Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

ménopause (suite)

Physiologie

Aucune hypothèse expliquant le mécanisme intime de la ménopause n’est actuellement démontrable. Un fait semble cependant acquis : à cette période de la vie génitale féminine, l’ovaire est devenu pratiquement insensible aux hormones hypophysaires gonadotropes. L’hypophyse essaie en effet de compenser cette insensibilité de l’ovaire en augmentant sa sécrétion de gonadotrophines, sans résultat sur la fonction ovarienne. L’injection de gonadotrophines humaines est incapable à ce moment-là d’induire une réponse ovarienne.

En revanche, il est actuellement prouvé que la sécrétion ovarienne n’est pas complètement abolie à la ménopause, et qu’une sécrétion d’œstrogènes, très variable d’une femme à l’autre, peut persister plus ou moins longtemps, alors même que les ovulations ont disparu.

Bien avant que se suspende sans équivoque la fonction ovarienne, il existe une phase intermédiaire au cours de laquelle l’ovaire épuise progressivement ses capacités fonctionnelles et son aptitude à obéir à la commande hypophysaire. La ménopause proprement dite est donc précédée plus ou moins longtemps auparavant d’une période de préménopause.


La phase préménopausique

Elle est marquée par le fait essentiel que l’ovulation, au lieu de se produire régulièrement tous les mois, n’a plus lieu qu’inconstamment, une fois sur deux, puis une fois sur trois ou quatre, etc. L’ovulation se produisant irrégulièrement, le corps jaune ne se forme plus, ou se forme mal. Cette insuffisance du corps jaune, organe éphémère dont le rôle est de sécréter la progestérone, détermine alors une hyperfolliculinie relative, puisque la folliculine qui continue à être sécrétée n’est plus compensée par son antagoniste naturel qu’est la progestérone. (V. ovaire.)

Cette phase préménopausique se traduit, plusieurs mois ou années avant l’arrêt définitif des menstruations, par une irrégularité des cycles menstruels faisant alterner des cycles courts avec des cycles longs. De plus, les menstruations sont souvent prolongées, abondantes ou hémorragiques.


La ménopause confirmée

À l’irrégularité des ovulations a fait suite leur disparition définitive. À l’insuffisance du corps jaune succède une insuffisance des follicules ovariens. La sécrétion de folliculine, désormais trop faible, ne suffira pas à faire pousser une muqueuse utérine. L’absence d’ovulation et de sécrétion de progestérone s’y ajoutant, les règles disparaissent.


Les troubles de la ménopause

Le tarissement des sécrétions ovariennes détermine alors un certain nombre de troubles :
— syndrome neurovégétatif, dont le signe le plus caractéristique est la bouffée de chaleur hypersudorale et à prédominance nocturne, mais qui peut se traduire également par des accès de céphalées (maux de tête), des crises de vertiges ou de sudations brutales ;
— syndrome ostéo-articulaire, avec ostéoporose et manifestations rhumatologiques (douleurs diverses des articulations) ;
— atrophie plus ou moins rapide des organes génitaux ;
— modifications des phanères avec accélération des rides, sécheresse de la peau, tendance à l’hyperpilosité ; il est vraisemblable aussi que la carence hormonale accélère certains processus de vieillissement.

Il faut toutefois souligner que ces troubles n’apparaissent pas inéluctablement chez toutes les femmes ménopausées, et que leur date d’apparition et leur intensité sont très variables d’une femme à l’autre.

De ce fait, il est difficile de codifier un traitement « standard » de la ménopause. L’attitude classique consiste à compenser momentanément l’insuffisance lutéale et folliculinique et à pallier les troubles de carence lorsqu’ils surviennent. Cette attitude n’envisage donc la ménopause que comme un « cap » à passer, de la façon la plus confortable possible. D. W. Wilson, en 1963, assimilant la ménopause à un état de carence hormonale, a préconisé des cycles artificiels, assurant la persistance de pseudo-menstruations pendant de longues années après la ménopause. Les bienfaits de ces cycles artificiels sont indiscutables, notamment sur les bouffées de chaleur, la nutrition vaginale et cutanée et la prévention de l’ostéoporose. Ils constituent également un avantage psychologique certain pour les femmes qui supportent mal l’arrêt définitif de leurs menstruations. Mais même administré sous surveillance médicale, ce traitement demeure à l’heure actuelle l’objet de vives controverses.

Ph. C.

 P. Guilly, l’Âge critique (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1953 ; 4e éd., 1970). / M. Perrault, B. Klotz et D. Widlodier, Traitement des troubles de la ménopause climatérique (Doin, 1961). / P. Fougère, l’Homme, la femme et l’âge critique (Hachette, 1968). / M. Albeaux-Fernet, la Ménopause (Baillière, 1969). / A. Denard-Toulet, la Ménopause effacée (Laffont, 1975).

menstruation

Hémorragie cyclique d’origine utérine qui se produit chez la femme, de la puberté à la ménopause. (En termes familiers, on dit « les règles ».)


L’hémorragie de la menstruation résulte de la desquamation de la couche superficielle de la muqueuse de l’utérus. L’écoulement menstruel est fait de trois quarts de sang incoagulable et d’un quart de mucus et de minuscules fragments de l’endomètre (tunique interne de l’utérus). Sa durée est de 3 à 6 jours et son abondance totale de 35 à 50 g.

La menstruation normale succède à une ovulation qui s’est produite 12 à 14 jours avant. Elle correspond en fait à un « raté » de la nature : comme l’ovulation n’a pas été suivie de fécondation, la muqueuse, qui s’est préparée à recevoir un œuf et à en assurer la nidation, se détache de l’utérus pour permettre une nouvelle ovulation et une nouvelle tentative de la nature. Ainsi, normalement, la muqueuse qui se détache a subi successivement une imprégnation folliculinique, puis folliculin que et progestéronique, et la menstruation est dite « ovulaire ».

Anormalement, l’hémorragie peut survenir sans qu’il y ait d’ovulation et sans que la muqueuse ait subi d’imprégnation progestéronique. La desquamation de la muqueuse se fait à la suite d’une chute brutale du taux de la seule folliculine, et la menstruation est dite « anovulaire » ou « alutéale ». Ce second type de menstruation, pathologique malgré une apparence normale, s’observe spécialement après la puberté et à la préménopause.