Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

moteur thermique (suite)

 G. Lehr, les Moteurs (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1949 ; 5e éd., 1970). / R. Brun, Science et technique du moteur Diesel industriel et de transport (Technip, 1962 ; nouv. éd., 1967 ; 3 vol.). / F. Garin, le Moteur à explosion (Chotard, 1970). / D. Jollivet, le Moteur Diesel (Chotard, 1970). / R. Jouanneault, le Moteur à essence (P. U. F., 1972-73 ; 3 vol.).


Quelques biographies


Alphonse Beau de Rochas,

ingénieur français (Digne 1815 - † 1893). Il prit, en 1862, un brevet sur le cycle* à quatre temps, réglant les conditions de la transformation en énergie mécanique de la chaleur provenant de l’inflammation en vase clos d’un mélange air-carburant. Ce cycle a permis la mise au point des moteurs thermiques à combustion interne.


William John Macquorn Rankine,

ingénieur et physicien écossais (Édimbourg 1820 - Glasgow 1872). Il construisit des chemins de fer et, en thermodynamique, proposa le terme d’énergie, distinguant les formes potentielle et cinétique de l’énergie mécanique. Il étudia la machine à vapeur, le mouvement des vagues, les hélices, le rôle des frottements, etc.


James Watt,

ingénieur et mécanicien écossais (Greenock 1736 - Heathfield, près de Birmingham, 1819). Il rendit la machine à vapeur vraiment utilisable en séparant le cylindre du condenseur et en créant le cylindre à double effet (1770). Puis il imagina la distribution par tiroir (1785) et le régulateur à boules.

motivation (étude de)

Ensemble de méthodes de saisie d’informations ayant pour but d’analyser les attitudes et de comprendre le comportement des individus, notamment leurs comportements d’achat.



Origine

Lorsqu’on passa d’une économie de production, et même de pénurie au moment de la Seconde Guerre mondiale, à une économie de marché, les entreprises durent s’interroger sur ce qu’était leur marché et comment il réagissait à leurs produits. Il ne suffisait plus de produire pour vendre, il convenait de savoir quoi produire, comment présenter les produits, comment les proposer aux clients et les faire connaître. Deux types d’études se sont alors considérablement développés pour aider les directions commerciales : les études de marché, dites « quantitatives », et les études de motivation, dites « qualitatives ».


Méthodes employées

Elles dérivent de la psychologie clinique et ont été peu à peu adaptées aux exigences pratiques du monde des affaires. On pensait au début que pour connaître les désirs des consommateurs, il suffisait de le leur demander en leur posant une série de questions. Or, toute étude portant sur les comportements peut être biaisée de bien des façons. La personne interrogée se sait en position d’interrogatoire et modifie consciemment ou non son comportement. L’interviewer lui aussi en tant que personne propose les questions avec une certaine coloration et interprète les réponses de façon subjective.

Enfin il apparaît à l’analyse que les questions peuvent entraîner des réponses orientées pour trois raisons :
1o l’interviewé agit pour des raisons conscientes et avouables ; il les reproduit alors telles quelles dans ses réponses ;
2o il peut agir pour des raisons conscientes et inavouables : telle personne qui boit douze apéritifs par jour ne le dira pas, car elle ne voudra pas donner d’elle l’image de quelqu’un qui boit ;
3o enfin, il peut agir pour des raisons inconscientes qu’il ne pourra exprimer : une femme qui n’achète pas tels plats préparés dira honnêtement que c’est parce qu’ils sont trop chers, alors que peut-être elle a, sans même s’en rendre compte, mauvaise conscience et souhaite remplir son rôle de ménagère ; sa réponse sera une rationalisation de son acte, honnête mais inexacte, ne dévoilant pas le vrai frein ou le vrai motif d’achat.

Les méthodes actuelles se sont donc affinées. Elles font appel à l’entretien non directif au cours duquel le questionneur intervient le moins possible, se contentant d’inciter son interlocuteur à parler, en reformulant ses réponses, en les clarifiant éventuellement, en manifestant son intérêt par une attitude neutre dite « de compréhension », en ne donnant jamais son point de vue. Ces entretiens peuvent également être complétés par des tests projectifs. La puissance des images est très importante, plus frappante qu’une description verbale, et les personnes interrogées s’impliquent mieux dans des situations visualisées que seulement décrites. On utilise pour cela des dessins de personnages en situation, les personnes interrogées remplissant les « bulles » de ces bandes dessinées. On peut aussi proposer des séries de personnages et de produits et demander de les apparier. On fait classer des caractéristiques de produits par importance, en les comparant deux à deux, etc.

À l’inverse des études de marché, qui cherchent à toucher le maximum de personnes pour avoir un échantillon représentatif de la population, l’étude de motivation soumet un échantillon restreint à une multiplicité d’investigations pour mieux cerner les phénomènes profonds, pour appréhender les mobiles d’action puisque ces phénomènes ne se révèlent que difficilement et que, pour les interpréter avec le minimum d’erreur possible, il est nécessaire d’opérer des recoupements. Il s’agit donc de méthodes particulièrement intensives, utilisées notamment au début des études pour déterminer les principaux axes de recherches, les thèmes fondamentaux à creuser, pour ne rien omettre, tout en se gardant des idées a priori. Ces données seront ensuite développées par des études sur des échantillons plus larges, réalisés par des procédés plus simples de questionnaires préétablis.

Les entretiens peuvent se pratiquer à deux niveaux, soit en groupe pour recueillir un maximum d’idées et favoriser les associations, soit individuels pour les entretiens non directifs en profondeur. Seuls des psychologues expérimentés, ayant en outre une bonne connaissance des réalités de l’entreprise, peuvent pratiquer ces interviews, interpréter valablement leur contenu et en présenter les résultats de façon utilisable concrètement sur le plan commercial.