Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
N

Natal (suite)

Les Zoulous, qui constituent l’essentiel de la population noire du Natal, pratiquent une agriculture vivrière fondée sur le maïs et un élevage de type traditionnel surtout bovin. La principale culture commerciale et d’exportation est celle de la canne à sucre, pratiquée sur les collines de la région littorale de part et d’autre de Durban ; 250 000 ha environ consacrés à cette culture sont répartis entre une vingtaine de très grandes plantations et un grand nombre d’exploitations moyennes ou petites appartenant à environ 1 500 fermiers blancs, à autant de fermiers indiens et à plus de 3 000 fermiers bantous. La production de la campagne 1968-69 a été de 1,4 Mt. Il faut signaler aussi le coton, dans le nord du Natal, diverses cultures fruitières (agrumes dans l’intérieur autour de Ladysmith, fruits tropicaux dans la zone littorale), et des cultures légumières autour de Durban.

La plus importante ressource minérale est le charbon, dans le nord-ouest près de la frontière du Transvaal (bassins de Dundee, d’Utrecht et de Newcastle).

La principale région industrielle est celle de Durban (avec son annexe Pinetown), qui concentre 11 p. 100 du total des travailleurs industriels de l’Afrique du Sud (petite métallurgie, chantiers navals, raffinerie de pétrole, industries alimentaires variées, textiles, usines d’engrais).

Le tourisme a pris une extension considérable, le long du littoral, principalement à Durban et sur les 100 km de côte qui séparent Durban de la frontière du Transkei, où l’on trouve une succession ininterrompu de stations touristiques. Les abords du Drakensberg constituent une autre région touristique importante (Royal Natal National Park, Giant’s Castle, etc.).

Le Natal possède, comme le Transvaal, un réseau routier très dense. L’axe routier principal, vers Johannesburg, est une autoroute partant de Durban. Relié par voie ferrée aux régions industrielles du Transvaal et à l’Orange, Durban est le principal port de la république d’Afrique du Sud, avec un trafic annuel dépassant 20 Mt.

R. B.

➙ Afrique du Sud (république d’) / Durban.


L’histoire

Le Natal doit son nom au Portugais Vasco de Gama*, qui le découvrit le jour de Noël (dies natalis) 1497 au cours de son voyage aux Indes, mais il ne fut pas colonisé par le Portugal ; des naufragés de ce pays qui y échouèrent en 1593 furent les premiers Européens à pénétrer au Natal. Il y eut quelques tentatives de colonisation anglaise à la fin du xviie s., mais elles furent sans lendemain.

Au début du xixe s., les Européens croyaient encore que le Natal était inhabité, bien que de nombreuses tribus zoulous et bantous y vécussent. Après l’occupation du Cap en 1806, les Anglais décidèrent d’établir la carte de la côte orientale (1822-23). En 1824, à la suite de cette expédition, un entrepôt de commerce était ouvert dans le port de Durban, et un traité signé avec les indigènes.

L’existence de la colonie au milieu des guerres tribales demeurait précaire ; aussi les colons accueillirent-ils avec soulagement, en 1837, l’arrivée des premiers Boers, qui, l’année suivante, sous le commandement de leur chef Andries Pretorius (1798-1853), battaient l’armée zoulou de Dingaan. Après une autre victoire en 1840, les Boers organisèrent l’administration de l’État et fixèrent la capitale à Pietermaritzburg dans l’arrière-pays de Durban.

Les Anglais du Cap, qui convoitaient les mines de charbon du pays et qui craignaient les ambitions de la France, occupèrent Durban en 1842, et le Natal devint en 1844 une colonie de la Grande-Bretagne, d’abord unie au Cap, puis jouissant d’un gouvernement propre à partir de 1856. De nombreux Boers avaient quitté le pays pour aller s’installer dans l’État libre d’Orange.

Des colons anglais les remplacèrent qui développèrent les cultures de tabac, d’indigo, de coton et de thé. Dans la région côtière, le café et surtout la canne à sucre prospérèrent. De 1860 à 1910, une nombreuse main-d’œuvre, plus de 100 000 coolies, fut recrutée aux Indes pour exploiter ces terres. À partir de 1870, des lignes de chemin de fer furent construites qui facilitèrent l’exploitation des mines de charbon, et des bateaux à vapeur unirent la colonie à la métropole.

En 1893, le Natal obtint un gouvernement responsable indispensable pour la défense de ses intérêts économiques (en 1895, jonction de la voie ferrée du Natal avec Pretoria). Le Natal annexa en 1897 le Zoulouland et le Tongaland et participa activement à la guerre des Boers (1899-1902).

Ses hommes d’État jouèrent un rôle important dans les conférences qui précédèrent l’union des colonies anglaises d’Afrique du Sud. Après la répression de révoltes indigènes dans le Zoulouland en 1907, le Natal ressentit le besoin de s’intégrer à une entité politique plus forte qui permettrait aux Blancs de contenir les autochtones. Aussi, en 1910, ses habitants votèrent-ils à une grande majorité son rattachement à l’Union sud-africaine.

P. R.

➙ Afrique du Sud (république d’).

 E. A. Walker, A History of South Africa (Londres, 1928). / C. W. De Kiewiet, A History of South Africa, Social and Economic (Oxford, 1941). / E. H. Brookes et C. de B. Webb, A History of Natal (Le Cap, 1965).

natalité et fécondité

On parle de natalité lorsque l’on étudie les naissances annuelles dans une population en rapport avec l’effectif total de cette population ; on emploie de préférence le mot fécondité lorsque l’on étudie les rapports des naissances aux femmes en âge de procréer.


Ainsi, le taux brut de natalité (ou simplement taux de natalité) est le rapport des naissances vivantes, une année donnée, à l’effectif moyen de la population durant cette année. En 1975, en France, il y a eu 740 000 naissances vivantes ; la population moyenne étant de 52 743 000 habitants, il en résulte un taux de 14 p. 1 000 habitants.

Les taux de natalité, qui, s’agissant de populations nationales, peuvent varier de 10-11 p. 1 000 jusqu’à 55, voire 60 p. 1 000, sont déterminés par l’intervention d’une multitude de facteurs que l’on retrouve presque en totalité lorsque l’on analyse les raisons des différences en matière de fécondité.