Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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Midi-Pyrénées (suite)

La vigne, qui rencontre pourtant des conditions climatiques favorables, n’occupe qu’une faible place. Si l’Armagnac, notamment dans sa partie occidentale autour de Condom et d’Eauze, tire, à juste raison, une large renommée de ses eaux-de-vie, les vins blancs de Gaillac n’ont guère qu’une audience nationale et ceux de Fronton sont essentiellement vendus dans la région toulousaine. La douceur relative du climat et l’ensoleillement de l’été et de l’automne ont permis dans la région de Montauban, bien reliée par chemin de fer à Paris, le développement des cultures arbustives, celui de la vigne pour la production de chasselas et celui des cultures légumières.

L’élevage n’occupe qu’une place secondaire : Midi-Pyrénées ne concourt que pour 5 p. 100 à la production nationale de viande et de lait. On compte 1 300 000 bovins, dont les plus gros effectifs sont dans les Pyrénées, d’une part, et dans l’Aveyron, d’autre part. Ce dernier département élève par ailleurs 730 000 ovins, surtout pour la fabrication du fromage de Roquefort ; ailleurs, notamment dans le Lot, les moutons sont surtout élevés pour la viande (au total 1 640 000). Enfin, dans tout l’est du bassin d’Aquitaine est pratiqué un élevage de volailles très diversifié.

La Région est faiblement industrialisée. Le gisement de gaz naturel de Saint-Marcet, dans le sud de la Haute-Garonne, est presque épuisé. Les houillères du bassin d’Aquitaine, autour de Carmaux et de Decazeville, ne donnent guère plus de 1 Mt de charbon. Assez abondantes sont les ressources en électricité (de 5 à 6 TWh) : hydrocentrales des Pyrénées (vallée d’Aure, Luchonnais et bassin de l’Ariège) et du sud-ouest du Massif central (basse Truyère et Lévezou), ainsi que centrales thermiques du Penchot et d’Albi. Mais une grande partie du courant est expédiée vers d’autres Régions. La plupart des gisements de minerais métalliques des Pyrénées centrales et du sud-ouest du Massif central sont épuisés. Les carrières de marbre (Saint-Béat), de pierres à abrasif et la grande carrière d’altitude de talc de Luzenac, dans l’Ariège, sont toujours actives.

Plusieurs générations industrielles, dont le dynamisme est différent, marquent la Région : industrie textile et travail des peaux dans les villes du Tarn (Mazamet, Graulhet, Castres) ; industries fondées sur la houille, en difficulté, posant des problèmes de modernisation et de reconversion (Carmaux et Decazeville) ; électrométallurgie et électrochimie des vallées pyrénéennes (basse vallée d’Aure, Luchonnais, vallée moyenne de l’Ariège) ; constructions aéronautiques, implantées avant 1939 et, pour certaines, ayant acquis une renommée mondiale dans la fabrication de matériel civil (Toulouse).

Au sud de la France, Midi-Pyrénées a longtemps souffert des difficultés de communication avec les autres Régions et de l’éloignement relatif de Paris. Le développement rapide de Toulouse a rendu nécessaire la mise en place de liaisons ferroviaires et aériennes rapides avec le reste du pays, notamment avec Paris. L’achèvement, pour 1976, de l’autoroute vers le Languedoc et l’amélioration des liaisons transpyrénéennes doivent achever de désenclaver la Région.

S. L.

➙ Albi / Ariège (départ.) / Aveyron (départ.) / Garonne / Garonne (Haute-) / Gers (départ.) / Lot (départ.) / Montauban / Pyrénées / Pyrénées (Hautes-) / Tarbes / Tarn (départ.) / Tarn-et-Garonne / Toulouse.

 P. Barrère, R. Heisch et S. Lerat, la Région du Sud-Ouest (P. U. F., 1962 ; 2e éd., 1969). / Atlas Midi-Pyrénées (Berger-Levrault, 1970).

Mies van der Rohe (Ludwig)

Architecte américain d’origine allemande (Aix-la-Chapelle 1886 - Chicago 1969).


Parmi tous les architectes de la première moitié du xxe s., il est, avec Le Corbusier* et Wright*, l’un des trois plus grands — dont le langage autant que les théories ont inspiré leurs contemporains jusqu’à l’excès.

Ludwig Mies — Van der Rohe par sa mère — est le fils d’un maître maçon et tailleur de pierre. Élève d’une école professionnelle de dessin, il entre à quinze ans comme apprenti chez des décorateurs locaux, pour lesquels il exécute des décors « Renaissance » dans des immeubles de rapport.

Dès l’âge de dix-neuf ans, il part pour Berlin et entre très rapidement dans l’atelier de Bruno Paul (1874-1968), l’un des meilleurs dessinateurs de meubles à cette époque. Deux ans après, il construit sa première maison (maison Riehl, 1907), dans le style populaire du xviiie s. Il a encore beaucoup à apprendre avant de franchir le pas qui sépare l’Art* nouveau allemand et son esthétique décorative de l’architecture proprement dite : Peter Behrens (1868-1940), chez qui il entre en 1908, l’y aidera — comme il aide à la même époque Walter Gropius* et Le Corbusier, dont la formation passe par son atelier.

En 1911-12, Peter Behrens construit l’ambassade d’Allemagne à Saint-Pétersbourg, dans ce style « à la manière de Schinkel* » que Henry Van de Velde qualifiait si méchamment de « néo-Biedermeier » et qui est caractéristique du retour néo-classique à la veille de la Première Guerre mondiale. Mies est architecte d’opérations pour l’ambassade d’Allemagne. En 1912, il est invité à La Haye par Mme H. E. L. J. Kroller pour préparer le projet d’un musée Kröller-Müller, dont elle avait initialement demandé les plans à Behrens (et qui sera construit, en réalité, par Van de Velde). La maquette du musée sera étudiée avec tant de soin qu’on en réalisera un montage sur place, grandeur nature. Le projet, bien que d’essence néoclassique, est intéressant par le jeu des masses géométriques et les rapports entre espaces, que facilite l’utilisation d’un portique. Mies est encore l’auteur, à cette époque, d’un projet pour le monument de Bismarck à Bingen (démarqué d’après le projet de Schinkel pour l’Acropole, 1834), d’une esquisse pour sa maison personnelle à Werder et de la maison Urbig à Berlin-Neubabelsberg (1914), toujours dans un style très traditionnel.