Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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Montréal (suite)

L’Exposition de 1967 s’étendait sur 400 ha et constituait une ville fantastique où se juxtaposaient des architectures hétéroclites. Parmi les nombreux pavillons thématiques et nationaux, trois étaient caractérisés par une innovation technologique certaine et une recherche architecturale originale : ceux des États-Unis et de l’Allemagne occidentale et surtout celui de l’« Habitat 67 ».

Le dôme géodésique américain est l’œuvre de Richard Buckminster Fuller (né en 1895). Cette sphère tronquée de 90 m de diamètre est en matières plastiques. Les Plexiglas transparents qui occupent l’intérieur des tétraèdres donnent à l’ensemble un aspect éphémère masquant la rigidité des tubes d’acier. Ces mêmes caractéristiques de transparence de l’architecture, propre à l’enveloppe extérieure, se retrouvent dans le pavillon allemand de Frei Otto (né en 1925) et Rolf Gutbrod (né en 1910), immense tente à mailles d’acier doublées d’une membrane de polyester suspendue à huit mâts.

« Habitat 67 » est un immeuble d’habitation conçu par un jeune architecte canadien, Moshe Safdie (né en 1938) : les 354 « unités modulaires » que forment les pièces s’imbriquent les unes dans les autres, se chevauchent, s’enjambent, s’avancent en porte à faux. Ce vaste jeu de cubes, superposition de parallélépipèdes vitrés, constitue une petite ville avec son réseau de circulation horizontale couvert de voûtes en Plexiglas. Le toit de chaque cellule sert de jardin au logement supérieur. Les combinaisons possibles à partir de cellules préfabriquées (cellule-pièce et noyau sanitaire) ont permis la création de quinze types de logement. Cette construction sans « structure préalable » n’engendre aucune façade uniforme comme dans le cas des immeubles traditionnels. L’ensemble donne une impression d’habitat individuel dans une structure collective où chaque « maison » a des caractères spécifiques d’orientation et d’exposition à la lumière.

Les infrastructures et de nombreux bâtiments (stade, musée, théâtre, « Habitat 67 ») ont été réalisés pour servir de point de départ et de cadre à la future extension de Montréal. Cinq années ont suffi pour modifier complètement le caractère de la cité.

M.-M. F.


Les fonctions

Les zones industrielles sont de deux types. Les plus anciennes comprennent d’abord des industries élaborant des produits de consommation destinés au marché canadien et particulièrement montréalais (alimentation, textile, cuir, tabac) ; établies à la périphérie de la ville vers la fin du xixe s., elles sont aujourd’hui noyées dans la masse urbaine. Elles comprennent aussi des industries lourdes (métallurgie, construction navale et ferroviaire) installées à proximité des grandes voies de communication : le canal de Lachine, le port, les voies ferrées sont bordés de zones industrielles presque continues. Faute de place, les nouvelles zones industrielles sont éloignées du noyau urbain principal ; elles se localisent dans le sud de l’île de Montréal, à Lachine, à Dorval, à Ville-la-Salle (construction mécanique, électrique, aéronautique ; industrie pharmaceutique), dans l’Est de Montréal, à Montréal-Est, à Pointeaux-Trembles (raffinerie, électrométallurgie), et, plus récemment, sur la rive droite, à Saint-Lambert, à Longueuil, à Saint-Bruno (industries chimiques et alimentaires ; construction de pièces d’avion et montage d’autos).

Montréal est de loin le premier centre industriel de la province de Québec (63 p. 100 de la production et 60 p. 100 de la main-d’œuvre de la province). L’industrie occupe 36 p. 100 de la population active de Montréal, principalement dans quatre groupes d’activités. Au premier rang figurent les industries utilisatrices de métaux à tous les degrés (un tiers des emplois) ; ce sont le laminage de l’acier, la fabrication des tôles, des tubes, des charpentes, des câbles et des fils en acier, la production des ferro-alliages, l’affinage du cuivre, puis, à un stade plus avancé, la construction du matériel ferroviaire (locomotives Diesel, wagons, rames de métro), l’assemblage des automobiles, la construction navale, la fabrication des machines-outils, des moteurs, des engins de levage, de broyage et de terrassement, enfin, au niveau supérieur, la construction aéronautique (Canadair, principale usine au Canada, 10 000 emplois), l’équipement électrique (Northern Electric, autant d’emplois).

Les branches traditionnelles du textile, de la confection et du cuir occupent un quart de la main-d’œuvre ; Montréal tient la première place parmi les centres produisant des vêtements de femmes et d’enfants ainsi que des vêtements de fourrure. Les industries alimentaires (abattoirs, brasserie, sucrerie, meunerie et biscuiterie, confiserie, salaisons) ainsi que celles des tabacs et cigarettes ont également une importance ancienne. Les industries du pétrole et la cimenterie tiennent une place plus remarquable pour la production que pour la main-d’œuvre employée. Des activités nouvelles sont en pleine expansion aujourd’hui, telles celles de l’équipement électronique, des produits chimiques et pharmaceutiques.

Un équilibre existe entre les petites entreprises (moins de 50 ouvriers), les moyennes (de 50 à 500 ouvriers) et les grandes (plus de 500 ouvriers). Parmi ces dernières, douze établissements de plus de 1 500 ouvriers emploient 40 000 personnes au total et assurent 20 p. 100 de la production.

Comme centre commercial, Montréal a une importance nationale et continentale. C’est non seulement un nœud ferroviaire, mais aussi une plaque tournante des relations aériennes. Le trafic de l’aéroport de Dorval s’est accru considérablement ces dernières années : à tel point qu’il a dû être relayé, à partir de 1975, par le nouvel aéroport de Mirabel, à environ 35 km au nord-ouest du centre de la ville.

Le port de Montréal a été longtemps le premier du Canada et le second de l’Amérique du Nord. Aujourd’hui, une dizaine de ports américains ont un trafic plus important.