Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

muqueuses (suite)

Les végétations vénériennes, encore appelées condylomes acuminés ou crêtes de coq, sont des excroissances papilliformes agminées, rosées ou grisâtres, pédiculées ou sessiles, siégeant dans le sillon balano-préputial et sur le gland. Dues à un virus filtrant, très voisin de celui des verrues sinon identique, elles sont souvent, mais non toujours, d’origine vénérienne.

Les tumeurs sont soit bénignes (millium, molluscum contagiosum, kystes sébacés), soit malignes. L’épithélioma spino-cellulaire, fréquent chez les Jaunes, ne s’observe jamais chez les circoncis. Parfois professionnel (huiles anthracéniques), il est moins fréquent que le cancer du scrotum de même origine. L’érythroplasie de Queyrat, encore appelée maladie de Bowen, se présente comme une surface rouge, brillante, se développant sur la muqueuse génitale et résistant à tous les traitements médicamenteux. C’est un état pré-cancéreux, et il convient de détruire cette lésion par la chirurgie ou la radiothérapie.


Muqueuse génitale féminine

Les trois stades de la syphilis s’observent à la vulve : chancre, plaques muqueuses, syphilides tertiaires et leucoplasie. Les chancres mous vulvaires sont parfois du type folliculaire. L’herpès peut être profus, s’accompagnant d’œdème mou déformant la vulve. Diverses vulvites sont observables : infectieuses (entérocoque, gonocoque, fusospirille), moniliasiques (levures) avec leucorrhée abondante crémeuse, vulvite à trichomonas (v. protozoaire) sécrétant un liquide mousseux malodorant, vulvite diabétique érythémateuse, très prurigineuse et débordant sur la face interne des cuisses. Plus rare est l’ulcère aigu de Lipschütz. Observé chez les vierges, non vénérien, il a un début brutal et fébrile. Les ulcérations sont diverses : sphacéliques, miliaires, pseudo-vénériennes. Il serait dû au Bacillus crassus, mais R. Touraine en fait une manifestation de l’aphtose. Les végétations vénériennes sont fréquentes à la vulve. Identiques à celles de l’homme, elles sont favorisées par les défauts d’hygiène, la macération, la leucorrhée. Le kraurosis est une sclérose (un durcissement) progressive des tissus cutanés et muqueux de la vulve. Celle-ci devient sèche, vernissée, brillante, tantôt blanche, tantôt de couleur foie gras. Progressivement, l’orifice vaginal devient fibreux, difficile à franchir. Le kraurosis apparaît après la ménopause ou après castration thérapeutique. Il est toujours amélioré par les œstrogènes de synthèse.

Les tumeurs vulvaires sont souvent bénignes : angiome, molluscum, kystes divers. Certaines sont malignes : l’épithéliome spino-cellulaire est de pronostic très sévère et impose une vulvectomie totale, associée à un curage ganglionnaire. Le nævo-carcinome est encore plus redoutable. La maladie de Bowen peut déborder sur la peau avoisinante.


Muqueuse anale

Presque toutes les dermatoses peuvent siéger à l’anus, mais sont souvent modifiées par l’humidité régionale, le grattage et les infections surajoutées : dermo-épidermites streptococciques, moniliases, végétations vénériennes.

La syphilis frappe l’anus à toutes ses périodes : chancre primaire, plaques muqueuses secondaires (condylomes plats), ulcérations ou gommes tertiaires, syphilome ano-rectal de Fournier susceptible d’entraîner un rétrécissement.

Le chancre mou anal (en « bourse de quêteur ») est exceptionnel en dehors des épidémies de chancrelle.

La tuberculose peut être : lupique, verruqueuse, ulcéreuse, et surtout fougueuse et végétante. De nombreuses tumeurs bénignes ou malignes peuvent siéger à l’anus.

L’éléphantiasis ano-rectal de Fournier comporte des lésions tumorales, lobulées, végétantes avec œdème envahissant le périnée chez l’homme et les organes génitaux chez la femme (esthiomène). Il peut être réalisé par diverses causes : syphilis, esthiomène, gonococcie, chancrelle, maladie de Nicolas-Favre (v. lympho-granulomatose).

L’herpès ne siège pas sur la muqueuse anale, mais sur la région périanale et le sillon interfessier.

Les aphtes et l’acanthosis nigricans sont observables à l’anus. Le granulome éosinophilique anal est fait de végétations, de fissures et d’ulcérations périanales avec association de lésions ano-rectales. La maladie de Bowen et la maladie de Paget extra-mammaire ont pu être observées à l’anus. Nombreuses sont les tumeurs bénignes ou malignes de siège anal : végétations, molluscum, mélanome malin, angiosarcome et surtout épithéliome spino-cellulaire. Beaucoup plus rarement, l’actinomycose, la sporotrichose, la blastomycose, l’amibiase*, la maladie de Crohn sont susceptibles de déterminer des suppurations anales et périanales.

A. C.

➙ Anus / Aphte / Chancre / Dermatoses / Langue / Syphilis.

mur

Élément du gros œuvre dressé verticalement, dont le rôle, au point de vue fonctionnel, est variable suivant sa situation et sa destination, mais a toujours un caractère essentiel quand ce rôle intéresse non seulement la stabilité et la résistance d’un immeuble (murs porteurs et notamment murs d’ossature), mais aussi le confort et l’habitabilité (murs autoporteurs ou murs de remplissage, murs-rideaux, murs creux, panneaux de façade).


Certains types de murs n’intéressent qu’indirectement la sécurité des immeubles, mais ils y participent en maintenant la stabilité de leur environnement : tels sont, par exemple, les murs de soutènement.


Nature et rôles des matériaux

Un mur est toujours constitué par une maçonnerie proprement dite ou une maçonnerie de béton. La maçonnerie peut être en pierres de taille (pierres appareillées), en moellons (hourdés à joints pleins) ou en briques : briques pleines, de terre cuite, de laitier ou de silico-calcaire, briques perforées et briques creuses de grandes dimensions. Il peut s’agir aussi d’une maçonnerie de blocs de béton manufacturés, pleins ou creux, grands ou petits, en béton normal, dit « béton lourd », ou en béton allégé.