Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

mycose (suite)

Les phycomycoses

On distingue celles qui sont dues à Basidiobolus et celles qui sont dues à Mucor, particulièrement graves, à localisation cérébrale, et survenant sur terrain déficient.

De ce large panorama des mycoses et singulièrement de l’étude des mycoses profondes, il convient de retenir leur augmentation de fréquence au sein de la pathologie transmissible actuelle. Ce fait paraît être paradoxalement la double rançon de la facilitation des moyens de transport (entraînant un brassage intense de population) et des perfectionnements de la thérapeutique médicale (sélectionnant des Champignons pathogènes, voire opportunistes). Il est également à noter la possibilité de transmission animale de ces maladies et le grand nombre de mycoses non pathogènes pour l’homme, mais pouvant le devenir dans des conditions exceptionnelles, incitant à chercher de nouvelles thérapeutiques antifongiques ou fongicides.

M. R.

 T. R. Harrison et coll., Principles of Internal Medicine (New York, 1952, 6e éd., 1972 ; trad. fr. Principes de médecine interne, Flammarion, 1972, 2 vol.). / M. Ansel, Mycoses et champignons parasites de l’homme (Doin, 1957). / C. W. Emnons et coll., Medical Mycology (Philadelphie, 1963 ; nouv. éd., 1970). / R. Vanbreuseghem, Guide pratique de mycologie médicale et vétérinaire (Masson, 1966). / J. Euzeby, Cours de mycologie médicale comparée (Vigot, 1969). / R. Denio Baker et coll., The Pathologic Anatomy of Mycoses, Human Infection with Fungi, Actinomycetes and Algae (Berlin, 1971).

Myriapodes

Classe d’Arthropodes, communément appelés Mille-Pattes, au corps allongé, formé de segments souvent nombreux, presque tous munis de pattes semblables.


Fuyant la lumière et recherchant l’humidité, les Myriapodes vivent habituellement dans le sol, sous les pierres, dans les feuilles mortes décomposées ; on les voit donc peu, mais leur apparente discrétion ne doit pas masquer l’importance réelle qu’ils ont dans la nature. On en connaît actuellement 17 000 espèces, réparties en quatre ordres : Diplopodes (8 000 espèces ; Polydesme, Iule, Gloméris), Symphyles (Scutigerella), Pauropodes (Pauropus), Chilopodes (3 500 espèces ; Scolopendre, Lithobie, Géophile). Dans un sol donné, la masse que les Myriapodes représentent peut égaler, voire dépasser celle des Insectes, et, comme la majorité d’entre eux se nourrissent de débris végétaux, ils contribuent efficacement à la dégradation des déchets organiques.


Morphologie

La longueur du corps oscille entre 30 cm chez certaines Scolopendres exotiques et à peine 1 mm chez les Pauropodes. Essentiellement chitineux chez les Chilopodes, le tégument se charge de calcaire chez la plupart des Diplopodes ; il est mou dans les deux autres groupes.

La tête porte une paire d’antennes ; les yeux manquent chez les cavernicoles ainsi que chez quelques formes de surface (Polydesmus) ; ailleurs, ce sont des ocelles, parfois accolés comme en un œil composé (Scutigera). De type broyeur, les pièces buccales comportent deux mandibules et un gnathochilarium formé par l’union d’une ou de deux paires de maxilles. En arrière des antennes, on note la présence fréquente de deux organes sensoriels au rôle énigmatique (organes de Tömösvary).

Le nombre de segments du corps varie d’un groupe à l’autre et souvent à l’intérieur d’une même espèce. On en compte quinze chez Lithobius, vingt et un chez la Scolopendre, jusqu’à quatre-vingts chez certains Diplopodes et plus de cent cinquante chez un Géophile. En première approximation, on peut admettre que chaque segment d’un Chilopode porte une paire de pattes, alors que les Diplopodes, comme le suggère leur nom, ont deux paires de pattes par anneau. De toute manière, aucun Myriapode connu ne possède plus de quatre cents pattes. Les pattes sont de longueur égale et généralement courtes ; leurs mouvements, bien coordonnés, donnent l’impression d’ondes se déplaçant le long du corps ; la reptation des Chilopodes, plus agiles que les Diplopodes, s’accompagne d’ondulations de l’ensemble du corps.

La première paire de pattes des Chilopodes est transformée en pattes-mâchoires, ou forcipules, véritables crochets contenant une glande venimeuse ; ces carnivores l’utilisent pour paralyser leurs proies. Chez beaucoup de Diplopodes mâles, les pattes des paires 8 et 9 sont transformées en appendices copulateurs (gonopodes) ; chez Glomeris, la femelle a dix-sept paires de pattes et le mâle dix-neuf ; ce sont les deux dernières qui jouent un rôle dans l’accouplement.

C’est à la base des pattes que s’ouvrent les stigmates respiratoires, communiquant avec des trachées. Cependant, chez Scutigerella (Symphyle), il n’y a que deux stigmates, situés sur la tête, disposition unique chez les Arthropodes.

On admet aujourd’hui que l’unité fondamentale du corps des Myriapodes est le segment double (diplosegment), tel que le présentent les Diplopodes. Une fragmentation secondaire conduit aux segments simples des Chilopodes, fragmentation parfois inégale, donnant une alternance de segments longs et de segments courts (Lithobius). Il arrive aussi que les diplosegments subissent des réductions allant jusqu’à la disparition d’une ou même des deux paires de pattes (cas des quatre premiers anneaux des espèces de Diplopodes qui ne portent que six pattes).


Reproduction et développement

La position, antérieure ou postérieure, des orifices génitaux a longtemps conduit à opposer les progonéates (Symphyles, Pauropodes, Diplopodes), dont les conduits sexuels s’ouvrent sur le troisième ou le quatrième segment, à la base des pattes, et les opisthogonéates (Chilopodes), dont l’orifice reproducteur précède l’anus. Mais la situation progonéate n’est pas toujours primitive, comme on a pu l’observer chez des Symphyles.

La transmission des spermatozoïdes, ordinairement sans flagelles, mais parfois filiformes, s’effectue selon des modalités très variées. Chez beaucoup de Diplopodes, le sperme est déposé par les gonopodes du mâle sur les vulves de la femelle au cours de l’accouplement ; mais, chez Glomeris, les gonopodes ne servent qu’à maintenir les vulves de la femelle, et le sperme est transmis par le mâle à l’aide de ses mandibules. Les gamètes mâles sont souvent contenus dans un spermatophore déposé sur les vulves (Chordeumidés) ou sur des fils de soie tissés devant la femelle, qui vient se féconder elle-même (Géophile, Scolopendre) ; chez Scutigera, une véritable danse nuptiale précède le dépôt du spermatophore. Chez les Symphyles, la femelle conserve les spermatozoïdes dans deux réservoirs s’ouvrant dans la bouche et féconde ses œufs une fois pondus ; il s’agit d’une fécondation externe d’un type original.