Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

Minnesota (suite)

L’extraction du minerai de fer est un des piliers de l’économie. On exploite les gisements d’hématite (à 51 p. 100 de fer) de Mesabi (le principal), de Vermilion et de Cuyana. Des changements techniques sont intervenus depuis la guerre : extraction à ciel ouvert (par strip mining) et à longueur d’année, exploitation de la taconite à magnétite (25 p. 100) enrichie à 63 p. 100. La production atteint 57 Mt (les deux tiers de celle des États-Unis) et vaut environ 570 millions de dollars. Duluth et Two Harbors sont les ports d’expédition.

L’industrie occupe 300 000 personnes et représente 3,8 milliards de dollars de valeur ajoutée. Les industries alimentaires (abattoirs, minoteries, laiteries, huileries de graine de lin) sont maintenant dépassées par la construction mécanique non électrique (dixième rang aux États-Unis) et électrique. Citons aussi la production du papier (septième rang), l’industrie chimique, l’impression-édition et la sidérurgie (à Duluth).

La population urbaine longtemps minoritaire dans un pays d’agriculture, d’élevage et d’exploitation forestière atteint, grâce à l’industrialisation récente, le taux de 66 p. 100. La principale agglomération (1 815 000 hab.) est celle de Minneapolis* - Saint Paul. Duluth (110 000 hab. ; 280 000 hab. avec le port jumeau de Superior dans le Wisconsin) expédie le maïs, le soja, le blé du Minnesota, des Dakotas, du nord de l’Iowa et du Nebraska, ainsi que le minerai de fer ; les sorties (35 à 40 Mt) dépassent largement les entrées (3 à 5 Mt de charbon et de coke). Le trafic de minerai par Two Harbors atteint 12 à 15 Mt.

P. B.

➙ Minneapolis - Saint Paul.

Minsk

V. de l’U. R. S. S., capit. de la Biélorussie* ; 907 000 hab.


L’importance de Minsk est due à sa situation sur la grande route traditionnelle menant de la Pologne à Moscou empruntée par les marchands et les armées. Au pied des collines morainiques, ou « hauteurs de Minsk », sur les deux rives d’un affluent de droite de la Berezina, la Svislotch, une cité est mentionnée en 1067, sans doute marché et forteresse, à la limite des marécages. Au xiie s., elle joue un rôle de capitale régionale, comme siège d’une principauté. Elle devient, du xive au xvie s., le centre historique du peuple biélorusse. Gros marché de bétail, de lin, de céréales au xviiie s., elle doit son développement à des colonies de marchands étrangers (Russes, Ukrainiens, Polonais, Israélites avant 1940 ; la ville a compté jusqu’à 40 p. 100 de population d’origine juive). Les industries nées du négoce s’y sont développées : tanneries et manufactures de chaussures, filatures et tissages de lin et de laine, minoteries et distilleries.

La Seconde Guerre mondiale a complètement bouleversé la physionomie et la structure de la ville. Située sur l’un des axes majeurs de l’invasion hitlérienne en 1941, enjeu de la lutte des partisans, nombreux dans les marécages de Polésie au sud, reprise en 1944, à la suite d’une grande bataille, par l’armée rouge, la ville a été presque complètement ravagée. La majeure partie a été reconstruite sur un plan en damier autour d’un centre monumental composé de trois places (la place de la Gare, la place de la Victoire, avec un obélisque, et la place Lénine) avec des parcs et de larges avenues ombragées (dont l’avenue Lénine) et à partir duquel s’étirent les anciens faubourgs rénovés, avec, ajoutés, de grands ensembles résidentiels.

La composition de la population a radicalement changé. En 1945, la ville est loin d’avoir retrouvé le niveau de 1939 (237 000 hab.). La population juive a été déportée et massacrée et une faible partie est restée. Les Polonais ont été rapatriés dans les nouvelles frontières de leur patrie. En compensation, une immigration ukrainienne et russe a transformé la physionomie ethnique et démographique de la ville. Enfin, la reconstruction, d’abord lente, s’est accélérée dans les années 1960. La ville atteint le demi-million d’habitants pour la première fois au recensement de 1959 et s’accroît de plus de 80 p. 100, un des taux de croissance les plus élevés à l’ouest de l’Oural, entre les deux derniers recensements (1959 et 1970).

De nouvelles fonctions se sont en effet ajoutées au rôle traditionnel. Aux industries, rénovées et modernisées, de la première génération (textiles et alimentation) s’ajoutent des branches modernes d’industries de large consommation, employant une main-d’œuvre qualifiée, utilisant des quantités relativement faibles de matière première venant des grands foyers industriels de l’Union. La mécanique de précision émerge : horlogerie (déjà introduite au xixe s.), roulements à billes, machines-outils, appareillage ménager ; moyens de transport individuels (motos et bicyclettes) ; électronique, radio et télévision par l’entreprise Ordjonikidze, production de calculateurs, en rapport avec les orientations scientifiques d’un institut de recherches mathématiques. L’entreprise employant le plus de main-d’œuvre est le combinat de tracteurs et de camions-bennes de la marque MAZ.

Ainsi, Minsk assure le quart de la production de l’industrie légère de la Biélorussie, le cinquième des produits alimentaires et du textile (en particulier des peignés et du drap).

La fonction culturelle s’est développée parallèlement. L’université Lénine comprend plusieurs facultés et instituts. L’académie des sciences de Biélorussie y fut fondée dès 1929. La bibliothèque nationale a été entièrement rénovée. Bien que, en raison des destructions de la guerre, la ville ne compte plus guère de monuments historiques, des musées (musée ethnographique notamment) ont été reconstitués.

Minsk doit jouer deux nouveaux rôles dans un proche avenir. D’abord située sur la grande voie d’accès des touristes occidentaux empruntant l’automobile, c’est une ville largement « ouverte » qui offre aux environs des paysages reposants : bois, bocages et, sur la Svislotch, la « mer de Minsk », barrage-réservoir aménagé en vue du ravitaillement en eau de la ville et destiné aux sports nautiques. Ensuite, Minsk est atteinte par une branche du gazoduc provenant des gisements de Dachava, en Ukraine occidentale ; il est probable que le gaz sera utilisé non seulement comme source d’énergie, mais comme matière première ; il doit être à l’origine du développement d’une industrie chimique moderne.

A. B.

➙ Biélorussie.