Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

missile (suite)

Armes de l’aviation d’interception, d’assaut et de bombardement, les missiles lancés d’avions présentent une gamme étendue qui est fonction de l’avion lanceur. À la série des air-air américains « Falcon » ont succédé le « Phœnix », le « Sidewinder » et le « Sparrow ». Parmi les air-sol, on citera le « Hounddog », dont la grande portée (1 000 km) évite aux bombardiers le franchissement des défenses adverses, et le « Shrike », autoguidé sur les émissions radars, qui a pour mission de neutraliser les radars de la défense. Du côté soviétique, le missile aérodynamique de grande dimension « Kangaroo », avion sans pilote télécommandé, est celui auquel est attribuée la plus grande portée (supérieure à 500 km). Quant au « Martel », air-sol résultant de la collaboration franco-britannique, il utilise le guidage par télévision.


Les missiles de défense aérienne

La défense par missiles des troupes au sol contre les attaques aériennes à très basse altitude est assurée par des projectiles autoguidés de petit calibre. Ceux-ci sont montés sur véhicule ou facilement transportables et mis en action, tels le « Chaparral » et le « Red Eye » américains, le « Rapier » britannique et le « Roland » franco-allemand. La défense à moyenne et à haute altitude est assurée, du côté occidental, par le « Hawk » américain, autoguidé, qui arme les forces de l’O. T. A. N. et est fabriqué sous licence dans différents pays, dont la France. La Grande-Bretagne dispose en propre du « Thunderbird », et les États-Unis de la série des « Nike » et du « Bomarc », avion sans pilote à grand rayon d’action dirigé du sol. Du côté soviétique, les forces du champ de bataille sont armées du S. A. M. 4 « Ganef », aérodynamique, monté par trois sur châssis mobile, et du S. A. M. 6 « Gainful », alors que la défense de zone est confiée au S. A. M. 2 « Guideline », avec lequel a été abattu en 1960 un avion de reconnaissance américain à 20 000 m d’altitude et qu’on a largement utilisé au Viêt-nam et en Égypte ; mais l’absence d’autoguidage en rend l’efficacité aléatoire (v. aérienne [défense]).

Les différentes marines sont également années de missiles tactiques air-sol, tels que le « Talos », le « Tartar » et le « Terrier » américains, le « Sea Dart », le « Sea Slug » et le « Sea Wolf » britanniques ainsi que le missile « Masurca » français.

La défense antimissile

Les progrès accomplis au cours des années 60 dans les domaines de l’acquisition de l’objectif, du guidage et de l’efficacité des têtes ont permis l’extrapolation de la défense aérienne* à la défense anti-« ICBM », à condition, toutefois, de disposer d’un délai de préavis suffisant. Dès 1962, un « Nike Zeus » lancé de Kwajalein (îles Marshall) interceptait un « ICBM » lancé de Vandenberg (côte ouest des États-Unis). Les essais nucléaires souterrains avaient d’autre part pour objet la mise au point de charges efficaces à grand rayon d’action contre les têtes des « ICBM » assaillants.

Mais, en contrepartie, l’émission de leurres entourant la tête active et le durcissement des ogives rendaient l’interception et la neutralisation plus aléatoires. Aussi, dès 1967, les Américains décidèrent-ils d’ajouter au « Spartan » (« Nike Zeus » amélioré), d’interception exo-atmosphérique, l’antimissile « Sprint », doué d’une très grande vitesse, pour l’interception intra-atmosphérique en cas d’échec du « Spartan » dû à l’imprécision de l’acquisition du fait des leurres.

• Spartan : 3 étages à propergols solides, 17 m de long, 1 m de diamètre, 3 m empennage compris, portée supérieure à 180 km, guidage radar, puissance explosive de plusieurs mégatonnes. Il est tiré de silos. Les essais d’interception datent de 1971.

• Sprint : 2 étages à propergols solides, forme conique de 8 m de haut et de 1,40 m de diamètre à la base, portée 45 km. Il est tiré de silos.

Les essais d’interception ont débuté en 1970, et l’on escomptait alors leur efficacité contre les « SLBM ». Le système antimissile « Safeguard » (ex-« Sentinel ») comprend en outre les radars d’acquisition et de poursuite « PAR » (Perimeter Acquisition Radar) et les radars de poursuite et de guidage « MSR » (Missile Site Radar).

• Du côté soviétique, l’antimissile « Galosh », à deux étages et à propergols liquides, apparu pour la première fois dans un conteneur en 1964 à la parade de Moscou serait, avec ses 18 m de long et son poids d’une trentaine de tonnes, plus puissant que le « Spartan » américain. Sa portée est évaluée à 700 km. Il ne semble pas que l’U. R. S. S. dispose d’un homologue du « Sprint » pour l’interception intra-atmosphérique.

Mais le coût très élevé des missiles et surtout celui des radars associés rendent extrêmement onéreux un système antimissile, dont l’efficacité est d’autant plus limitée que se perfectionnent les aides à la pénétration et que s’améliore la précision des « ICBM ». Aussi, lors du voyage du président Nixon à Moscou, les États-Unis et l’U. R. S. S., par la convention du 26 mai 1972, ont-ils décidé de limiter le déploiement des systèmes antimissiles à la défense d’un seul site de missiles stratégiques et à la protection d’une grande agglomération (en principe la capitale).

F. A.

➙ Aérienne (défense) / Armement / Autoguidage / Autopropulsé (projectile) / Défense / Désarmement / États-Unis / Nucléaires (armes) / Projectile / Stratégie / U. R. S. S.

 J. Pellandini, Fusées et missiles (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1957 ; 3e éd., 1970). / E. G. Schwiebert, A History of the U. S. Air Force Balistic Missiles (New York, 1965).

missions

Ensemble des organismes religieux chargés de la propagation de la foi chrétienne dans les pays non chrétiens.



L’Église missionnaire

La plénitude de l’évangile, c’est, pour le chrétien, l’unité de la vie et de la foi, c’est une praxis tout entière enracinée dans la joie de la connaissance. C’est parce qu’elle est au service de cette plénitude que l’Église est missionnaire ; bien plus, ceux qui ont été illuminés par le Christ et qui, ainsi, sont comme « nés de nouveau » n’existent pas pour jouir d’un trésor qu’ils ne partageraient avec personne. Sachant quelle libération représentent le pardon quotidien et l’espérance ultime, ils ne peuvent que la signifier et la transmettre, conscients, au reste, que l’évangile ne saurait devenir possession ou capital spirituel et qu’on ne le reçoit qu’en le transmettant sans cesse à ceux qui ne le connaissent pas encore et en vivent pourtant sans le savoir.

Ces considérations, au-delà de l’histoire des missions chrétiennes, qui contient les pages les plus pures et les péripéties les plus sombres de l’aventure de la communauté chrétienne dans ce monde, déterminent la réflexion œcuménique actuelle sur la mission. On peut ici relever quatre points.