Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

aplanissement (suite)

Bien des auteurs, cependant, mettent en doute l’efficacité du système morphogénétique des régions tempérées humides, et nient la réalité de la pénéplanation. Ces critiques sont fondées en particulier sur le fait que les grandes surfaces d’aplanissement qu’on y observe ont été façonnées sous des climats tropicaux et plus ou moins dégradées ultérieurement par des climats frais. On ne saurait admettre, d’autre part, les théories de L. C. King suivant lesquelles la pédiplanation serait le processus universel de l’évolution actuelle du relief.

Il paraît raisonnable de penser que la pédiplanation est la forme la plus efficace de l’aplanissement du relief, et qu’on lui doit la plupart des grandes surfaces d’érosion, sinon toutes. Mais, le plus souvent, les aplanissements se révèlent éminemment complexes : leur élaboration nécessite une très longue évolution, qui ne se fait jamais sans que des déformations du sol, des modifications climatiques ou des variations eustatiques du niveau marin ne viennent en troubler le déroulement. Aussi la surface d’aplanissement juxtapose-t-elle de multiples retouches d’âge varié, qui peuvent être liées à des déformations tectoniques de faible amplitude, répétées et irrégulières, aussi bien qu’à des changements climatiques qui ont remodelé une même surface, les deux causes pouvant interférer. Suivant les auteurs, ces surfaces sont désignées avec des acceptions plus ou moins étroites par les expressions d’aplanissement polygénique, ou polycyclique, voire polychronique.

Au reste, tous les aplanissements n’impliquent pas une ablation équivalente. C. Klein propose à juste titre de distinguer les surfaces d’aplanissement authentiques, « qui sont devenues planes au terme d’une évolution au cours de laquelle un volume considérable de matériaux a été enlevé à la région », et les surfaces de régradation, « qui dérivent d’une topographie originellement plane et qui ont persisté dans leur état à travers et malgré les vicissitudes de leur histoire tectonique, le travail de l’érosion se soldant au total par une perte de substance relativement modeste ».

Les surfaces d’aplanissement sont l’un des thèmes majeurs du relief des régions de plate-forme : les socles, indurés depuis des temps très lointains et relativement stables ainsi que les couvertures qu’ils supportent et auxquelles ils impriment leur style de déformation, réunissent en effet les meilleures conditions pour permettre le façonnement d’aplanissements étendus. Dans les chaînes de montagne, en revanche, les aplanissements ne jouent qu’un rôle secondaire dans le relief, sauf dans certaines chaînes intracontinentales, qui portent le témoignage d’aplanissements anciens en position culminante (T’ien-chan, monts Ibériques). Certains auteurs ont voulu reconnaître dans des chaînes jeunes comme les Alpes la trace de surfaces anciennes dans la concordance d’altitude des crêtes (Gipfelflur des auteurs allemands). Rien ne paraît plus hasardeux : on a pu montrer que la masse des débris accumulés depuis le début du Pliocène dans les plaines du Pô dépasse de beaucoup le volume du relief en creux par rapport à cette surface supposée.

R. L.

➙ Érosion.

Apocynales

Ordre de plantes à fleurs du phylum des Contortales, formé principalement de deux familles, les Apocynacées et les Asclépiadacées, qui vivent dans les régions chaudes.



Apocynacées

Cette famille, connue depuis le Crétacé supérieur (Nerium), renferme 300 genres et environ 1 300 espèces. Les plantes de cette famille sont le plus souvent des lianes ou des arbustes, dont les feuilles simples sont opposées ou verticillées ; ainsi, chez le Laurier-Rose, elles sont souvent disposées par trois. Les fleurs, régulières, du type 4 ou 5, sont généralement en tube à la base et à lobes étalés ensuite. Les étamines, incluses, sont soudées au tube.

Les Landolfia, une quarantaine d’espèces, sont des lianes de la forêt tropicale africaine et de Madagascar, qui fournissent un excellent caoutchouc. D’autres espèces produisent un latex à caoutchouc exploité : on peut citer les Clitandra, Hancornia, Urceola, Funtumia. Ces espèces donnent un grand nombre d’alcaloïdes* et d’hétérosides importants en médecine, en particulier l’ouabaïne, extraite des Acocanthera. Des graines toxiques de Strophantus, on tire un alcaloïde cardiotonique, la strophantine ; primitivement, les Indiens s’en servaient pour empoisonner leurs pointes de flèches. Actuellement, les Rauwolfia sont une des principales sources végétales de la cortisone.

Quelques espèces ont un intérêt horticole, en particulier les Frangipaniers (Plumeria), originaires d’Amérique tropicale ; on les cultive dans les serres pour leurs fleurs rouges odorantes.

Le Laurier-Rose (Nerium), originaire de la région méditerranéenne orientale, est un splendide arbuste qui peut atteindre 2 m de haut ; il est cultivé l’hiver sous le climat parisien en orangerie, mais résiste aux climats de la Côte d’Azur et de l’Atlantique jusqu’en Bretagne. Son latex blanc est un poison violent. En France il faut citer les trois espèces de Pervenche (Vinca) qui vivent à l’état sauvage et dont les belles fleurs bleues solitaires ornent nos sous-bois frais au printemps.

L’Apocynum cannabinum d’Amérique du Nord fournit des fibres textiles, tandis que certains fruits peuvent être comestibles (Willoughbya edulis, Plumeria, Carissa).


Asclépiadacées

Cette famille est composée de près de 300 genres et 2 000 espèces, et les premières empreintes fossiles remontent probablement à l’Oligocène. En France, trois espèces (un Cynanchum et deux Vincetoxicum, ou Domptevenin) sont autochtones, mais un Gomphocarpus d’Afrique du Nord et l’Asclepias Cornuti (Amérique du Nord) sont naturalisés, surtout dans le Sud.

Les plantes de cette famille sont le plus souvent herbacées, mais ce sont quelquefois des lianes (Cynanchum compactum, Sarcostemma viminale, Hoya carnosa), ou même des arbustes (Ceropegia fusca), rarement des arbres. Très voisines des Apocynacées au point de vue de la structure florale, ces plantes ont un pollen aggloméré en pollinies, et les feuilles sont opposées ou verticillées. Une adaptation à la sécheresse doit être surtout signalée dans la tribu des Stapéliées, où les espèces prennent une allure cactoïde.