur 161 votants, malgré les éloquentes plaidoiries de P. N. Berryer et de A. M. Dupin. Les Bourbons refusent de le grâcier, et il est fusillé (7 déc. 1815). Napoléon, toujours sensible au courage physique et à l’héroïsme, après avoir beaucoup admiré Ney, le jugea sévèrement à Sainte-Hélène : « J’aurais dû ne pas l’employer avant Waterloo... Je le regrette comme un homme précieux sur le champ de bataille, mais il était trop immoral et trop bête pour réussir », quitte d’ailleurs à ajouter, quand les royalistes attaquaient la mémoire du maréchal : « Ney était d’une nature impressionnable ; il s’électrisait facilement ; il était incapable d’une lâcheté. L’histoire le vengera des méprisables calomnies. »

A. M.-B.

 J. Lucas-Dubreton, le Maréchal Ney, 1769-1815 (Fayard, 1941). / R. Floriot, le Procès du maréchal Ney (Hachette, 1955). / L. Garros, Ney, le brave des braves (Amiot-Dumont, 1955). / H. Kurtz, le Procès du maréchal Ney (Arthaud, 1964).

nez

Partie saillante du visage, entre la bouche et le front, caractérisée par ses deux orifices, les narines.


Le nez constitue la partie supérieure de l’arbre aérien respiratoire en même temps que le point de départ des sensations olfactives. Les sinus de la face sont directement annexés et constituent ainsi un ensemble indissociable tant du point de vue de l’anatomie que de la pathologie.


Anatomie


Le nez et les fosses nasales

En forme de pyramide, il fait saillie au milieu du visage, dont il constitue un élément d’harmonie essentiel. Cependant, la partie visible ne représente en fait qu’un auvent qui surplombe des cavités, les fosses nasales. Cet auvent est soutenu par une charpente osseuse correspondant à la racine du nez et formée par les os propres et les branches montantes des maxillaires supérieurs. L’ensemble réalise une lame osseuse assez mince, surtout dans la portion médiane, arrondie en arrière et se prolongeant en bas par les cartilages triangulaires et par les cartilages des ailes du nez. Ces derniers conditionnent la morphologie de la pointe du nez ; ils ont grossièrement une forme en fer à cheval ouvert en arrière, limitant l’orifice narinaire dans leur concavité. Leur accolement sur la ligne médiane forme la columelle, ou sous-cloison. Leur partie latérale soutient les ailes du nez. La continuité entre os et cartilage d’une part, et cartilages triangulaire et des ailes d’autre part est assurée par des ligaments solides. Des muscles (pyramidal, transverse du nez, myrtiforme dilatateur propre des narines, élévateur commun de l’aile du nez et de la lèvre supérieure) sont annexés à l’ensemble et donnent au nez sa mobilité. La peau qui recouvre la pyramide nasale se prolonge à l’intérieur des narines sur une portion étroite, appelée vestibule narinaire, caractérisée par la présence de poils. Elle se continue ensuite par la muqueuse des fosses nasales, ou muqueuse pituitaire.

• Les fosses nasales. Ce sont deux cavités parallélépipédiques entièrement tapissées de muqueuse porteuse de cils. Une cloison médiane continue sépare les fosses nasales droite et gauche. Elle est cartilagineuse en avant au niveau de la lame quadrangulaire, osseuse en arrière, formée alors par l’assemblage de la lame perpendiculaire de l’ethmoïde et d’un os plat, le vomer. Le bord postérieur de ce dernier sépare l’orifice distal des fosses nasales en deux. Les ouvertures ainsi formées, appelées choanes, communiquent avec le rhino-pharynx, ou cavum.

Le plancher des fosses nasales correspond à la face supérieure de la voûte palatine, formée par l’articulation du maxillaire supérieur et de la lame horizontale du palatin.

Le plafond comprend d’avant en arrière la face profonde des os propres et l’épine nasale du frontal, la lame criblée de l’ethmoïde, percée de trous qui livrent passage aux vaisseaux et aux branches du nerf olfactif qui rejoignent le bulbe olfactif, et plus en arrière la face antérieure puis inférieure du sphénoïde qui s’articule avec le vomer sur la ligne médiane.

La paroi externe enfin est très complexe. C’est un assemblage formé par la face interne des masses latérales de l’ethmoïde, du maxillaire supérieur et des lames verticales du palatin. L’unguis et l’apophyse ptérygoïde du sphénoïde participent à sa constitution. Sur ce plan viennent s’apposer les cornets qui limitent, avec les éléments de la paroi, des orifices, ou méats.
1. Les cornets sont au nombre de trois. Ce sont des lames osseuses enroulées sur elles-mêmes, adhérentes par leur bord externe et supérieur, recouvertes de muqueuse. Ils forment dans la fosse nasale des saillies plus ou moins volumineuses qui contribuent au brassage de l’air et augmentent d’autant les surfaces de contact. Le cornet supérieur est grêle, le cornet moyen beaucoup plus développé. Le cornet inférieur est le plus accessible à l’observation et à la chirurgie.
2. Les méats représentent l’ouverture des cavités voisines dans les fosses nasales. Dans le méat supérieur s’ouvrent quelques cellules du groupe ethmoïdal postérieur ; le trou sphéno-palatin, qui livre passage à l’artère sphéno-palatine (élément essentiel de la vascularisation des fosses nasales), est situé en arrière de lui.

Dans le méat moyen se situe l’orifice du sinus maxillaire, l’infundibulum du canal naso-frontal et les orifices des cellules ethmoïdales antérieures. On conçoit son importance dans le drainage des divers sinus et le retentissement qu’entraîne son obstruction par œdème, polype ou toute formation pathologique à son niveau.

Dans le méat inférieur enfin s’ouvre le canal lacrymo-nasal, qui permet l’écoulement des larmes.