Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

minimal art (suite)

Enfin, par son caractère « antiformel » — simplification extrême de la structure et absence de reflet personnel —, l’art minimal a eu une influence considérable, en particulier sur l’art conceptuel où l’image cède la place à une représentation textuelle. La plupart des « minimalistes » sont sinon des théoriciens, au moins des artistes qui consacrent toute une partie de leurs recherches à expliquer et définir leur œuvre (Don Judd a même été critique d’art avant d’être artiste). Par là, ils ouvrent la voie à un art qui rejette les préoccupations plastiques pour ne plus s’interroger que sur lui-même et sur sa propre analyse.

A. P.

➙ Abstraction / Conceptuel (art) / États-Unis / Sculpture.

 G. Battcock, Minimal Art, a Critical Anthology (New York, 1968).
Catalogues d’expositionsPrimary Structures : Younger American and British Sculptors (New York, 1966). / L’Art du réel, USA 1948-1968 (Paris, 1968).

minimum vital

Seuil, exprimé en monnaie*, en deçà duquel les besoins essentiels de l’homme ne sont pas assurés.


C’est dans les discussions et les négociations relatives à la fixation et à la réglementation des salaires des travailleurs que la notion de minimum vital se trouve essentiellement évoquée. Elle intervient comme référence de base dans la détermination du salaire minimal, celui au-dessous duquel aucun travailleur ne devrait être employé sous peine de voir non couverts ses besoins matériels et sociaux et ceux de sa famille. Si la définition retenue à partir des éléments strictement nécessaires à l’existence des hommes n’offre pas de difficulté particulière, par contre cette notion demeure vague dès qu’il s’agit de préciser son contenu. Cette difficulté recoupe d’ailleurs celle que l’on peut trouver avec des notions voisines, le budget minimal par exemple.

Préciser le contenu de la notion de minimum vital suppose une analyse rigoureuse des éléments qui la composent, les besoins : la notion qui se trouve mise en cause est celle de besoins minimaux de l’homme.

On admet que cette dernière notion recouvre en premier lieu les besoins physiques, c’est-à-dire ce qui est nécessaire pour maintenir en vie l’individu et lui conserver sa capacité de travail*. Si ces besoins correspondent sensiblement à ceux de nourriture, d’habillement, de logement* et de chauffage, il est bien évident qu’ils sont variables selon les époques ou les pays, en raison des conceptions sur le niveau* de vie, des habitudes de consommation, des conditions de travail et du milieu d’activité, rural ou urbain. La détermination de ces besoins ne sera pas exempte d’arbitraire.

Parmi les différents éléments du minimum vital, les besoins alimentaires paraissent cependant évaluables avec plus de précision que les autres (v. aliment). Mais, même dans ce domaine, de sérieuses divergences se manifestent : le calcul des besoins diététiques normaux ne peut aboutir, au mieux, qu’à des approximations sommaires à cause d’estimations variables des besoins en protéines animales ou végétales. Il n’est pas facile d’évaluer les besoins alimentaires selon les dépenses d’énergie qu’entraînent des types différents d’activité : entre une activité sédentaire et une activité intense, le chiffre passe de 2 800 à 4 400 calories. Déduire les besoins alimentaires des jeunes, des enfants et des personnes âgées de ceux de l’adulte normalement actif du sexe masculin suscite de nombreuses et sérieuses réserves. Le minimum de nourriture nécessaire au maintien permanent de la santé* et de la capacité de travail doit, de plus, être suffisamment varié pour éviter soit une certaine insatisfaction, soit des carences alimentaires graves, cela posant un difficile problème d’évaluation du degré de variété acceptable.

L’évaluation des besoins sociaux, admis comme liés aux usages suivis par une société, n’échappe pas davantage à l’arbitraire. Les femmes canadiennes sont habituées à mettre des vêtements de fourrure en raison des conditions climatiques, alors que les femmes françaises en portent très peu : il est probable que les fourrures représentent un besoin social, admis par la société canadienne, de telle façon que celle qui n’en possède pas se fait remarquer. En France, c’est la situation inverse qui prévaut : la fourrure est identifiée à un objet de luxe, ajoutant un élément de distinction à celle qui en possède. Les mêmes observations pourraient être présentées en ce qui concerne le téléphone, le réfrigérateur, la télévision et la salle de bains : certains pays ne les rangent pas encore au nombre des besoins minimaux. Notion relative, devant être interprétée en fonction des coutumes de la société à laquelle appartient le consommateur, il est bien évident qu’en pratique il faudra procéder à une estimation distincte pour chaque pays ou même pour chaque région dans les grands pays. D’une façon générale, il n’existe aucune méthode permettant de concilier les divergences d’opinion sur ce qui doit être considéré comme besoins sociaux. De même, la démarcation entre besoins physiques et besoins sociaux ne s’établit pas nettement. Un régime alimentaire agréable et varié peut être regardé soit comme un besoin physique soit comme un besoin social. Cette ambiguïté apparaît encore mieux avec les vêtements : ceux-ci remplissent non seulement une fonction biologique (protéger les individus contre le froid), mais aussi sociale (rôle d’apparat de l’habillement).

Toutes ces remarques soulignent la difficulté rencontrée pour évaluer les besoins minimaux. D’une façon générale, pour les mesurer, on commence par déterminer quels biens, et en quelles quantités, doivent être considérés comme nécessaires. Comme il est commode de procéder à une estimation monétaire des dépenses nécessaires pour obtenir le minimum vital, la plupart des enquêteurs évaluent ensuite le prix du « panier » des biens, de façon à les comparer au revenu dont disposent les familles des groupes sociaux considérés.

G. R.

➙ Consommation / Demande / Revenus.