Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

aponévrose (suite)

Pathologie de l’aponévrose


Les infections

Le rôle de cloisonnement de l’aponévrose se retrouve dans les infections. Elle protège pendant longtemps les loges voisines de la propagation du foyer de suppuration.


Les ruptures

Mécaniquement, la déchirure de l’aponévrose, qu’elle soit spontanée, liée à un effort violent, post-traumatique (plaie, écrasement), ou postopératoire, a pour conséquence l’apparition d’une hernie musculaire, partiellement visible en certains endroits tels que la face externe de la cuisse ou de la jambe. On voit le muscle qui fait saillie sous la peau, ses contractions sont aisément senties à la palpation.

Une intervention chirurgicale simple peut habituellement remédier à cela, dans la mesure où il existe des troubles réels. C’est le cas, en particulier, lorsque la perte de substance aponévrotique est associée à une perte de substance musculaire, comme cela se rencontre dans les éventrations abdominales. Le traitement en est une aponévroraphie, ou aponévroplastie.


Les articulations à ressaut

Il s’agit principalement de la hanche, au niveau de laquelle un claquement audible et palpable, ou même visible, se produit quand une bandelette aponévrotique épaissie accroche en glissant le bord supérieur du grand trochanter.

Le ressaut, de fréquence et de circonstance de survenue variables, est habituellement bien toléré et ne nécessite qu’exceptionnellement une intervention.

Il est très rare qu’on le rencontre au niveau de l’épaule ou de l’omoplate.


Les aponévrosites

C’est le chapitre le plus important de la pathologie de l’aponévrose. Il concerne principalement la paume de la main, plus accessoirement la plante du pied ou toute autre aponévrose.

La maladie de Dupuytren, ou rétraction de l’aponévrose palmaire, est connue de très longue date, puisque la première description est due au médecin suisse Félix Platter (1536-1614). Elle se caractérise par une flexion digitale permanente, irréductible, progressivement croissante et invalidante. Comme il s’agit d’une affection spécifique de la main*, elle sera étudiée en détail dans le cadre de la pathologie de l’organe de préhension.

De même, son équivalent à la plante du pied*, ou maladie de Ledderhose, sera étudié avec l’organe d’appui.

Il est usuel de rapprocher des aponévrosites les bursites, ou inflammations des bourses séreuses. Les bourses séreuses sont des cavités closes, limitées par une membrane semblable à une synoviale (v. articulation). Elles siègent, en général, au voisinage d’une articulation ou d’un autre endroit où la peau, un tendon ou un muscle glissent sur une saillie osseuse et y subissent des pressions constamment répétées par l’appui du corps.

Les bursites les plus courantes sont l’hygroma du coude* et du genou*, le cor au pied*, qui forment parfois de volumineuses tuméfactions pouvant s’infecter et s’ulcérer. L’exérèse s’impose alors.

Les tumeurs vraies de l’aponévrose, qu’elles soient bénignes ou malignes, sont tout à fait rarissimes.

A. J.

Appalaches

Au sens large, ensemble montagneux étendu sur la façade atlantique de l’Amérique du Nord, du golfe du Mexique à Terre-Neuve ; c’est le système appalachien. Au sens restreint, partie de cet ensemble située aux États-Unis seulement, plus précisément à l’ouest de l’Hudson et au sud des Adirondacks : ce sont les Appalaches proprement dites.



Le système appalachien

Il mesure 2 700 km de longueur de l’Alabama à la Gaspésie, et 3 500 en y incluant Terre-Neuve, c’est-à-dire une fois et demie la longueur de l’Oural (avec lequel il a de nombreux points communs) et trois fois celle des Alpes. Les montagnes Vertes et les montagnes Blanches de Nouvelle-Angleterre, celles du sud-est du Québec (monts Notre-Dame), les hauteurs et dépressions alternantes de Terre-Neuve, les reliefs de Nouvelle-Écosse font partie de cet ensemble. Les altitudes sont modestes pour une chaîne aussi longue : 2 037 m au mont Mitchell, dans le Blue Ridge méridional ; 1 916 m au mont Washington, dans les montagnes Blanches ; 1 268 m au mont Jacques-Cartier, en Gaspésie. La largeur du système appalachien varie considérablement : il s’étrangle et se réduit à 200 km entre les Adirondacks et New York, mais il se dilate sur 700 km entre le bas Tennessee et la plaine côtière de Géorgie, sur 600 km entre la Gaspésie et la côte de Nouvelle-Écosse.

Le système appalachien est formé de deux parties géologiquement différentes. L’une est composée de roches magmatiques cristallines, la plupart d’âge précambrien, et de matériaux sédimentaires et volcaniques, principalement cambriens, plus ou moins métamorphisés. L’orogenèse taconique (Ordovicien) les a soulevés et faillés. Cette partie de l’ensemble appalachien forme tantôt des blocs étroits et élevés, comme le Blue Ridge et les montagnes Vertes et Blanches, tantôt un socle bas et aplani, comme le Piedmont du sud-est des États-Unis et les surfaces analogues de Nouvelle-Angleterre et de Nouvelle-Écosse. À l’ouest de cet ensemble cristallin s’accole l’autre partie du système, qui comprend des sédiments plissés, faillés, chevauchés, localement métamorphisés lors de l’orogenèse proprement appalachienne (au Mississippien ou Carbonifère inférieur), et des sédiments du Carbonifère supérieur, postérieurs à ces mouvements et peu ou pas déformés. Les premiers constituent les crêtes et vallées, et les seconds les plateaux appalachiens. La région sédimentaire plissée des crêtes et vallées est bien développée aux États-Unis ; ailleurs ses formes sont plus massives (Gaspésie), ou encore ses fragments s’intercalent avec ceux de l’autre partie du système (Terre-Neuve). Les plateaux sédimentaires appalachiens ne se rencontrent que dans la section américaine.


Les Appalaches

On considère que les plateaux appalachiens (sédiments peu déformés) à l’ouest, les crêtes et vallées (sédiments très affectés par la tectonique) au centre et le Blue Ridge (bloc cristallin) à l’est constituent les Appalaches américaines proprement dites, auxquelles certains auteurs joignent les parties adjacentes du Piedmont.