Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

migrations animales (suite)

 R. Thévenin, les Migrations des animaux (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1942 ; 5e éd., 1968). / G. V. T. Matthews, Bird Navigation (Cambridge, 1955 ; 2e éd., 1968). / J. Dorst, les Migrations des Oiseaux (Payot, 1956). / E. Eastwood, Radar Ornithology (Londres, 1967). / F. R. H. Jones, Fish Migration (Londres, 1968). / G. Blond, la Grande Aventure des migrateurs (Fayard, 1969). / M. Ricard, les Migrations animales (Gerard, Verviers, 1971).

Milan

En ital. Milano, v. d’Italie, la deuxième par la population, mais la première par l’importance économique ; 1,8 million d’habitants (Milanais).


Première place bancaire et financière du pays, à la tête de la plus puissante concentration industrielle nationale, commandant les destinées d’une vaste région à haut niveau de vie, elle est un des pôles directeurs de toute l’économie nationale. Cité profondément italienne, mais qui échappe à tout ce qui est le cliché de l’Italie, Milan a pris place dans le groupe des grandes métropoles européennes, dont elle connaît la prospérité, mais aussi les problèmes.


Les facteurs de la puissance milanaise

Ils sont nombreux. La ville a bénéficié de la convergence continue, au cours des siècles, de données favorables à une intense activité. Les données géographiques apportent d’abord leur contribution. Milan est dans une position de grand carrefour. Au cœur de la plaine padane, elle communique aisément avec la Méditerranée à travers l’Apennin, par le col dei Giovi et la vallée du Polcevera débouchant à Gênes. Surtout, elle est le débouché de plusieurs routes transalpines dont la plus importante est, à côté des voies du Simplon, du Splügen, du San Bernardino, la route du Saint-Gothard. C’est grâce à ce col que Milan est devenue la ville privilégiée de l’Italie du Nord pour les relations avec l’Europe industrielle. Par ailleurs, Milan est au contact de régions riches et complémentaires. La montagne alpine est à peine à une cinquantaine de kilomètres. Entre elle et Milan s’étendent des collines morainiques et une haute plaine sèche. Jadis zone céréalière et d’élevage du ver à soie, c’est aujourd’hui le lieu préférentiel des implantations industrielles. Au sud de la ville, on passe à une basse plaine humide descendant lentement vers le Pô. Intensément irriguée depuis des siècles, c’est une zone de grande agriculture dans laquelle l’industrie apparaît depuis quelques années sous la pression des intérêts milanais. La position de Milan est donc excellente. Son site, par contre, est insignifiant, mais c’est finalement un avantage. Ville de plaine, sans relief, sans fleuve, Milan ne trouve aucune contrainte physique à son extension. Il en résulte que la région a connu précocement de fortes densités, alimentées par l’accroissement naturel comme par de puissants mouvements migratoires. La ville possède une grande tradition historique. Depuis des siècles, elle est la deuxième ville d’Italie, un centre industriel important (armures milanaises du Moyen Âge), une place marchande essentielle. La valorisation de la position géographique s’est faite par la mise en place de réseaux de transports efficaces. Depuis longtemps, les Milanais ont développé un réseau routier correspondant à leurs intérêts économiques, mais le premier système de transport de masse a été le chemin de fer. De 1840 au début du xxe s., les lignes actuelles ont été établies avec deux dates essentielles, l’ouverture du tunnel du Saint-Gothard en 1882 et celle du tunnel du Simplon en 1906. Le district ferroviaire de Milan est aujourd’hui le plus actif du pays tant pour le trafic des voyageurs que pour celui des marchandises. Puis les Milanais ont bâti un réseau routier et autoroutier de premier ordre et auquel de constantes améliorations sont apportées. Toutes les grandes autoroutes italiennes partent de Milan. Si Rome dépasse Milan pour le trafic aérien, les deux aéroports milanais (Linate, Malpensa) assurent pourtant 20 p. 100 du trafic national. Quant à la voie d’eau, elle connaît l’espoir d’un renouveau, non pas à cause des anciens canaux médiévaux aujourd’hui bien dépassés, mais grâce au creusement du nouveau canal Milan-Crémone-Pô.

En outre, Milan et la Lombardie ont pu bénéficier avant les autres régions d’un approvisionnement aisé en énergie. C’est l’hydro-électricité qui a permis l’industrialisation italienne. Or, les ressources hydrauliques lombardes sont grandes ; de plus, sur le Tessin comme sur l’Adda, grâce à l’abondance des débits permettant la réfrigération, on peut facilement installer des centrales thermiques. Le sixième de la puissance électrique installée italienne est établi en Lombardie. C’est à Milan qu’est née la société Edison (1884), qui devait devenir le trust de l’électricité en Italie jusqu’à la nationalisation.

Quand les hydrocarbures sont devenus prépondérants dans le système énergétique, Milan a encore été avantagée, car c’est à proximité que l’on a découvert le méthane ; les facilités de communications avec Gênes ont suscité l’installation de raffineries dans la région milanaise. Le centre d’études de l’ENI (Ente nazionale idrocarburi), Metanopoli, se trouve à la sortie sud de Milan, ce qui place ainsi la ville au centre de la politique nationale en matière d’hydrocarbures.

Ces facteurs favorables auraient pu faire de Milan une grande capitale régionale, sans plus. Mais la cité, en trois siècles, s’est approprié la fonction de direction économique du pays tout entier.


L’évolution économique

Elle est marquée par plusieurs phases. Pendant tout le Moyen Âge, la ville a connu de forts développements, mais la prospérité médiévale disparaît pendant la période de l’occupation espagnole (xvie-xviie s.). Puis, au xviiie s., Milan passe sous l’autorité autrichienne. Les « despotes éclairés » vont accomplir des réformes importantes. Dans l’industrie, leur politique protectionniste et interventionniste a des effets limités. Mais, dans le domaine rural, leur action va avoir d’heureuses conséquences. En instituant le cadastre et en imposant toutes les terres, les réformateurs autrichiens poussent à une mise en valeur de toute la région, d’où une accumulation de capitaux qui serviront plus tard l’essor milanais. L’occupation française, sous la Révolution et le premier Empire, procure à Milan une fonction de capitale politique, développe les industries urbaines et fait prendre conscience de leur force aux Milanais. Pendant tout le Risorgimento, le système économique traditionnel s’épanouit. Incluse dans un État centralisé, Milan est un centre commercial de premier ordre. La Lombardie devient une grande région rurale avec des activités exportatrices : les fromages de la basse plaine, les cocons de soie produits dans toute la haute plaine sèche au nord de Milan. L’industrie, encore très liée au monde rural et sous l’autorité des marchands milanais, fait son apparition (soie, coton). Mais c’est l’unité qui va donner à Milan l’occasion de conquérir le marché national. Cela va se faire en plusieurs phases.