Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
M

membres (suite)

Anomalies des membres

Les malformations congénitales des membres sont multiples. Dans la maladie amniotique, des ulcérations plus ou moins destructrices atteignent le revêtement ectodermique de l’embryon ou du fœtus : à la naissance, elle apparaît sous forme de cicatrices plus ou moins étendues, prenant souvent la forme de sillons circulaires complets ou non, ne déterminant en règle générale aucun trouble, car respectant l’aponévrose ; parfois, cependant, ces sillons s’accompagnent d’une atrophie du membre sous-jacent ou au contraire d’une hypertrophie par lymphangiome diffus. Les aplasies des membres peuvent présenter tous les degrés : absence totale d’un ou de plusieurs membres ou ectromélie, aplasie du segment proximal ou phocomélie, tristement célèbre depuis la vague d’intoxications médicamenteuses par la thalidomide. Plus rares sont les pseudarthroses congénitales et les anomalies de volume ou de longueur. La syndactylie est l’accolement plus ou moins étroit de deux ou plusieurs doigts ou orteils sur tout ou partie de leur longueur ; elle peut être primitive, due à un arrêt de développement, ou secondaire, séquelle de la maladie amniotique.

Les articulations peuvent aussi présenter des anomalies congénitales : raideurs, laxités anormales. Surtout fréquentes sont les luxations* congénitales, en particulier au niveau de la hanche.

P. D.

➙ Avant-bras / Bras / Coude / Cuisse / Genou / Hanche / Jambe / Main / Pied.


Le membre des Invertébrés

Il n’est pratiquement représenté que par la patte des Arthropodes*. (V. aussi locomotion.)

Embryologiquement, les pattes apparaissent sous forme d’une paire de bourgeons par segment. Il s’agit donc d’organes monométamériques, contrairement à ce qui se passe chez les Vertébrés. Les bourgeons appendiculaires involuent précocement dans les segments qui, chez l’adulte, ne portent pas de pattes. On peut penser que les appendices arthropodiens dérivent d’expansions latérales du corps comparables aux parapodes des Annélides polychètes.

J. C.

 J. G. Baer, Cours d’anatomie comparée des vertébrés (Delachaux et Niestlé, 1952). / R. E. Snodgrass, A Textbook of Arthropod Anatomy (Ithaca, N. Y., 1952 ; nouv. éd., 1965). / C. Devillers, « Origine et évolution des nageoires et des membres » dans Traité de zoologie sous la dir. de P.-P. Grassé, t. XII (Masson, 1955). / H. Wurmbach, Lehrbuch der Zoologie, t. II (Stuttgart, 1962).

Memling (Hans)

Peintre de l’école flamande (Seligenstadt, Hesse, v. 1433? - Bruges 1494).


Toute la carrière de Hans Memling (ou Memlinc) se déroule à Bruges, où il est inscrit comme bourgeois en 1465. Contemporain des fastueux ducs de Bourgogne, il voit la fin de leur règne (Marie de Bourgogne meurt en 1482), qui coïncide avec le lent déclin de Bruges. Il n’a pas travaillé pour la cour, mais pour les riches bourgeois et pour les membres de la colonie étrangère, Anglais et Florentins. Il devient un des plus riches notables de Bruges et y meurt en 1494, laissant trois enfants mineurs.

Ses débuts sont inconnus. Une influence assez vague de Stefan Lochner (v. 1410-1451), nette de Rogier Van der Weyden* a fait supposer, sans preuve aucune, que ses années d’apprentissage auraient pu passer par Cologne et Bruxelles. Son art n’est marqué par aucune évolution. Il est exempt de toute émotion et de tout souci d’originalité : c’est un art calme, réfléchi, uniquement tendu vers une perfection technique. L’œuvre se divise plus facilement en catégories qu’en périodes. Memling est peintre de sujets religieux et de portraits. Ses retables, toujours voués à la Madone, se distinguent par leur calme ordonnance et leur réalisme précis.

Dans une œuvre maîtresse comme le Mariage mystique de sainte Catherine (hôpital Sint-Jans, Bruges), la Vierge est représentée assise sous un dais comme une reine, entourée de personnages agenouillés ; la composition, d’ordonnance symétrique, rappelle Van Eyck*. Un calme hiératique marque toutes les œuvres de quelque importance. Les personnages sont rarement représentés en mouvement, sauf dans les œuvres de petites dimensions, dont la plus populaire, la Châsse de sainte Ursule (1489, hôpital Sint-Jans), est l’objet d’une admiration séculaire qui touche à la dévotion. Ses petits panneaux, peints avec minutie, se rapprochent de la miniature. À l’opposé, l’œuvre la plus importante par ses dimensions, le Concert d’anges (musée d’Anvers), représente en trois grands panneaux seize jeunes filles figurant des anges, de part et d’autre d’un Christ bénissant richement habillé. Le divin y transparaît en l’absence de tout mysticisme.

À part le retable de Dantzig consacré au Jugement dernier, grouillant de personnages plutôt guindés malgré leur agitation, un seul nu est à signaler, la gracieuse Bethsabée de la Staatsgalerie de Stuttgart. Les portraits, nombreux, se signalent par les mêmes qualités de calme et de précision. Ce sont des visages qu’aucune inquiétude ne trouble. Seule, la Sibylle Sambetha (hôpital Sint-Jans) échappe à cette règle par son expression énigmatique.

Memling ne possède ni la robustesse de Jan Van Eyck ni le sentiment dramatique de Rogier Van der Weyden, à qui il fit maint emprunt, mais en l’adoucissant. Sa qualité maîtresse reste une grâce tranquille. Ses œuvres principales se trouvent à Bruges (hôpital Sint-Jans et Musée communal) ; d’autres au musée du Prado (Adoration des Mages), au Louvre (Portrait de femme âgée et Résurrection du Christ), au musée de Turin (Passion du Christ), au palais Doria à Rome (Pietà), dans des collections de Londres et de Vienne. Un important retable dit « de Sir John Donne » se trouve à Chatsworth (Derbyshire), dans la collection Devonshire.

R. A.

 L. von Baldass, Hans Memling (Vienne, 1942). / M. J. Friedländer, Memling (Amsterdam, 1949). / G. T. Faggin, L’Opera completa di Memling (Milan, 1969 ; trad. fr. Tout l’œuvre peint de Memling, Flammarion, 1973). / M. Eemans, Hans Memling (Meddens, Bruxelles, 1970).