Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

motivation (étude de) (suite)

Utilisations

C’est principalement dans le domaine industriel et surtout pour analyser les comportements d’achat face aux produits de consommation que les études de motivation ont été utilisées. Mais elles peuvent aussi servir à mieux connaître des mécanismes plus complexes, soit économiques comme celui qui pousse les gens à investir ou à épargner, soit politiques (vote).

Dans l’acte d’achat, l’industriel cherche autant à savoir ce qui pousse les gens à acheter que ce qui les freine. On sait maintenant que l’acte d’achat est souvent le fait de pulsions très irrationnelles. Lors d’une expérience, on s’est aperçu qu’un même produit dont on avait simplement changé l’emballage était perçu comme de meilleure qualité. Certains objets sont chargés pour nous de valeurs symboliques très fortes. Un psychologue américain d’origine viennoise, Ernest Dichter, se fondant pour beaucoup sur les théories de Freud, a effectué des centaines d’études et montré que les objets avaient des significations psychosociologiques très précises. « Le cigare fait viril », on achète non pas des jus de fruit, mais de la santé, non un moyen de transport, mais du « standing » en ce qui concerne la voiture, etc.

Même si la valeur des études de motivation est très relative, elles constituent pour les entreprises des garde-fous, leur évitent des erreurs et sont plus valables que le simple flair, l’habitude ou l’impression. Elles sont peu coûteuses si on les compare aux budgets publicitaires. Tout le problème est de savoir les utiliser concrètement, d’en tirer des axes d’actions, de les interpréter graphiquement au niveau des messages publicitaires, ou verbalement au niveau des slogans, des argumentaires de vente, etc. Cette investigation dans l’inconscient a pu paraître dangereuse à certains. On a parlé de viol des foules. Il est vrai que l’utilisation de caméras invisibles ou de flashes publicitaires, répartis par fraction de seconde, donc invisibles, au cours d’émissions de télévision, est une intrusion dans la personnalité de chacun. On peut difficilement admettre que les gens soient ainsi manipulés à leur insu. Ce « matraquage » publicitaire fait partie du système actuel de relations économiques et de l’information nécessaire aux entreprises. Il pourrait être équilibré par une organisation plus vigoureuse des consommateurs dans laquelle l’information serait plus objective, plus séparée des commanditaires. Quand on sait que certains acheteurs choisissent le modèle de leur voiture suivant la couleur ou la forme du volant, on peut se demander s’il n’y a pas lieu de chercher à l’informer sur des qualités plus fondamentales, telles que la solidité, la sécurité, le degré d’antipollution, etc.

F. B.

➙ Enquête par sondages / Freud / Marché / Marketing / Psychanalyse / Psychologie / Rogers / Sondage / Vente.

 P. Martineau, Motivation in Advertising : Motives that make People buy (New York, 1957, nouv. éd., 1971 ; trad. fr. Motivation et publicité, Éd. Hommes et Techniques, 1959). / V. Packard, Hidden Persuaders (New York, 1957 ; trad. fr. la Persuasion clandestine, Calmann-Lévy, 1958) ; Status Seekers (New York, 1959 ; trad. fr. les Obsédés du standing, Calmann-Lévy, 1960). / H. Henry, Motivation Research. Its Practice and Uses for Advertising Marketing and other Business Purposes (Londres, 1958 ; trad. fr. l’Étude de motivation, sa pratique et ses applications comme instrument de la politique de production, de vente et de publicité, Cie fr. d’éd., 1959). / E. Dichter, The Strategy of Desire (New York, 1960 ; trad. fr. la Stratégie du désir. Une philosophie de la vente, Fayard, 1961) ; Handbook of Consumer Motivations (New York, 1944 ; trad. fr. le Marketing mis à nu, Tchou, 1970). / H. J. Eysenck (sous la dir. de), Experiments in Motivation (Oxford, 1964).

motocyclette

Véhicule à deux roues, mû par un moteur et dont la forme est inspirée de la bicyclette, mais dont les développements techniques ont suivi ceux de l’automobile.


Bien que l’on ait discuté de la possibilité d’utiliser rationnellement la machine que l’ingénieur allemand G. Daimler présenta le 10 novembre 1886, il semble que celle-ci puisse être considérée comme le véritable ancêtre de la motocyclette. Elle était connue sous le titre de bicyclette motorisée, et le cadre, qui avait été conçu pour abriter le moteur monocylindrique vertical breveté par Daimler en 1885, s’inspirait nettement de celui de la bicyclette, plus particulièrement de la draisienne.

Une motocyclette est constituée schématiquement d’un cadre, terminé à l’avant et à l’arrière par une fourche, munie d’une suspension, et supportant un guidon de direction ainsi que le moteur. La transmission s’effectue par chaîne sur le moyeu de la roue arrière, et le freinage par des systèmes à tambour à l’avant comme à l’arrière.


Le cadre

Généralement réalisé en tubes d’acier doux, étiré ou roulé, il comprend :
— une tête de direction, montée sur roulements à billes ou à galets ;
— un tube supérieur, qui est prévu soit en position inclinée descendante vers l’arrière, soit en position horizontale et qui supporte le réservoir dit « en selle » ;
— un tube inférieur, qui soutient le moteur ;
— un triangle de fourche arrière, qui supporte la suspension et l’axe de la roue ;
— un tube de selle, qui forme la jonction du tube supérieur avec la base, ou fourchette, de la fourche arrière ;
— une fourche avant, qui porte la suspension ainsi que l’axe de la roue correspondante.

L’assemblage des tubes entre eux est effectué soit par soudure autogène, soit par brasure. Des deux procédés de montage du bloc moteur dans le cadre, le système à berceau tend à se généraliser. Cette solution donne une meilleure rigidité que le montage originel, dans lequel on interrompait le cadre au droit du carter-moteur, lui-même fixé par boulonnage sur deux pattes brasées situées respectivement en bout du tube inférieur et en bout du tube de selle. Aucune des tentatives entreprises pour assurer l’évolution du cadre n’a été retenue, ni la substitution de la tôle emboutie au tube, avec les deux moitiés symétriques assemblées par soudure électrique, ni la réalisation d’une coque autoporteuse inspirée de la technique du scooter. On se contente, parfois, d’habiller les tubes de carters de protection, qui ne jouent aucun rôle dans la rigidité de l’ensemble.